Famille nombreuse : 1 700 enfants !
(Auteur: Lucette et Jean Allingrin - Parution F&L n° 238 d’Avril 2005)
Après un an de mariage, Marie, notre seule enfant biologique, est née dans la banlieue de Paris où nous habitions. Nous avons ensuite déménagé sur Angers. Lucette était enceinte ; suite à des fautes médicales, l’enfant est décédé et il en a résulté pour Lucette une stérilité. Nous avons décidé de nous tourner vers l’adoption.
Après un an de mariage, Marie, notre seule enfant biologique, est née dans la banlieue de Paris où nous habitions. Nous avons ensuite déménagé sur Angers. Lucette était enceinte ; suite à des fautes médicales, l’enfant est décédé et il en a résulté pour Lucette une stérilité. Nous avons décidé de nous tourner vers l’adoption.
La DDASS nous a alors confié un bébé non adoptable, qui ne le serait que six ans plus tard, à la majorité de sa mère. Nous avons pris ce risque qu’elle revienne sur sa décision. Nous avions donc deux enfants, ce n’était pas encore le grand nid familial dont nous avions rêvé !
En 1965, l’association Terre des Hommes cherchait des familles pour accueillir des enfants du Tiers-Monde. Dans l’énorme questionnaire que nous remplîmes, une question nous a frappés : Si l’on vous proposait un enfant handicapé, l’accepteriez-vous ? Dans ma logique d’homme, j’ai dit oui. Lucette a dit non : aucune maman ne souhaite que son enfant soit handicapé ! Cependant, cette question était semée dans nos cœurs comme une graine. Deux ans plus tard, une œuvre nous écrivait pour nous demander de trouver des familles adoptives pour cinq enfants libanais handicapés. Parmi eux, Lucette tomba en arrêt sur une petite fille de cinq mois, atteinte de polio et en anorexie mentale. Elle s’est dit : Il faut que nous sauvions cette enfant.
Quelques semaines plus tard, Emmanuelle arrivait à Orly, dans un état très grave. Nous avons supplié le médecin de pouvoir la soigner chez nous, car dans un hôpital, sans amour, elle allait mourir. Il lui a prescrit tout ce qu’il fallait : du lait, des vitamines, du fer… Elle dormait entre nous deux, et nous lui donnions des tonnes de bisous et de câlins ! Elle fut sauvée. Nous avons trouvé des familles d’adoption pour les quatre autres enfants. Voilà comment a commencé l’œuvre Emmanuel.
Au fil des années, notre position devenait de plus en plus difficile : nous avions adopté d’autres enfants, et parallèlement, l’usine dont j’avais la charge grandissait. Nous avons décidé de faire confiance à l’Évangile et nous avons supprimé le moyen qui nous faisait vivre. Depuis ce temps-là, c’est Dieu qui nous prend en charge. Notre maison a vu passer 1 700 enfants.
Jean Vanier et Marie-Hélène Matthieu nous disaient : Il faut que vous fassiez adopter des enfants trisomiques. Nous nous disions : Aucune famille ne voudra d’un enfant trisomique ! Pourtant, en 1976, un papa en pleurs nous appela en nous demandant d’accueillir sa petite fille trisomique qui venait de naître et que la maman ne voulait pas assumer. Alors nous avons dit au Seigneur : Montre-nous que cette œuvre Emmanuel, tu l’as voulue aussi pour les enfants trisomiques.
L’état de l’enfant ne faisait que se dégrader. À trois mois et demi, elle refusait de s’alimenter et pesait moins lourd qu’à la naissance. Un jour, l’hôpital nous appela : Aujourd’hui elle a un peu moins mal que d’habitude. Au prochain microbe, elle meurt. Venez la chercher. Pour cela, il fallait être deux : l’un pour conduire, l’autre pour s’occuper du bébé. Qui trouver pour garder nos sept enfants ? C’est alors que nous avons reçu la visite d’une amie que nous n’avions pas vue depuis quatre ans : problème résolu ! Quand l’enfant a été déposée dans nos bras, trois heures sonnaient ; c’était vendredi saint. Voilà la réponse du Seigneur !
Quelques semaines plus tard, alors que seuls notre médecin et le Conseil d’Administration savaient que nous avions cette enfant, nous recevions une lettre d’un couple demandant à adopter un enfant trisomique. Depuis, 400 enfants trisomiques sont passés par chez nous ; seuls neuf n’ont pas trouvé de famille et sont restés, six chez nous, trois chez Marie, notre fille aînée.
Au quotidien, je dois dire qu’on ne s’ennuie pas ! Ils sont capables de beaucoup de tendresse, d’attention, de douceur ; mais si on les contrarie, ça explose ! La trisomie 21 est apparue il y a seulement 150 ans ; il y a un mystère de la personne trisomique que, même dans les lieux les plus spirituels, on n’a pas fini de découvrir.
Pour en savoir plus :
'Emmanuel" SOS Adoption
Lucette et Jean Alingrin
e-mail :
Emmanuel Handic





1 Commentaire
bonjour,
Je suis veuve et maman de 4 enfants. Depuis plusieurs mois ,nous mûrissons le projet d'adopter un enfant handicapé , plus particulièrement trisomique.
Je suis enseigante et directrice d'école.
Cependant, nous nous posons la question de savoir si mon veuvage ne sera pas vu comme un obstacle à l'adoption?
merci de votre interêt