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Alsacien, je le suis toujours, même en étant actuellement en mission au Mali. Né dans une famille catholique, je suis l'aîné de quatre enfants. Papa a travaillé pendant trente-quatre ans aux mines de potasse et maman a toujours œuvré dans le foyer familial. J'ai grandi dans une atmosphère chrétienne, je me rappelle encore les prières familiales, le soir, avant d'aller dormir. Gloire à Dieu pour mon âme qui s'est éveillée assez tôt, dès la petite enfance. Ceci explique que je n'ai jamais remis en cause l'existence de Dieu. Il existait : c'était une certitude.
"Je le verrais bien prêtre"
Dès mes six ans, je fus servant de messe, et cela jusqu'à mes dix-huit ans. Je ne peux cependant pas dire que j'avais rencontré le Seigneur : je n'avais pas une relation personnelle avec Lui. Je m'appuyais davantage sur la foi de mes parents J'entends maman me dire : " Nous avions le désir de faire de nos enfants des hommes et des femmes "debout" ayant pour guide Jésus-Christ. Plusieurs personnes d'Église espéraient un prêtre parmi nos trois fils. Dès l'âge de quatorze ans, le regard était porté sur toi. Même Mémère avait dit une fois : Bernard, je le verrais bien prêtre. "
Après le sacrement de confirmation, il n'y avait plus de rencontres pour approfondir ma foi. Je m'adonnais au sport. J'ai fait de la compétition de course à pied avec une évolution au niveau départemental et régional. Ces années de sport m'ont appris l'endurance, la persévérance et le goût de l'effort… Cela m'a servi et me sert encore ! Je peux dire, avec le recul, que le Seigneur me laissait à moi-même. Il était présent, mais silencieux et me laissait faire. Il m'attendait avec patience. Vers dix-huit ans, après le bac, j'ai commencé à me poser les grandes questions : que voulais-je faire de ma vie ? Il a fallu plusieurs années encore avant que je puisse dire : Que veut le Seigneur ?
"C'est cela que je veux vivre !"
J'ai fait mon second cycle dans un lycée agricole. C'était un internat, nous étions deux par chambre. Je connaissais depuis mon enfance celui avec qui je partageais ces quelques mètres carrés. Éric était de confession protestante et il lisait la Parole de Dieu tous les soirs sur son lit, avant de dormir. J'étais intrigué. J'avais soif de la sérénité dont il donnait le témoignage. Devant mon expectative, il m'a parlé de Jésus. Je peux dire que c'était Jésus lui-même qui, à travers lui, commença de me tourner vers le Père et son Royaume.
Un jeune de mon village m'a invité ensuite aux rencontres-vocations de mon diocèse. J'ai suivi plusieurs week-ends. J'étais au début d'un nouveau chemin et j'avais davantage soif de prière et d'enseignements sur Celui que mon cœur commençait à entrevoir, que de discours et de tables rondes. Je n'ai pas poursuivi.
Un jour, après un bon footing d'une heure en montagne et une bonne douche, j'ai allumé la télévision. J'avais sous les yeux une émission appelée " Les clins d'œil de l'Esprit Saint ". C'était un reportage sur la communauté des Béatitudes. Je n'en croyais pas mes yeux. Je voyais des choses que je n'avais jamais vues… et cette exclamation dans mon cœur : C'est cela que je veux vivre ! Se déroulait sous mes yeux la vie communautaire dans une communauté nouvelle. Je ne savais pas que cela existait. Ce fut comme une éclaircie dans la nébuleuse de mes questions.
"Mon coeur est sans repos"
Alors que j'étais élève-instituteur en remplacement dans une vallée vosgienne, je logeais chez le frère d'Éric, mon ami de lycée, lui aussi de confession réformée. Le soir, je me rendais dans la petite chapelle. Pas de tabernacle, bien sûr, mais j'allais parler à Dieu, le suppliant de me prendre en pitié et de me montrer ce qu'Il attendait de moi. Mon appel à l'aide monta vers Dieu. Quelques jours plus tard, je saluai une dame qui me parla de l'expérience qu'elle était en train de vivre dans le Chemin néo-catéchuménal et m'invitait aux catéchèses qui allaient être données pendant un mois, à raison de deux rencontres par semaine, à Mulhouse. J'y voyais la réponse directe de mon cri vers Dieu ! Ce fut ma première expérience tangible de l'efficacité de la prière et de la bonté de Dieu. Ces temps forts m'ont remis en selle dans ma vie chrétienne.
