Yves Boulvin
est formateur en relations humaines, psychologue et consultant. Il organise depuis de nombreuses années des stages en entreprise,parallèlement à son activité de thérapeute. Il anime depuis plus de dix ans les émissions Foi et psychologie retransmises sur différentes radios francophones.
- Dans la même rubrique
- Liste des articles.
- Je reconnais mes blessures.
- Dieu te dit merci.
- Vivre les séparations.
- Présence de nos bien-aimés.
- Devenir source de bénédictions.
- Vos réactions
- Envoyer à un(e) ami(e)
- Imprimer cette page
Tout est grâce et tout ce que je vis, sans aucune exception, me donne l'occasion d'être porteur de bénédictions pour les autres comme ils peuvent l'être pour moi.
Plutôt que de vivre ma vie dans la solitude, coupé d'autrui, dans le manque de sens et dans des ruminations psychiques où je tourne en rond, je peux prendre conscience que tout ce que je pense, vis ou ressens à chaque instant peut devenir source de bénédiction.
Le sens profond de ce que je vis
Lorsque je fais la cuisine par exemple, au lieu de maugréer contre cet acte répétitif dont je me passerais bien, contre l'ingratitude de ceux qui vont manger ce que j'ai préparé, contre l'état de mère au foyer qui n'est pas reconnu socialement, je peux à l'instant même me mettre en communion avec tous ceux qui, dans le monde, font ces mêmes gestes ou les ont fait. Je bénis tous ceux qui ont les mêmes préoccupations, le même travail, le même service que moi. Je me souviens du bien que je peux donner à travers ce repas : en mettant de l'amour dans ce que je prépare, en bénissant ceux qui vont le manger et en visionnant la part humble mais nécessaire de l'alimentation dans la construction du corps de mes enfants ou de ceux que je reçois. L'important est que je me souvienne du sens profond de l'acte que je suis en train de réaliser. Ce n'est pas seulement un repas que je prépare, c'est toute une œuvre que j'accomplis.
[...]
Tout acte peut être sacré
Si je suis en train de fabriquer une chaise, je peux visionner et bénir tous ceux qui l'utiliseront, quels qu'ils soient, ceux qui la transporteront, la commercialiseront… Et si je suis moi-même utilisateur de cette chaise, au lieu de me plaindre parce qu'elle est bancale, je vais être plein de gratitude pour tous ceux qui ont travaillé à sa fabrication : du bûcheron qui a coupé l'arbre, au vendeur chez qui je l'ai achetée en passant par ceux qui l'ont façonnée, enjolivée, transportée... Au lieu de l'utiliser machinalement, je vais faire du simple geste de m'asseoir, un acte sacré par lequel je suis relié à eux et je les bénis. Je suis plein de gratitude pour leur travail, me souvenant que je pourrais ne pas avoir de chaise et que j'ai la chance de pouvoir m'asseoir !
Ainsi, je vais recevoir et transmettre la bénédiction de Dieu et toute ma vie va prendre un autre sens en faisant plus consciemment mes gestes quotidiens, en me reliant à tous ceux qui les accomplissent ou les ont accomplis, en offrant pour les uns et les autres mes bons et mes mauvais moments, mes difficultés, mes erreurs, ce que je considère comme des échecs ou des réussites. Tout, tout sans exception, peut être offert. Je n'oublie jamais que si je suis un serviteur parmi d'autres, Dieu me donne un rôle indispensable.
Seigneur, bénis…
Je suis dans ce bureau avec un collègue que je n'ai pas choisi ; il est bruyant, volubile alors que j'ai besoin de silence. Je suis dans cette communauté proche de ce frère ou de cette sœur qui m'exaspère par ses tics, son autorité ou sa passivité… Je m'unis à tous ceux qui vivent la même chose et plutôt que de rêver à une autre vie, je prends ma place en les bénissant sans oublier de regarder ce que je peux faire pour améliorer les choses.
Toute ma vie peut prendre un autre sens avec cette prière : Seigneur tu bénis à l'instant toutes les personnes que j'ai rencontrées ou que je vais rencontrer aujourd'hui, toutes celles à qui j'ai pensé ou qui ont pensé à moi, celles qui m'ont téléphoné ou ont essayé de le faire, celles qui m'ont écrit ou à qui j'ai écrit, ceux qui ont travaillé en ma compagnie ou ont partagé ma vie d'une façon ou d'une autre, celles à qui je suis relié au ciel ou sur la terre.
[...]
Si au moment même où je lis ces lignes, je m'arrête de penser, je me centre dans mon cœur profond et je contemple la pièce dans laquelle je suis, sans jugement, sans critique, sans comparaison, sans me dire " ce serait mieux si j'avais de plus beaux meubles, ce cadre est de travers, je n'aime pas cette couleur… ", alors, petit à petit, je vais sentir monter du plus profond de moi-même une sensation de plénitude, de bonheur. Je me sentirais relié, en communion. Encore faut-il que je m'ouvre à l'infini d'Amour qui m'habite.





