Yves Boulvin
est formateur en relations humaines, psychologue et consultant. Il organise depuis de nombreuses années des stages en entreprise,parallèlement à son activité de thérapeute. Il anime depuis plus de dix ans les émissions Foi et psychologie retransmises sur différentes radios francophones.
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Nous avons souvent l’impression de subir notre vie, qui ne serait qu’une succession d’évènements s’imposant à nous sans que nous puissions rien y faire. Sommes-nous vraiment condamnés à rester dans cette prison intérieure qui fait de nous des victimes ? Prenons enfin la responsabilité de notre vie !
Je n’ai pas vécu ma vie ! Je m’en rends compte de plus en plus clairement. D’ailleurs, est-ce que je sais vraiment ce qu’est la Vie ?
Je subis ma vie
Mon rapport à la réalité est déformé. Je continue à voir les autres, Dieu, le monde à travers les croyances que l’on m’a apprises. Nombre de mes pensées ne sont que des citations, mes gestes ne sont souvent que des imitations. Et, j’ai plus appris à subir ma vie, à me mettre en position de victime plutôt qu’à faire des choix personnels qui viennent vraiment de moi et qui m’engagent personnellement.
Est-ce que je ne m’entends pas souvent dire : « Je n’ai pas de chance, je suis né sous une mauvaise étoile. Qu’est-ce que j’ai fait au "Bon" Dieu pour mériter ça ? Je suis nul ? » Ou encore ces expressions générales et négatives sur la vie du type : « La vie est dure ; on n’a rien sans rien ; les meilleurs partent les premiers ; c’est trop beau pour être vrai ; cela ne va pas durer, ce bien être, je vais le payer… »
Finalement, en y regardant bien, je considère encore ma vie comme si je n’en étais pas vraiment l’acteur. Je me place comme un spectateur qui la subit passivement, négativement ou qui me rebelle contre elle.
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Retrouver la confiance
Redevenir un petit enfant, retrouver l’innocence, c’est revivre une relation d’amour confiante, comme nous le propose la petite Thérèse : Elle avait appris à se jeter dans les bras de Dieu en lui confiant toutes ses difficultés ou ses erreurs pour ne plus y revenir ensuite d’une façon obsessionnelle, répétitive, comme une victime, tendance qu’elle avait pourtant connue dans son enfance.
Dieu nous aide à repartir, Il nous aide à intégrer progressivement le passé quel qu’il soit et à ne plus nous enfermer dans une position de victime, de persécuteur ou même de sauveteur dans laquelle je me mets au-dessus des autres en pensant qu’ils ont besoin de moi comme si moi je n’avais pas besoin d’eux…
Je suis responsable de ma vie
Aujourd’hui, je veux enfin prendre la responsabilité de ma vie : oui, c’est bien moi qui ai posé ces actes qu’ils soient justes ou non. Mon passé, mes blessures, mon hérédité, mon éducation peuvent les expliquer. Mais aujourd’hui, ma responsabilité, c’est d’accueillir le bien que Dieu m’aide à en tirer.
Par exemple, face à mon enfant adolescent qui se drogue, qui a eu des démêlés avec la police, ou face à mon conjoint qui est parti, je suis tenté de me culpabiliser à outrance ou de le rejeter et de me sentir victime. Mais je peux aussi ressentir la compassion de Dieu pour cette situation et je peux comprendre ce qui nous a séparé tout au long des années passées, ce qui est ma part, ce qui est la sienne.
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Le jugement de Salomon
On cite souvent cette sainte qui, lorsqu’elle voyait un défaut chez l’autre, développait chez elle la qualité inverse. Devant toutes ces situations, je n’oublie pas le jugement de Salomon qui consiste à faire triompher l’amour sur le mal. L’abandon de ce que je convoite et l’acceptation de la liberté de l’autre, même si elle me fait souffrir, est un vrai chemin de libération. Salomon n’a pas donné le bébé à la femme qui le voulait pour elle-même quitte à le couper en deux mais à celle qui voulait qu’il vive même si elle ne l’avait pas. (cf. 1R 3,16)
À partir d’aujourd’hui, je choisis d’être de plus en plus responsable de ma vie. J’ai à poser des actes qui m’engagent. Je peux faire des erreurs, mais je les rectifierai avec Dieu, petit à petit. Chaque jour, c’est bien moi qui déciderai, choisirai et agirai. Je ne veux plus me contenter de vivre comme si un déterminisme pesait sur moi, comme si les choses étaient jouées d’avance et je comprends que la volonté de Dieu correspond parfaitement à celle de mon être profond.





