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Dieu est tendresse, je ne le savais pas

(Auteurs : Lucie  - Parution F&L n° 223 de Décembre 2003)

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On peut dire que le Seigneur m’a appelée dès mon enfance. Je suis issue d’un milieu calviniste ; pourtant mes parents m’ont inscrite dans une école catholique. Tous les matins avant les cours, nous priions la Vierge Marie. J’aimais ce moment, et c’est ainsi que j’eus une Maman au Ciel. En effet, ma maman, très prise par des obligations sociales, était souvent absente.

C’est Moi que tu reçois
Ce ne fut qu’à l’âge de dix-huit ans que je fis ma première communion. Dans l’Église Réformée de France, le Pasteur exigeait auparavant une formation biblique très poussée. En ce jour du 13 juin 1943, après avoir communié au pain et au vin, quel bouleversement ! On m’avait appris que la communion était une « commémoration » ; or, j’entendis au fond de moi le Seigneur me dire : « C’est Moi que tu reçois. Qui me mange vivra. Ma chair est une nourriture, Mon Sang un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang aura la Vie éternelle ». Je pleurais de joie ! À la fin de la cérémonie, je me rendis auprès de mon Pasteur et lui expliquai ce qui venait de m’arriver. Il me répondit simplement : « Alors, vous êtes catholique. »

Depuis lors, chaque fois que j’entrais dans une église, je la sentais « habitée » ; mon âme se trouvait alors envahie de paix et mon cœur battait très fort.
Je ressentais un appel missionnaire. J’aspirais à une mission soutenue par une vie de prière intense. De plus, j’avais toujours été attirée par les plus pauvres et les plus souffrants, avec le désir de leur manifester l’amour de Dieu. Dans un premier temps, je me renseignai auprès des missionnaires calvinistes ; mais je me rendis compte que cela ne correspondait pas du tout à ce que j’espérais. Trois ans plus tard, je me mariai avec un Administrateur des Colonies. J’étais donc toute désignée pour partir en Afrique, non comme missionnaire mais en tant qu’épouse. Cela me laissait espérer qu’il me serait possible de répondre là-bas à ce que Dieu attendait de moi.
En pleine brousse, au Congo, je  me mis au travail, bénévolement bien sûr. À l’hôpital, je fus affectée à la section « Puériculture – femmes enceintes - nouveaux-nés ». Je préparais les familles à accepter des jumeaux, j’assistais aux opérations, essayant tout simplement d’apporter l’amour de Dieu partout où je me trouvais. Puis, un jour, changement de climat : après le Congo, départ pour le Tchad !

Submergée de bonheur
C’est là que devait se produire un événement capital dans ma vie. Le 24 décembre 1956, nous étions invités chez des amis. Les uns restèrent sur place pour préparer la fête, les autres allèrent à la messe de Minuit. Pour ma part, je me sentis poussée par l’Esprit Saint à me rendre à l’église… une église en terre battue où tout n’était que pauvreté : ni cierges, ni vitraux, ni musique. C’est là pourtant que j’allais trouver la « Présence de Dieu ».

Lorsque arriva le moment de la communion, je suivis les fidèles… Je m’avançais, toute heureuse de recevoir le Seigneur et de m’offrir entièrement à lui. Mais brusquement, la mémoire me revint : je n’avais pas le droit d’aller communier ! Je revins donc à ma place. Qu’importe ! Pouvais-je me laisser troubler par cette privation alors que j’étais submergée par le bonheur de me sentir appelée à la table du Seigneur ? Un bonheur tel que je n’eus pas le courage de retourner chez mes amis pour « faire la fête ». Dans mon âme, il y avait une lumière que je voulais garder dans le silence… Alors je rentrais toute seule chez moi. Le lendemain, le prêtre, responsable de la mission, me fit appeler : « Madame, cette nuit, je vous aurais volontiers donné l’Eucharistie. Vous aviez une telle soif de Dieu ! Il s’est passé quelque chose dans votre âme ! Dieu vous appelle à entrer dans son Église. » C’était là mon chemin de Damas.

Mais avant de franchir le cap, je devais apprendre que, pour suivre le Christ, il me fallait savoir porter ma croix. Dès ce jour, en effet, mon foyer allait traverser des années de souffrances morales, dues à la maladie de mon mari. Je dus donc attendre décembre 1974 pour pouvoir faire le pas décisif : dix-huit années d’attente dans la confiance !

