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Ta beauté dérange

(Auteurs : Propos recueillis par sœur Cécile - Parution F&L n° 242 de Septembre 2005)

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Depuis toute petite, je me réveillais tous les matins dans une grande angoisse : faire face à la vie, à la journée, à moi-même me paraissait de plus en plus insurmontable. C’était comme si dans mon lit dormait à mes côtés non seulement Bruno, mon mari, mais également “l’Angoisse”. À trente-trois ans, je découvris, à travers “le baptême du Saint Esprit”, que Jésus m’aimait personnellement. Du jour au lendemain, cette compagne “Angoisse” disparût. À sa place, dès le réveil, la joie de ne plus être seule, d’avoir trouvé “l’Homme-Dieu” de ma vie sans lequel je ne pouvais plus vivre !

Cependant, au bout de trois ans, ces angoisses sont revenues. Cela marqua le début d’un cheminement de guérison intérieure - cheminement douloureux, car le Seigneur me révélait beaucoup des souffrances vécues dès ma conception et au cours de mon enfance que j’ignorais au niveau conscient. Je mis plusieurs années à quitter mes faux modèles qui me servaient de béquilles pour tenir debout mais qui ne me correspondaient pas du tout... Cela m’a amenée par la suite à accompagner d’autres personnes en guérison intérieure.
Parallèlement, mon mari et moi faisions partie d’un groupe de prière charismatique. À quelques-uns, entre “anciens”, nous nous retrouvions de temps à autre pour prier en petit groupe : en travaillant sur nos propres maux, nous cherchions la racine profonde de telle ou telle infirmité ou souffrance. C’est ainsi que, sans rien connaître à ce sujet, nous avons commencé à recevoir dans la prière des flashes sur l’histoire de nos aïeux ; nous découvrions des “consignes” de mort, reçues dès le sein maternel, qui “expliquaient” certains de nos mauvais choix.

« Tais-toi »
Par exemple, au cours d’une prière à plusieurs au sujet d’un de mes blocages, je compris que j’avais à explorer la lignée maternelle de mon père. D’après ce que nous recevions dans la prière, cette lignée était composée de femmes toutes “très belles”. L’une d’entre elles, à plusieurs générations de distance, avait vécu un drame : jaloux de sa beauté (beauté intérieure, pensai-je), son mari l’avait accusée faussement d’avoir elle-même tué leur bébé, mort peu de temps après la naissance. Elle n’avait pas su ou pas pu se défendre et son mari s’était déchaîné contre elle de différentes manières – en recourant notamment à des pratiques occultes contre elle. Je la “voyais”, après ce drame, comme une femme vivant en quelque sorte une vie infra-humaine, dans la peur de son mari (qui abusait d’elle physiquement) et le mutisme.

Comme en confirmation de ces “images” qu’il m’était donné de découvrir en direct dans la prière, mes compagnons de prière, au même moment, me partageaient les “consignes” qu’il leur semblait entendre en moi : Tais-toi, tu es en trop. Ta beauté dérange. Il vaut mieux se taire, ils sont méchants…
Curieusement, en voyant ce “film”, cette histoire me semblait très familière, comme si elle m’était arrivée.
Il me fallut néanmoins beaucoup de temps pour m’approprier ce qui m’avait été ainsi révélé. J’ai d’abord commencé à repérer la façon dont j’avais appliqué ces consignes dans les différents domaine de ma vie : dans ma famille, à l’école, au travail et même vis-à-vis de mon mari (même s’il ne ressemblait pas à celui de mon aïeule !). Jusqu’alors, j’avais même considéré comme hautement vertueux le fait de se taire, de laisser dire, d’être conciliante à tout prix, de penser que les autres avaient toujours plus raison que moi ! De nombreux versets bibliques me confortaient dans mes ornières : renoncer ou mourir à soi-même, être soumise à son mari, se faire tout petit… !

Bataille après bataille
C’est donc très progressivement que j’ai appris et que j’apprends encore à exister, à m’accueillir de façon bienveillante, à prendre ma place même s’il me semble en déranger beaucoup. Il s’agit d’accepter, dans ma vie de tous les jours, de livrer bataille à ces consignes de mort qui m’ont été transmises depuis ma conception, en faisant vivre les appels à la vie de Dieu pour moi, sur terre : ne plus être conciliante à tout prix avec la mère d’un camarade de mon fils qui l’accuse faussement ; ne plus chercher à être avant tout “bien” avec mon “cow boy” de voisin ; oser dire au lieu de me taire…
C’est un chemin rude, mais je ne suis pas seule : le Seigneur est à mes côtés. Sa Parole également, qui m’encourage activement : « Ramasse ton épée et occupe le terrain » (Jr 10, 17), « Le Seigneur trépigne de joie à ton sujet » (So 3, 14), « Je veux que tu brilles de ce que j’ai mis en toi. Je ferai de toi un rempart de bronze. Ils te feront la guerre mais ils ne remporteront pas sur toi car je suis à tes côtés » (Jr 15, 20-21)…

