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Je fais mémoire du bonheur dans mon cahier des merveilles

(Auteur: Yves Boulvin - Parution F&L n° 219 de Juillet-Août 2003)

Yves Boulvin

est formateur en relations humaines, psychologue et consultant. Il organise depuis de nombreuses années des stages en entreprise,parallèlement à son activité de thérapeute. Il anime depuis plus de dix ans les émissions Foi et psychologie retransmises sur différentes radios francophones.

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Trop souvent, nous nous rappelons et nous ressassons les moments difficiles et douloureux de notre existence. Nous en tirons des leçons négatives et nous oublions l’action de Dieu dans notre vie : tous ces moments de grâce, de plénitude, d’émerveillement, de paix et d’amour. Or, ce sont ceux-là surtout qui vont nous aider à nous construire, à avancer, à rebondir. Avons-nous compris l’importance d’utiliser notre mémoire positivement ?

Dieu nous a donné un cœur pour aimer, une intelligence pour comprendre, inventer et tirer les leçons de la vie, une mémoire pour nous rappeler qui nous sommes profondément et demeurer dans une vision positive. Or, nous inversons les dons de Dieu répétant ainsi ce qui s’est passé dans le Jardin d’Eden : nous utilisons notre affectivité pour nous faire souffrir, nous plaindre ou manipuler les autres, nous utilisons notre intelligence pour critiquer, accuser ou nous livrer à des jeux intellectuels où nous cherchons à briller mais qui font que d’autres se dévalorisent, nous utilisons notre mémoire pour nous souvenir des mauvais coups qu’on nous a faits ou des pires moments de notre vie.

Il est temps pour nous de nous réveiller : Plus jamais ça ! Stop ! ça suffit ! Comme Marie-Madeleine pleurant devant le tombeau vide qui représente le vide de la vie sans Dieu, nous devons nous retourner pour voir le Jardinier de Pâques et reconnaître Jésus. Nous avons à réouvrir nos yeux qui ont appris à voir à l’envers, nos oreilles qui n’entendent plus ou sont à l’affût d’informations négatives, tous nos sens qui se sont fermés ou qui nous ont menés à l’errance.Pour nous aider à redevenir enfants de Dieu et bâtir notre maison intérieure sur l’Amour stable et inconditionnel dont nous sommes aimés, nous allons ré-exercer positivement notre mémoire et écrire un cahier des merveilles.
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Pour sortir de tout cela et rendre à Dieu ce qui vient de Dieu , pour retrouver en moi le petit enfant émerveillé et m’installer dans une paix intérieure durable, je vais écrire un cahier des merveilles. J’y marquerai, si c’est mon choix, au jour le jour, les actions de la Providence dans ma vie, les « clins d’yeux » de Dieu, les grâces reçues, les moments d’étonnement et d’émerveillement devant la nature, le visage d’un enfant, l’amitié ou l’amour d’un frère ou d’une sœur, l’émotion profonde que mon âme musicale a ressenti en écoutant de la musique ou le frémissement des branches dans le vent.

Je fais le point chaque jour, j’écris quelques lignes, je colle une photo, je fais un petit dessin, je décris avec toutes mes sensations un souvenir positif pour qu’ensuite, lorsque je serai envahi parce que j’appelle un mal-être, que je perds les pédales et que je vois la vie en noir, je puisse revenir consciemment à tout ce qui a été beau dans ma vie, qui m’a fait du bien, m’a ému profondément. Je m’applique ainsi à garder le contact avec mon enfant de lumière rayonnant de la joie de Dieu, ancré dans la présence de Dieu qui est Beauté, Bonté et vérité.

En feuilletant ce cahier des merveilles, je me rappelle ce qui m’habite profondément, ce que je suis vraiment et ce vers quoi je vais. Cela m’aidera dans les jours difficiles à garder le cap et à trouver de la fraîcheur, de la légèreté dans un environnement pesant, angoissant ou encombrant. Rappelons-nous à ce sujet que même si des progrès ont été fait dans ce domaine, ce que nous appelons les informations, qu’elles soit écrites, radiophoniques ou télévisuelles, reposent beaucoup sur des événements dramatiques ou douloureux et mettent peu en relief les actes de générosité qui sont accomplis quotidiennement dans le monde.

Pratiquer un art demande de la persévérance et de la patience, c’est donc tous les jours que je me donnerai un temps de contemplation et d’adoration, aidé ou non par mon cahier des merveilles.