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J'identifie mes peurs

(Auteur: Yves Boulvin - Parution F&L n° 250 de Mai 2006)

Yves Boulvin

est formateur en relations humaines, psychologue et consultant. Il organise depuis de nombreuses années des stages en entreprise,parallèlement à son activité de thérapeute. Il anime depuis plus de dix ans les émissions Foi et psychologie retransmises sur différentes radios francophones.

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Identifier nos peurs, en prendre conscience et les guérir est sûrement l’une des clés pour être mieux dans notre peau, rencontrer les autres de façon harmonieuse, choisir d’être plus heureux et approfondir notre relation à Dieu.


Si je ne donne pas aux œuvres, si je ne donne rien dans le métro à Paris où je vais être sollicité quatre fois lors d’un voyage, alors qu’il y a en moi une vraie générosité et un désir d’entraide, c’est que j’ai peur d’être dérangé, j’ai peur de me « faire avoir », et puis j’ai peur de l’avenir, je ne suis pas sûr de garder mon emploi, j’ai une petite retraite… Il y a donc entre mon désir de partager et l’action qui consisterait à le faire une ribambelle de peurs qu’il est important que j’identifie pour être vraiment libre de donner, et à bon escient.

Voici quelques peurs courantes. Lisons-les lentement pour pouvoir reconnaître dans le concret celles qui nous ligotent encore aujourd’hui :
- la peur de ne pas être aimé, de ne pas être aimable. Je ne vaux rien, je suis un vilain petit canard.
- la peur d’être rejeté, abandonné.
- la peur de ne pas être compris, de ne pas être reconnu, accepté dans ce que je suis vraiment.
- la peur d’être jugé, critiqué, qu’on se moque de moi ou qu’on m’humilie en public. Quel est l’enfant qui n’a pas connu de vexation à l’école sur sa taille, son poids, son physique, son nom, ses capacités intellectuelles ou sportives ?
- la peur de dire non, de s’imposer, liée à l’éducation qu’on a reçue mais aussi à toutes les peurs qui précèdent.
- la peur d’aimer, de se lier, de s’engager.
- la peur d’être enfermé, étouffé, pris dans un carcan ; la peur d’être envahi, encombré, de perdre sa liberté. C’est la peur des « rebelles » qui entraîne la peur de dire franchement oui. D’où le oui mais…
- la peur de choisir, de décider, de trancher, la peur de se tromper.
- la peur de se faire avoir, d’être trompé, trahi, bafoué.
- la peur de s’abandonner, de lâcher prise, de faire confiance.
- la peur de manquer : manquer d’argent, de nourriture, de paroles (on comble le vide), de gestes d’affection.
- la peur du changement, de l’inconnu, de l’avenir qui me fait rester dans les mêmes habitudes.
- la peur de la solitude, de la séparation. Un certain nombre de personnes restent ensemble malgré les brutalités physiques ou psychologiques par peur de se retrouver seules (avec un manque d’amour de soi-même) ou par peur de l’autonomie. Le fruit d’une séparation acceptée est le plus souvent une autonomie découverte, retrouvée ou renforcée.
- la peur de la souffrance, de la maladie, de la mort.
- …

Il y a encore bien d’autres peurs :
- la peur d’entreprendre car toute action comporte un choix et un risque, c’est pourquoi tant d’entre nous préfèrent subir passivement et se plaindre plutôt qu’agir.
- la peur de réussir, comme si l’échec était une vertu ; d’ailleurs, « on n’est pas sur terre pour rigoler »
- la peur de gagner de l’argent, d’être en vue, d’avoir une position sociale où l’on soit reconnu.
- la peur de vieillir. Mais est-ce que cette peur - naturelle sur le plan de la détérioration physique - est légitime si l’on perçoit qu’en avançant en âge, on peut aussi renaître, s’épanouir et connaître une nouvelle fraîcheur intérieure, un début d’entrée dans la vie éternelle ?
- la peur de mal faire, de faire des erreurs.
- la peur d’aller vers les autres.
- la peur de ses émotions et de les manifester.
- la peur de la proximité physique.
- la peur de Dieu qui est le résumé de l’ensemble de ces peurs et la projection de tous nos mal-vécus sur Celui qui n’est qu’Amour.

Je deviens de plus en plus responsable de ma vie mais pour toute décision, je me laisse inspirer par Lui, Il m’accompagne, Il m’éclaire sur les conséquences et m’aide à rectifier mes erreurs. Aide-toi, le ciel t’aidera. Je prends de plus en plus ma part, mais je ne fais rien sans Dieu. Dans un tandem, les deux doivent pédaler… même s’il y a entre Dieu et nous une évidente différence de niveau ! Certains d’entre nous, par habitude, par blessures, par fausses croyances veulent pédaler tout seuls, c’est le culte de l’effort solitaire ; d’autres croient que Dieu pédale sans eux et donc restent dans l’inertie, attendant tout de Lui, quitte à Lui reprocher de « n’avoir rien fait ». Et si nous apprenions à agir ensemble ?

Jésus était pleinement Enfant de Dieu, portait en lui toute la Paternité divine dans son respect de la loi mais aussi dans son infinie miséricorde, et se positionnait par rapport à ceux qui cherchaient à le confondre, dans une attitude totalement Adulte.

Si je veux sortir de mes peurs, je vais apprendre à me faire « re-parenter » par Dieu et à développer en moi l’Adulte responsable qui discerne, choisit et agit.