Et j’ai été pourvue, sur mon chemin, d’un “encourageur” qui, entre autres choses, fait mémoire pour moi du regard de Dieu sur moi et de Ses consignes à Lui, quand je me laisse intimider à nouveau par les consignes de l’ennemi en moi.
Le jeu en vaut la chandelle ! D’abord il s’agit de moi, de ma liberté, de mon identité qu’avec l’aide de Jésus, mon Sauveur, je suis en train de (re)conquérir très concrètement.
Ce chemin concerne aussi toute ma famille : mes enfants sont les premiers bénéficiaires de cette vérité que j’ai accepté de faire en moi. C’est très motivant ! L’un de mes fils était très associé à mes exercices pratiques sur le conflit ; je vois maintenant qu’il est bien plus avancé que moi dans ce combat.
Mais j’ai également la conviction que le salut auquel je collabore très concrètement pour moi-même et ma famille, c’est mystérieusement toute l’humanité qui en bénéficie – qu’il s’agisse de l’interdiction d’exister qui est en moi, des relations blessées entre l’homme et la femme ou, plus généralement, de toute œuvre de mort résultant in fine de « la chute de l’homme » et de ses compromissions  avec Satan.

Délivrer nos ancêtres
Un jour, en priant à quelques-uns pour Bruno, mon mari, nous avons été amenés à “remonter” sa lignée paternelle. Le Saint Esprit nous révéla avec une certaine précision quelques-unes des motivations de ses ancêtres et les décisions qui en avaient découlé – leurs conséquences néfastes marquaient encore durablement leur descendance, Bruno inclus. Il m’avait été donné de voir très clairement en esprit nombre de ces aïeux comme emprisonnés, attendant leur libération au travers de l’un de leurs descendants.
Quelques années plus tard, grâce à un ami jésuite, nous avons pu présenter au Seigneur nos deux familles, au cours d’une messe vécue très charismatiquement ensemble – ainsi que leurs quatre lignées avec leurs différents maux que nous avions pu identifier. J’ai été guérie notamment de terreurs nocturnes, liées à des pogroms subis par la lignée  juive de ma mère.
Le soir de ce jour, alors que Bruno et moi terminions de dîner, je pris soudain conscience d’être entourée de plusieurs rangées d’aïeux de Bruno. Ils se pressaient autour de moi, “la juive” ; certains me demandaient pardon. En effet, au cours de la messe, nous avions prié pour les penchants antisémites de la très catholique lignée paternelle de la famille de Bruno et, par ailleurs, pour les persécutions subies par la lignée juive de ma mère.  Il me semblait qu’un fossé, dont je ne prenais conscience qu’à ce moment-là, entre moi et la famille de Bruno, était en train de se combler. Ils étaient comme des prisonniers qui viennent d’être libérés et ils considéraient Bruno comme leur “co-rédempteur” !
Oui, nous sommes vraiment interdépendants entre générations et je m’émerveille de la coopération qui peut exister entre nous, de part et d’autre de ce que nous appelons la mort. Avec l’apôtre Paul, je peux aujourd’hui m’exclamer : « Qui me délivrera de ce corps qui entraîne à la mort ?... Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ, notre Seigneur » (Rm 7, 24) !

Pour aller plus loin : Chantal Berthon-Boudet, Ce que j’ai, je te le donne, éd. des Béatitudes, 2004.

4 Commentaires

LYDIE a écrit le 13.02.2010 07:20 email

Que tes oeuvres sont belles SEIGNEUR MERCI de nous avoir créé

aide nous a faire notre pélerinage sur cette terre Gloire a toi Seigneur JESUS.

cynthia a écrit le 07.02.2010 18:13 email

c'est très important de prier pour les âmes du purgatoire et particulièrement pour nos parents défunts. Faites des demandes de messe pour elles et aussi pour toues les âmes en purification. Priez et vous verrez que nous ne sommes pas lié qu'à parents défunts mais aussi à toute l'humanité. Moi je suis dans un groupe d'intercession et figurez-vous que quand on prie pour les âmes du purgatoire, on reçoit des noms comme Louis XIV, Karl Marx, les défunts de Fort Knox, ou même les défunts de la 1ère guerre mondiale et même Sékou Touré ou Mobutu Sese Seko: vraiment Dieu nous aime et sa miséricorde est infinie !

BIRO Akos a écrit le 04.02.2010 16:29 email

Votre commentaire

Je suis bien convaincu que nos encetres et la vie qu'ils ont eue nous influencent, mais

n'y aurait il pas dans la démache décrite ci dessus un peu de spiritisme déguisé ?

Lucia a écrit le 03.02.2010 23:21 email

Merci. Gloire à Dieu

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