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Un nouvel équilibre

(Auteur : Soeur C., lettre reçue à la Rédaction - Parution F&L n° 240 de Juin 2005)

COMMANDEZ VOTRE HORS-SÉRIE

 

Au cours de l’été dernier, j’étais en pleine forme après une opération de la hanche. Maintenant, je ne boite plus, je marche très droite, j’ai retrouvé la souplesse de ma jeunesse avec, en prime, un équilibre intérieur nouveau. (En un sens, c’est toujours vrai, et cela m’a permis en tous cas de vivre la suite…)

 

Ma vie bascule


Vers la fin septembre, je passe une mammographie de dépistage proposée par la Sécurité sociale… et ma vie bascule : une tumeur déjà grosse (trois centimètres) dont une partie semblait maligne. Efficacité communautaire : quatre jours plus tard j’étais chez notre gynéco-chirurgien, et opérée huit jours après.

Analyse pendant l’opération : cancer – ablation du sein. Heureusement la tumeur, très localisée, était prise à temps. Tous les examens ultérieurs ont été négatifs.


Le gynéco, qui est croyant et ami de notre monastère, m’a dit et répété que cette mammographie était providentielle, car la tumeur, très centrale, était indécelable aux examens extérieurs.

Cela, c’est la surface des choses en quelque sorte, même si c’était grave et plein de détails très angoissants à vivre ; car on peut raconter les choses autrement, depuis «l’intérieur» ou «la profondeur». Il se passa des choses étonnantes ; dans lesquelles la Communauté des Béatitudes joua un rôle. Quelques jours avant ces évènements, j’avais eu bizarrement une intuition de tout cela, et j’avais entendu une parole intérieure : Confiance, ma fille ! – c’est cela, d’abord, qui m’a fait tenir.

 

Que veut me dire le Seigneur ?



Après le dépistage, il y a eu, bien sûr, une nuit sans sommeil, mais il était arrivé la veille, comme par «hasard» sur mon bureau de bibliothécaire, un «vieux» livre, certainement bien connu des charismatiques : Puissance de la louange de Merlin Carothers… et j’ai essayé de louer, j’ai essayé tant que je pouvais de louer, de bénir le Seigneur… peut-être pas directement pour le cancer (!) mais pour ce que le Seigneur avait à me dire à travers cela. Oh, il y eu des bouffées d’angoisse, mais je revenais toujours à la louange ; et ce qui m’a maintenue à flot ensuite, dans les salles d’attente, c’était… Feu et Lumière !

Le lendemain de l’opération, au cours de l’échographie de contrôle, le radiologue n’en finissait pas de faire des mesures sur mon foie. Le cauchemar recommençait. Pendant de très, très longues minutes, on m’a abandonnée, seule dans le couloir, avant de me rouler jusqu’à ma chambre. J’avais l’impression de la mort toute proche – mais c’était le jour de Notre-Dame du Rosaire ! Alors j’ai essayé encore la louange, et surtout la confiance… C’était limite, mais j’ai été le reste de la journée en paix. J’ai même ri et plaisanté avec Maman et une amie venues me voir. Le scanner du lendemain déclarait tout normal du côté du foie.

Un cancer du sein, d’ailleurs disparu, cela ne paraissait plus grand-chose, et j’ai senti très profondément que Dieu voulait que je vive… (et le plus beau est encore à venir.)

 

Lâcher-prise



Le lendemain de mon retour au monastère, je suivais l’office des Laudes à la sono de l’infirmerie, et là, pendant les psaumes de louange (148-150) s’est produit l’indicible : l’Esprit qui vient, l’Esprit de Vie, Celui qui remplit l’univers, l’Amour de Dieu créateur m’a envahie. Je pleurais de joie. Par la suite, il y a eu une autre venue, très forte, avec des larmes de repentir, un aperçu de mon péché, de l’égoïsme de mon cœur…


Un autre jour, pendant une sieste, un rêve très court : j’étais dans une voiture, à droite, avec possibilité d’agir sur l’accélérateur et j’allais… tout droit dans un mur. Alors, à ma gauche (le cancer aussi était à gauche) mon père (mon Père ?) a dit : Attends, je prends le volant ! Il a tourné, et devant moi, il y avait une grande avenue, libre !…

Je disais depuis longtemps à ma Mère Abbesse que je sentais au fond de moi un «noyau dur», une résistance, contre laquelle je ne pouvais rien faire moi-même, à croire réellement à l’amour de Dieu et donc à l’accepter vraiment dans ma vie, à «lâcher prise». C’est elle qui a fait le rapprochement avec ce que je ressens maintenant : Le noyau dur est parti ! Il était sans doute lié à une ancienne blessure, et le Saint-Esprit a eu besoin de ce cancer pour me… guérir.

Je ne suis pas devenue exubérante, je ne chante pas en langues (sinon le latin à l’office !), mais je crois que c’est justement là le signe de l’Esprit : me confirmer dans le charisme bénédictin : liturgie et silence, le grand silence amical de la Présence de Dieu, le silence intérieur. Je compte sur votre prière pour la suite…

1 Commentaire

Jeanne a écrit le 25.08.2008 11:14 email

Juste impressionnant. Cette grâce n'étant pas donnée à tout le monde, je confie à vos prières, tous les malades du monde entier qui guêtent un signe de l'esprit pour une guérison miraculeuse et une présence divine dans leur vie.

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