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Présence sans pareille

(Auteur: Fr.Bernard de Clairvaux - Parution F&L n° 249 d'Avril 2006)

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Le sourire de Gabriel signe, malgré ses soixante-douze ans, son éternelle jeunesse ! Sa myopathie l’empêche de marcher, le moindre geste lui demande beaucoup d’attention, mais aucune plainte ne transparaît. Tout le monde a des “croix” à porter ; les porter joyeusement ! Ne pas s’enfermer dans la tristesse. Toujours demander cette grâce, dit-il avec la tranquillité, la simplicité et la pointe d’humour qui le caractérisent.

Toujours avenant, il affirme que l’ouverture aux autres, on l’obtient par la prière et les sacrements. Il réfléchit un peu avant de poursuivre : Je suis bien pécheur, mais ma mission, c’est de témoigner de l’amour par ma façon d’être, en respectant chacun dans sa différence. Du monde, il en rencontre beaucoup : les jeunes et moins jeunes, ses vingt-huit petits-neveux, l’aide à domicile et bien d’autres… dont il est souvent le confident. Quels beaux échanges ! s’exclame-t-il en hochant la tête. Gabriel rayonne vraiment mais sans fanfare. Il transpire tout simplement du Saint Esprit par sa paix, sa joie, sa bonté… Et c’est un grand intercesseur : Je crois à la grâce du Seigneur et je prie finalement bien plus pour les autres que pour moi ! Pour ceux qui ont des difficultés, surtout intérieures… À chaque dizaine, je demande à Marie qu’elle sauve au moins une vie.

Gabriel a perdu son épouse, il y a treize ans, mais il avoue en relevant légèrement les sourcils pour nous livrer un regard franc et reconnaissant : Je n’en ai jamais voulu au Seigneur. Ma foi, au contraire, elle a grandi… Il ajoute : Avec mes amis, on chante à l’Esprit Saint avant de prier, pour avoir “l’intelligence du coeur”. Et puis la prière, ce n’est pas une obligation, c’est l’amour… L’amour fraternel, c’est ma force et même peut-être, le maintien de ma santé ! Chez Gabriel, tout s’exprime d’abord par le visage, reflet de son être intérieur et de sa profonde confiance en Dieu. Il constate, lumineux, à la fois rieur et sérieux : C’est le Seigneur qui m’habite… et j’en suis fier !