Yves Boulvin
est formateur en relations humaines, psychologue et consultant. Il organise depuis de nombreuses années des stages en entreprise,parallèlement à son activité de thérapeute. Il anime depuis plus de dix ans les émissions Foi et psychologie retransmises sur différentes radios francophones.
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Est-ce que pour toi, il est vraisemblable, ou évident, que Dieu te dit merci ? Merci pour tous les services que tu rends ou as rendus, merci pour ton intention, et ce que tu as essayé de réaliser, même lorsque cela n'a pas réussi. Merci pour tes petits progrès, ton désir de bien faire. Merci d'avoir persévéré dans ce rôle ingrat que tu avais à jouer, merci d'avoir demeuré dans ce lieu, cette communauté ou ce couple qui présentait pour toi beaucoup de difficultés. Merci d'avoir accepté telle évolution, tel changement, merci d'avoir cherché le bien-être d'un de tes proches ou, pour mieux servir, d'avoir changé de métier ou de région. Ou beaucoup plus simplement : merci d'être toi. Merci de te laisser remplir par mon Amour, merci maintenant de te laisser aimer tel que tu es.
Dieu nous montre le modèle. Comment pourrais-je moi-même être reconnaissant aux autres de ce qu'ils sont ou de ce qu'ils font, si je ne l'ai pas vécu d'abord intérieurement avec Dieu ? Accueillir le merci de Dieu est donc, de ce point de vue, fondamental. De là vont jaillir l'émerveillement et la gratitude que je pourrai manifester à autrui.
Les mots-clés de l'amour
Peut-être connaissez-vous les 5 mots-clés que l'on trouve parfois inscrits symboliquement sur les 5 doigts d'une main : bonjour, je t'aime, pardon, s'il te plaît, merci. Il est vrai que la vie est beaucoup plus belle lorsque nous savons dire et recevoir ces 5 paroles. Simplement dire bonjour le matin et c'est une bénédiction : je te souhaite un bon jour. Savoir dire : je t'aime. Et si je suis unifié dans ce je t'aime qui découle de l'Amour divin, il n'y aura pas d'ambiguïté. Pardon, je reconnais mon erreur et je n'attends pas longtemps avant de faire cette démarche de paix que tu es libre ou non de recevoir. S'il te plaît, j'ose demander, je sais demander . Et merci, pour tout ce que tu me donnes et tout ce que tu as fait pour moi. On pourra dire, à ce propos, qu'une personne ou un couple qui met en pratique chaque jour ces 5 mots-clés ira beaucoup mieux.
De la même façon, je peux dire à mon enfant intérieur, et c'est une vraie réconciliation avec moi-même : bonjour, je t'aime, pardon de t'avoir laissé ou négligé, s'il te plaît, merci. Voilà le bon amour de soi. Même si je suis mécontent de ma journée, Dieu, Lui, me sait gré de cette parole que j'ai prononcée, de cette écoute que j'ai offerte, de cette action que j'ai cherché à mener à bien, de ce repos salutaire et nécessaire que je me suis accordé. À travers Lui, j'apprends à me remercier, à me fortifier et à m'encourager, plutôt que de me critiquer et de me juger sans rien changer.
Un autre niveau auquel je pense peut-être moins est ce que je peux exprimer à mes bien-aimés qui ont traversé la mort : Bonjour, tu es vivant, je t'aime, même si je n'ai pas pu le dire lorsque nous étions physiquement ensemble ; pardon pour tout ce qui a pu te blesser dans mon comportement ; s'il te plaît aide-moi ; merci pour ta présence bienveillante et bienfaisante. Eux aussi, parents, enfant, grands-parents, au-delà du voile ténu qui nous sépare, viennent nous dire : Bonjour, je vais bien, je t'aime, même si je n'ai pas su te l'exprimer durant ma vie ; pardon pour tous mes manques d'amour ; s'il te plaît prie pour moi ; merci pour ta pensée fidèle et pour les messes que tu as fait dire pour moi. Il n'est jamais trop tard ! Ces 5 mots-clés peuvent nous relier à tout instant à ceux qui nous ont précédés.
[...]
Le cadeau de l'Enfant-Jésus : conte de Noël
En lisant, tel un conte de Noël, cette histoire de Jonathan à la crèche, posons sur toute notre vie le regard de Jésus :
" Le petit Jonathan, huit ans, arriva avec les bergers à la crèche de Bethléem. Il regarda l'Enfant et l'Enfant le regarda. Les larmes lui vinrent alors aux yeux.
- Pourquoi tu pleures ?, demanda Jésus.
- Parce que je ne t'ai rien apporté.
- Tu peux quand même m'offrir quelque chose, répondit Jésus.
Alors Jonathan devint rouge de joie et dit :
- Je veux bien t'offrir ce que j'ai de plus beau.
- Je voudrais trois choses de toi, dit Jésus.
Jonathan proposa tout de suite :
- Ma game-boy, mon train électrique et mon plus beau livre, celui avec plein d'images dedans.
- Non, dit Jésus, je n'ai pas besoin de tout ça. Ce n'est pas pour ça que je suis venu sur la terre. Je voudrais tout autre chose de toi.
- Quoi donc ?, demanda Jonathan. Il avait très envie de savoir.
- Offre-moi donc le dernier devoir que tu as fait à l'école, dit Jésus tout doucement pour que personne d'autre n'entende. Jonathan sursauta, il s'approcha tout près, tout près de la crèche et chuchota à son tour :
- Mais écoute, Jésus, le maître, il a écrit dessus : insuffisant.
- C'est bien pour ça que je le veux !
- Ben pourquoi ?, demanda Jonathan.
- Donne-moi toujours ce qui est classé insuffisant dans ta vie. Tu me le promets ?
- Ben, j'veux bien, répondit Jonathan.
- Et je veux encore un deuxième cadeau, dit Jésus. Donne-moi ton bol du petit-déjeuner.
- Mais je l'ai cassé ce matin !
- Apporte-moi ce que tu as cassé et ce qui est cassé dans ta vie, je le réparerai. Tu me donneras ça aussi ?
- Oui, je veux bien. Si tu veux ça, je te le donne aussi.
- Et maintenant, mon troisième vœu, dit Jésus. Voilà, apporte-moi la réponse que tu as faite à ta mère quand elle t'a demandé comment ton bol s'était cassé.
Là, Jonathan a posé sa tête sur le bord de la crèche et il s'est mis à pleurer, mais à pleurer tout fort comme un petit garçon qui a un très gros chagrin.
- J'ai, j'ai, j'ai…
Il avait du mal à parler.
- J'ai dit que le bol était tombé par terre et que c'était la faute de ma petite sœur, mais en vrai, c'est moi qui l'ai poussé de la table parce que j'étais très en colère.
- Apporte-moi tous tes mensonges, tes jalousies, ta fierté, tout ce que tu penses avoir fait de méchant, dit Jésus. Et si tu viens avec tout ça vers moi, je te prendrai dans mes bras, je te consolerai et je t'aiderai. Je veux te libérer. Je t'accueille dans ta faiblesse, tes limites, ta fragilité. Tu veux bien accepter mon cadeau ?
Et Jonathan écouta et s'émerveilla.
Il s'agenouilla, son cœur jubilait. "





