Yves Boulvin
est formateur en relations humaines, psychologue et consultant. Il organise depuis de nombreuses années des stages en entreprise,parallèlement à son activité de thérapeute. Il anime depuis plus de dix ans les émissions Foi et psychologie retransmises sur différentes radios francophones.
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Voici une phrase toute simple que je vous propose d’écrire tout de suite sur un carton que vous aurez chaque jour devant les yeux : Je vais y arriver ! Si cette phrase est si importante, c’est pour servir de contre-poids aux réflexions qu’entendent journellement les thérapeutes et accompagnateurs : C’est impossible, je n’y arriverai jamais. J’en suis incapable… Il y a ainsi en nous des mal-dits, des mots-dits dans lesquels nous nous complaisons, que nous alimentons, au lieu de les combattre résolument. Stop à ces injonctions négatives qui empêchent l’action de Dieu. Je vais y arriver !
La confiance des petits enfants
Je vais y arriver ! Cela ne veut pas dire que tout est possible, que je peux faire tout et n’importe quoi. Cela signifie qu’au lieu de me dévaloriser et de me plaindre, je choisis de mettre en place dans le temps une vraie stratégie de changement et de réussite. Cela prendra le temps qu’il faudra, cela passera par des étapes, mais c’est possible, et j’y arriverai avec l’aide de Dieu ! Ceci concerne aussi bien des changements de comportement, la réduction de certaines compensations : nourriture, alcool, cigarette, travail, drogue… que des changements professionnels, dans ma vie privée, ou encore le rééquilibrage de ma vie de travail, ma vie familiale et ma vie personnelle, car l’un de ces trois plans est sur-représenté.
Si nous tenons debout aujourd’hui sur des pieds si petits par rapport à notre taille, ce qui est tout à fait extraordinaire quand on y réfléchit, c’est que nous n’en avons pas douté quand nous étions enfants, que nous avons procédé par essais et par erreurs, que nous avons évolué progressivement, en rampant d’abord, puis à quatre pattes, puis en nous tenant à la main de nos parents ou à des meubles, que nous avons connu de nombreuses chutes ; mais nous l’avons fait.
C’est là que nous allons mesurer toute la différence qu’il y a entre l’esprit d’enfance et l’adulte contaminé par une psychologie négative, défaitiste. L’enfant ne se pose pas ce genre de question, il ne doute pas, il se fait aider, il y va. Et cette première réussite va en entraîner d’autres. Devenus adultes, certains vont sauter en parachute, faire du deltaplane ou jouer de l’orgue, ce qui, au départ, aurait paru impossible, inconcevable avec le genre de réflexion qui nous empoisonne habituellement. Alors pourquoi pas toi ! Pourquoi pas toi maintenant !
Du temps pour apprendre
Prenons un autre exemple : lorsqu’un accompagnateur ou un thérapeute propose un objectif de trois, quatre ans pour un véritable changement psychologique ou spirituel, la plupart des gens abandonnent. Pourtant, combien de temps faut-il pour apprendre à jouer d’un instrument, combien d’années pour devenir un sportif accompli et combien d’heures par jour ? Combien d’années pour acquérir une vraie expérience professionnelle, ce que ne devrait jamais oublier une mère de famille qui s’occupe de ses enfants car, là aussi il y aura un apprentissage progressif de plusieurs années. Alors nous qui trouvons que c’est trop tard, que nous sommes trop âgés (la personne la plus âgée que j’ai vue en tant que thérapeute avait 94 ans), s’il est vrai que nous risquons de nous rigidifier en vieillissant, n’oublions jamais tout ce que nous avons déjà accompli et que nous pouvons encore accomplir dans notre vie.
Est-ce qu’il ne serait pas décourageant pour un enfant qui entre à la maternelle de réaliser qu’il en a au moins pour quinze ans avant de passer le baccalauréat, sans compter les études supérieures, et que ce petit bout de chou a devant lui un apprentissage scolaire et universitaire de dix à vingt ans ? Comment, en tant que parents, pouvons-nous exiger d’eux de telles études, une telle patience, une telle persévérance, alors que nous nous contentons de dire pour de plus petites choses : Je n’y arriverai pas, Je ne peux pas ? Souvenons-nous aussi de ce que nous avons traversé de difficile, les années de guerre et de privation sans savoir si cela allait s’arrêter, la très longue attente avant de réaliser un couple ou un enfant…
Tu l’as fait !