J'avais vingt-deux ans et je fréquentais une fille de mon village. Je me rappelle très nettement son désir de mariage, de fonder une famille, mais mon cœur était encore en recherche… Nous nous sommes séparés. " Mon cœur est sans repos tant qu'il ne se repose en toi ", dit saint Augustin. J'ai suivi des rencontres de jeunes, en recherche d'une vie spirituelle. Le père Guy nous enseignait. Son témoignage même de prêtre était parole de Dieu pour moi. Je me suis rapproché de lui. J'avais besoin d'ouvrir mon cœur et de dire ce qui m'habitait si profondément et qui ne me laissait pas de repos.
J'en restais interloqué
Un jour, j'étais présent à la messe que le père Guy célébrait. Sa manière de célébrer rendait visible son amour pour le Seigneur. Je fus saisi par le mystère. Dieu était là. Dans le débordement amoureux de mon cœur, je me suis entendu dire : Prêtre comme lui, Seigneur, je veux bien ! Le pas était fait. Maintenant encore, je me rappelle cet instant de lumière et de joie.
Je fis la connaissance d'une jeune qui venait de faire l'année sabbatique à la communauté du Verbe de Vie. Bénédicte était tellement rayonnante que j'en restais interloqué. Des jeunes m'ont invité à venir dans leur groupe de prière du Renouveau charismatique. Ce que je voyais me réjouissait, nous étions tous enfants d'un même Père. Le père Tardif est venu pour une journée… J'étais sidéré : des conversions par dizaines ! En 1991, j'ai participé à une retraite dans une maison du Verbe de Vie, à Andecy. Le père Jacques Marin prêchait à partir de sainte Thérèse. Je me rappelle comment il avait insisté sur cette phrase : " Aimer, c'est tout donner et se donner soi-même. "
"C'est lui qui fera cela !"
Quelques semaines plus tard, je revenais seul à l'abbaye pour une retraite de discernement. Soit je continuais mes études pour être instituteur, soit je quittais l'Éducation Nationale pour suivre le Seigneur. J'étais face à ce choix, dans une attitude totalement libre. J'avais l'impression très forte que Dieu ne me forçait pas la main. Après avoir prié et rencontré différentes personnes, j'ai dit OUI au Seigneur. J'étais tellement heureux que mon cœur ne battait pas au rythme habituel. Deux semaines après, je revenais à la communauté du Verbe de Vie pour y rester.
Ordonné diacre et prêtre en l'an 2000, j'y vois un appel du Seigneur à être un prêtre jubilant… et il y a de quoi ! En 2002, vicaire à la cathédrale de Toulon, j'étais affecté à la pastorale des jeunes. Moïse, un jeune Sénégalais, me parlait de son expérience dans le Renouveau charismatique à Dakar. J'étais comme séduit par cette dimension de la vie dans l'Esprit dans la grâce africaine. Puis les responsables de notre Communauté se sont rendus à Bamako sur l'invitation de Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako, qui recherchait une communauté qui puisse assurer une vie de prière sur le centre diocésain.
Je ne pensais pas que je quitterais un jour le sol alsacien. Mais le Seigneur m'avait préparé par la présence de Moïse. Je dis au Seigneur que j'étais disponible. Je reçus la parole de saint Paul : " Il est fidèle, celui qui vous appelle : c'est encore lui qui fera cela " (1Th 5, 24). Trois années se sont écoulées depuis que j'ai posé le pied pour la première fois sur le sol africain. Apporter Jésus partout où l'on va est une grande grâce. Priez pour moi ! J'ai besoin de vos prières pour demeurer fidèle à Jésus tous les jours de ma vie et pour que je n'éteigne jamais l'Esprit : il est l'Âme de la mission.
Né le 13 avril 1968 à Mulhouse, le père Jean-Bernard Courtois est entré au Verbe de Vie en 1992. Ordonné prêtre le 21 octobre 2000, il a prononcé ses voeux définitifs le 9 octobre 2005.





2 Commentaires
Mon père que Dieu en qui tu as mis toute ta vie t'éclaire et te guide tous les jours.
Je suis emerveillé par le témoignage du père JEAN_BERNARD . je suis un jeune ivoirien et je me pose des questions sur ma vie .Qu' est_ce je dois faire de ma vie et ce que le seigneur veut que fasse pour lui , tout cela me tourmente . Je voudrais entré en contact avec le père , s'il vous plait aidez_moi !