Enfants adorateurs, les américains en veulent
(Auteur : F. Lacoste - Parution F&L n° 279 de Janvier 2009)
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Jesus, Jesus, Jesus, we adore you, we love you… « Jésus, Jésus, Jésus, nous t’adorons, nous t’aimons. » Le Saint Sacrement est exposé sur l’autel, une ribambelle d’enfants regarde l’hostie avec attention. Le père Antoine, prêtre de la communauté Saint-Jean, entraîne ces petites têtes brunes et blondes vers Jésus présent, là, d’une façon voilée. Ses paroles toutes simples et remplies de chaleur touchent le cœur. « Pour adorer, il nous faut être comme un sous-marin, il descend, descend. » Ses images sont claires et limpides. Les enfants perçoivent la vérité de ses paroles, l’amour de ce prêtre pour eux, mais surtout, ils s’ouvrent à une présence : celle de Jésus-Hostie.
Les enfants perçoivent bien l’importance de rencontrer Jésus dans ce lieu privilégié, lieu du silence où leur meilleur Ami et Père leur parle cœur à cœur.
« J’aime aller dans la chapelle du Saint Sacrement le vendredi parce que je sais que je vais passer du temps avec Dieu dans un endroit très spécial. Je sens que mon âme est lavée de tout ce que j’ai pu faire de mal pendant la semaine. Quand je suis assise et en train de prier dans la chapelle, je me sens en sécurité, protégée, heureuse ; et parfois, c’est simplement bien de parler à Dieu. Je le remercie pour toutes les choses merveilleuses qu’il m’a données. C’est le moins que nous puissions tous faire d’aller passer ce temps spécial avec lui. » « J’aime aller dans la chapelle de l’adoration parce que c’est silencieux et c’est plus facile de parler à Dieu et d’être proche de lui. C’est un moyen pour moi de prier, de louer et de remercier Dieu. »
Lorsqu’on se met à genoux au milieu d’enfants en face de Jésus-Hostie, explique le père Antoine, c’est étonnant de voir la rapidité avec laquelle ils se mettent à adorer. Et dès que l’on se prosterne devant Jésus après leur avoir dit qu’il était là, caché sous les apparences de l’Hostie, lui qui est vrai Dieu et vrai homme, ils n’hésitent pas une seconde à se prosterner et à adorer leur Créateur et la sainte Trinité.
Les adultes, les parents surtout, sont souvent très étonnés et même dans l’admiration de voir certains enfants turbulents courir à la chapelle pour leur temps d’adoration. Beaucoup entrent très vite dans le silence en face de Jésus-Hostie, en se prosternant sans hésitation devant lui, car ils savent qu’il est bien là, caché sous les apparences du pain. On ne peut qu’admirer combien Jésus exerce une attraction puissante sur les enfants qui viennent le rencontrer, même les enfants des rues comme en Roumanie ou en Lituanie. Jésus peut bien attirer qui il veut, baptisé ou non, et lui faire croire à sa présence et à son amour, raconte le père de la communauté Saint-Jean, le sourire aux lèvres.
Ce ministère, il le vit depuis plusieurs années et la Providence lui a ouvert des portes : celles de la chaîne de radio et de télévision américaine internationale « EWTN » qui touche environ 120 millions de familles au monde, mais aussi via Internet et les DVD. L’adoration des enfants se répand partout. Aux USA par exemple, beaucoup de paroisses et d’écoles catholiques demandent de l’aide pour introduire dans leurs programmes d’éducation religieuse des temps réguliers d’adoration eucharistique pour les enfants. En Australie, près de 2000 enfants et adolescents ont été introduits à l’adoration eucharistique en 2006, de la côte Ouest à la côte Est.
Les témoignages des enfants sont émouvants : un jour, une petite fille de six ans resta presque deux heures dans la chapelle. On lui demanda : « Tu as prié pendant tout ce temps-là ? » Elle répondit : « J’ai commencé par dire mes prières, puis quand j’ai terminé, je suis restée silencieuse pour laisser Dieu agir dans mon cœur. »
Un petit garçon du même âge était resté une demi-heure devant le Saint Sacrement. Lorsqu’il sortit, il avoua très simplement : « C’est vrai que j’avais bien envie de sortir pour aller marcher, mais je suis resté tout à côté de Jésus pour lui faire plaisir. »
La structure de ce temps d’adoration avec les enfants est souple. On ne conduit pas de la même manière des tout-petits de quatre ans comme des enfants de sept ans ou comme des enfants de onze ans. Quelle que soit la durée totale de la rencontre avec Jésus, il semble bon de faire faire l’expérience suivante aux enfants de tous âges : les disposer devant l’autel pour être plus près de Jésus-Hostie ; exposer le Saint Sacrement devant eux, quand c’est possible, et avec encensement, leur rappeler pourquoi les mages ont offert de l’encens à Jésus à Bethléem ; les inviter ensuite à se prosterner en silence comme signe de notre foi en la présence de Jésus, de la Sainte Trinité dans le sacrement de l’Eucharistie ; leur rappeler que Marie, notre Mère, est aussi toujours présente au milieu de ses enfants qui adorent ; pour inviter celle-ci plus explicitement à venir adorer avec eux Jésus crucifié et glorifié, on peut proposer aux enfants de prier une dizaine de chapelet.
La rencontre se déroule ensuite en faisant se succéder par séquence de deux à quatre minutes des temps de silence, les yeux fixés sur l’hostie ou prosternés, des paroles de Jésus lui-même pour aider les enfants à entrer dans le mystère de Dieu et de son amour pour nous, des chants simples et méditatifs assez courts tirés le plus souvent de la Sainte Écriture, quelques minutes d’enseignement sur le mystère de l’Incarnation et un moment d’intercession avant la bénédiction finale.
Et le Seigneur réalise des merveilles ! C’est lui qui œuvre… « Ce que j’aime vraiment dans l’adoration, ce sont les moments de prière en silence ; alors je peux avoir une conversation personnelle avec Jésus qui est là, en face de moi. » « On peut lui parler et l’écouter. » Dans son Amour, le Seigneur vient aussi toucher les plus grands : « Il y a tellement à faire pour les enfants et j’essaye de faire de mon mieux pour garder un contact spirituel avec eux, parce qu’ils sont ma force quand je me sens faible et mon espérance quand je doute », disait un prêtre de Papouasie, en Nouvelle-Guinée, qui adore Jésus avec les enfants.
Dans le monde très sérieux des adultes, souvent plein d’anxiété et de tensions diverses, la joie, le sourire, l’insouciance et l’innocence des enfants manifestent bien leur abandon confiant à ceux dont ils se savent aimés. Jésus nous les donne donc en exemple. Jésus révèle cette dépendance dans l’amour qu’il attend de nous : « Moi, je suis la vigne, vous les sarments. Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car hors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15,5)
Pour en savoir plus :
www.childrenofhope.org et
www.communityofstjohn.com