Au moment de mon entrée dans l’Église catholique, le prêtre, qui savait combien j’avais été attirée par le rayonnement de Jésus Eucharistie, me proposa de prendre un autre nom : Lucie, « qui rayonne la présence de Dieu ».

Le tunnel allait-il enfin s’ouvrir sur la lumière ?

En 1975, un pèlerinage extraordinaire devait m’entraîner à Rome et en Israël. Il fut jalonné de grâces quasi ineffables. En voyant les nombreux cars affluer sur les lieux saints, j’étais saisie d’émotion en pensant que l’Église n’avait commencé qu’avec douze Apôtres… Le pèlerinage en Terre sainte me fit toucher du doigt l’amour de Jésus qui s’est manifesté si concrètement par sa venue au milieu de nous… Pour la première fois je découvrais cet abaissement de Jésus par amour, sa compassion. Toute ma relation à Dieu en fut bouleversée. Jésus a vécu dès sa naissance un dépouillement complet : Marie et Joseph n’ont pas trouvé de place à l’hôtellerie. Y a-t-il assez de place dans mon âme pour Lui ? Quelle miséricorde a-t-Il manifestée au Puits de Jacob ! sur le lieu de la flagellation, je pris conscience qu’Il avait vécu tout cela pour moi. Enfin, j’ai découvert le rôle de Marie, elle qui ne s’est jamais prévalue d’être la Mère de Dieu. Cela nous remet dans l’humilité !…

Trouver ma place
Au retour du pèlerinage, j’étais avide de trouver ma place dans l’Église. Dans la soif de « rattraper le temps perdu », je m’inscrivais partout : études bibliques, réflexions doctrinales, catéchuménat d’adultes, chorale religieuse, lectrice de la Parole… Trois fois par semaine, je dirigeais un groupe de prière dans la paroisse. J’avais pris une responsabilité dans le Mouvement de Raoul Follereau pour les lépreux, sur Cannes et sa région. Je me rendais auprès des aveugles pour leur faire la lecture, je visitais des malades isolés à l’hôpital et à domicile… Je m’engageais enfin comme hospitalière dans le pèlerinage du Rosaire à Lourdes. Insensiblement, j’étais tombée dans un activisme que le Seigneur devait purifier par la suite.

Puis, un jour, je fus invitée avec insistance à participer à une veillée organisée par le Foyer marial. Quelques mois plus tard, on m’offrait une retraite à Jouques chez les religieuses bénédictines contemplatives. Cette retraite devait marquer un nouveau tournant décisif dans ma vie spirituelle : je découvris l’importance de la prière, de la rencontre avec Dieu à travers la régularité des offices, du chapelet, de l’oraison. Le Foyer marial m’a donné une discipline spirituelle : je me ressource dans la prière, afin que dans mes journées ce soit vraiment Dieu qui prenne le relais dans toutes les situations que je peux vivre.

C’est également lors de cette retraite que je fis la connaissance de ceux qui me demandèrent par la suite de prendre la relève du Foyer marial comme responsable. Croulant sous mes nombreuses activités, je ne désirais pas en ajouter, et surtout je voulais obéir à mon directeur spirituel, un Carme, qui me l’avait fermement interdit. Néanmoins je lui en parlai, et à ma grande surprise il me répondit « Oui pour le Foyer marial ! » Je demandai tout de même un temps de réflexion et de prière avant de m’engager. Mais plus je me plongeais dans la spiritualité du Foyer marial, plus je comprenais ma vraie place dans l’Église.
Je crois n’avoir manqué qu’une retraite… Elles m’aident tellement à entrer dans une réelle intimité avec Notre Seigneur et la Vierge Marie !

Comme je voudrais, à mon tour, réveiller les âmes, leur faire prendre conscience de l’immense richesse de leur baptême… Leur offrir le cadeau que j’ai reçu et leur faire partager le bonheur d’avoir une vraie Famille spirituelle !

1 Commentaire

koblan make marie odette a écrit le 30.06.2010 12:50 email homepage

oh pere ,je te rende gloire et honneur,pour ma vie,vivre avec toi est le plus beau cadeau ,mon dieu s'il te plait pour ces coeurs qui ne te connaissent pas,par ma voix papa ,montre ns ce chemin veritable qui mene à toi,que nos coeurs sachent t'accueillir afin que reigne ta sincerité dans nos vie,pour nos propre salut,papa ,ouvre ns manieres de te decouvrir,ce monde à soif de ta sainte parole de vie,montre ns ce vrai chemin de verité,pr la gloire de ton nom.JJE VOUS AIME DE TOUT COEUR.

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