Dans l’article « Ces sabotages qui m’empêchent de vivre » (FL n° 233), je citais l’exemple extraordinaire de cet infirmier qui, n’ayant fait que ses classes primaires, reprit à trente ans et par correspondance ses études de la Sixième jusqu’au baccalauréat, puis réussit les trois années nécessaires pour devenir infirmier. Dix ans d’étude, entre trente et quarante ans. Pourquoi cette réussite prodigieuse ne lui sert-elle pas de référence aujourd’hui alors qu’il doute encore souvent de lui-même ? C’est que bien sûr, dans son esprit, le processus a été difficile, il a eu de fortes périodes de découragement et il s’en souvient, mais qu’il se rappelle aussi qu’un médecin de son entourage a toujours cru en lui et lui disait : Tu vas y arriver !
Le fait même que le processus ait été bien difficile et qu’il ait été soutenu par quelqu’un d’extérieur lui fait aujourd’hui dévaloriser sa réussite, ce à quoi son accompagnateur actuel rétorque : Mais rends-toi compte que tu l’as fait ! C’est toi et toi seul qui as renvoyé tes devoirs, qui as passé les concours, c’est toi qui l’as fait ! Le réancrage dans l’esprit de cet homme des principales réussites de sa vie a enfin créé un déclic : Si j’ai pu venir à bout de ces dix ans si difficiles, alors aujourd’hui à soixante ans, je peux réaliser tel changement qui va me demander « seulement » trois, quatre ans.
Il n’y a aucune vertu à oublier les merveilles de notre vie. Dans l’article « Je fais mémoire du bonheur » (FL n° 219), nous indiquions l’importance d’écrire au fur et à mesure les réussites, les grâces reçues et de se les remémorer périodiquement. C’est cela qui va faire de nous des personnes qui réussissent vraiment leur vie.
Le Seigneur est mon coach
Si un spécialiste du saut en hauteur ne se souvient que des nombreuses fois où il a fait tomber la barre, pensez-vous que ses performances vont s’améliorer ? Mais si, une seule fois au cours de l’entraînement, il a franchi deux mètres alors qu’il n’y arrivait pas d’habitude, son entraîneur va le lui rappeler, l’aider à le visualiser et le remettre mentalement et physiquement dans les conditions qui ont permis cette réussite. Notre coach, c’est le Seigneur. Il ne cherchera pas à faire de nous des vedettes ou des personnes qui écrasent les autres par leurs performances, mais Il nous aidera avec les anges et les saints à réussir beaucoup plus amplement ce pour quoi nous sommes faits. Nous avons une mission à réaliser, tout nous sera donné pour l’accomplir ; à nous de ne plus mettre de frein. Nous y arriverons ! Je vais y arriver !
Un objectif – une Parole
Le changement va passer par la réalisation concrète et progressive d’un objectif que je me serai fixé. Si je n’ai pas d’objectif je ne peux pas changer ; si j’ai trop d’objectifs je m’éparpille. Je vais donc devoir discerner sur le plan physique, psychique et spirituel l’objectif que le Seigneur me donne en considération de ce que je suis. Chacun de nous est un cas particulier et Dieu le sait : le rééquilibrage qu’Il nous propose est tout à fait personnel. Quand Dieu parle, sa Parole est brève : demeure, accepte le changement, apprends à t’aimer, vas-y, fais confiance, Je suis avec toi, persévère, ose… Or la plupart du temps, nous nous noyons dans une quantité de paroles et nous ne nous en tenons à aucune.
D’autres personnes ont ancré en elles pendant des années un verset biblique : « Aime ton prochain comme toi-même », « Je suis venu libérer les captifs », « Lève-toi et marche », « Notre cœur n’était-t-il pas tout brûlant d’amour ? », « Ils mettaient tout en commun », « Sois sans crainte ni peur, Je suis avec toi dans tout ce que tu entreprends et partout où tu vas »…
Alors aujourd’hui, à quoi m’invite le Seigneur qui me connaît si bien ? La Parole de Dieu reste la même tant qu’elle n’a pas été accueillie dans tout notre être et n’a pas porté son fruit. « Dis seulement une Parole et je serai guéri ! - Tu vas y arriver ! - Oui, Seigneur, je vais le faire. »





