Une semaine internationale pour la guérison
(Auteur : F. Lacoste - Parution F&L n° 267 de Décembre 2007)
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« Aujourd’hui, une personne sur sept a des traumatismes ; ici, aux États-Unis, une femme sur quatre a été violée dans son jeune âge. Qui va s’en occuper ? Dans cette ville, il y a un taux de soixante-dix pour cent de divorce. Le christianisme n’a-t-il rien à offrir à ces familles déchirées ? Jésus-Christ est celui qui s’identifie à la victime, Il est l’Agneau immolé. Jésus est Sauveur, son titre signifie qu’il enseigne, mais aussi qu’il guérit. Durant sa vie, Jésus priait avec les blessés de la vie et Il nous l’a dit : "Le Royaume de Dieu est au milieu de vous" (Lc 17,21). Le grand don du Christ au monde est le don du Saint-Esprit qui crée en nous une relation personnelle entre le Père, le Fils et l’Esprit. Aujourd’hui, il y a deux façons de manifester la puissance de l’Esprit : par des miracles ou par une vie de sainteté. Alors vos proches vous diront : "Mais d’où cela lui vient-il?"»
Francis MacNutt vient de poser les jalons d’une semaine intensive de cours sur la guérison. Directeur du centre chrétien de guérison avec sa femme Judith, il est engagé depuis le début du Renouveau dans l’enseignement. Cet homme de plus de quatre-vingt ans donne ces quelques jours son testament spirituel : celui qui n’a presque plus de force pour tenir debout donnera toute sa force, tout sa foi et ses convictions durant ses enseignements. L’équipe qui l’accompagne vient de différentes confessions chrétiennes. Voilà un des premiers signes forts de cette semaine : l’unité et l’amour qui lient ces chrétiens des différentes Églises. Ils se connaissent, travaillent ensemble, prient ensemble. Oui, la prière est au cœur de cette semaine de formation. Des temps de louange, l’Eucharistie, un oratoire, et, pendant les pauses des repas, ils sont une quarantaine de bénévoles disponibles en pôle de prière pour prier pour la guérison.
Plus de cinq cents personnes ont rejoint le grand hôtel de Jacksonville, ils viennent d’une quarantaine de pays différents. On parle dans toutes les langues, mais les enseignements sont traduits en espagnol, français et italien.
Judith insiste sur nos fausses images de Dieu et nos manques de pardon qui sont les deux obstacles majeurs à toute guérison. Tous “chrétiens” que nous sommes, nous avons des images tordues de Dieu. Jésus nous montre ce visage du Père, n’est-ce pas ce qu’il fait dans la parabole du père prodigue ou lorsqu’il se retire seul pour prier avec son Abba ? Avez-vous jamais dit “papa” en priant ?
Alors que Judith fait entrer dans une plus grande intimité avec le Christ, son mari insiste sur le Baptême de l’Esprit, sur le désir de ce baptême. Son expérience est telle qu’il peut vous dire que 10 % de personnes qui tombent dans le repos de l’Esprit vivent une guérison intérieure, que les paroles “injonctions” comme « lève-toi et marche » sont rares, que la prière en langues ouvre la porte à l’œuvre de Dieu, que l’imposition des mains est fréquente avec parfois la sensation d’une chaleur, parfois aucune sensation du tout ; alors que la personne pour qui l’on prie peut être guérie de suite, se sentir mieux ou ne rien sentir du tout. Tous les orateurs insisteront sur la persévérance dans cette prière de guérison, et sur l’amour ! Il nous faut d’abord expérimenter cet amour du Christ, alors nous pouvons le partager. Comment le vivre ? Souvenez-vous du moment où vous avez le plus expérimenté son amour, recevez la prière des frères pour demander au Seigneur d’élargir cette brèche dans votre cœur. Petit à petit, avec la pratique, cette brèche va s’ouvrir...
Mike Evans, un pasteur baptiste, passe à la pratique. Dans cette grande pièce glacée par l’air conditionné, il installe une chaise sur le podium et demande un volontaire qui souffre physiquement. Démonstration pratique : Quand vous priez pour quelqu’un, la première chose est de bien l’installer. Vous priez à deux et vous lui demandez pourquoi elle veut que l’on prie ? D’une oreille, vous écoutez la personne, et de l’autre, vous écoutez Dieu. Vous lui demandez si elle accepte que l’on pose la main sur elle et vous attendez que Dieu parle. Parfois, vous sentirez une chaleur, parfois un tremblement. Là, vous essayez de sentir ce qui se passe. Vous commencez alors à prier, oui vous parlez en langues mais discrètement car certaines personnes pourraient être troublées… Vous arrêtez et vous lui demandez ce qui se passe. Si elle est guérie, vous passez directement à la louange ; s’il y a un mieux, vous persévérez ; si rien ne se passe aussi, alors c’est le moment de refuser de culpabiliser, de revenir, de ne pas se décourager. Enfin, vous bénissez la personne et, souvent, là il se passe quelque chose.
L’auditoire est subjugué, il fonce, il parle à cent à l’heure et sa prière est efficace. Puis il fait monter deux volontaires pour qu’ils puissent, eux aussi, faire une démonstration “publique”. La plupart des personnes sur place sont familières du sujet. Beaucoup sont responsables d’un groupe de prière et exercent déjà des charismes. Tel ce prêtre missionnaire depuis cinquante-cinq ans au Japon, qui dit bien simplement : J’ai compris à nouveau combien Jésus est venu pour nous donner l’Esprit. Il a pris sur lui nos péchés, nos maladies… Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il a lui-même écrit un petit livre sur la guérison en japonais ! Pour de nombreux prêtres ou missionnaires, une telle semaine est un sommet… Pouvoir vivre un temps si fort d’unité entre chrétiens de différents pays et de différentes confessions alors que chez eux, être chrétien est déjà difficile, mais être charismatique est presque de l’ordre de l’impossible ! Erling, soixante-cinq ans, dit les larmes aux yeux : Quel goût du Ciel, toutes ces nations qui se sourient… Quarante-deux pays, c’est ça ?
Ce qui est très impressionnant dans ce milieu anglophone, c’est de vivre une telle semaine d’une façon si professionnelle. Tout est organisé, compté, sous-pesé ! Vous trouvez à la sortie différents CD, formations, livres… La force de cette retraite, sans conteste, va à l’amour qui circule, un amour dans une grande liberté. Judith dira dans ses adieux : En vous regardant, je voyais le rayonnement de Dieu. Le plus beau cadeau est de pouvoir donner ce que vous avez reçu à vos familles, vos amis, vos collègues de travail. Jésus a besoin de vos mains, vos yeux, vous êtes sa présence dans le monde. Comme des amoureux, donnez son amour autour de vous. Francis poursuivra : Chaque église veut dire “Nous avons la vérité” mais la vraie Église, c’est de dire : "Regardez, nous aimons le plus" !




