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Parfum d’Orient

(Auteur: Fabienne Lacoste  - Parution F&L n° 261 de Mai 2007)

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Toute svelte et resplendissante d’accueil et de disponibilité, Pascale parle de son pays, de sa beauté et de ses déchirures. Cette jeune artiste libanaise est une femme décidée et volontaire. Après des études d’art dramatique, elle enseigne actuellement le théâtre aux enfants et aux adolescents. Son rêve ? La mise en scène et l’écriture (dramatique entre autres). Avec ses grands yeux bruns et son sourire dévastateur de limpidité et de simplicité, elle nous confie que ses plans de vie ont été bousculés. Je suis partie à Medjugorje, j’avais besoin de repos. En fait, je ne voulais pas y aller, mais comme j’avais déjà dit oui, j’avais honte de revenir en arrière. Elle s’y est donc rendue, espérant flâner et se reposer. En apprenant qu’elle allait rester trois heures à l’église, elle a failli s’évanouir ! Alors, ne sachant pas où se rendre, elle est allée s’asseoir dos à l’autel. J’étais frappée de voir les gens prier, ils ne se parlaient pas. Je ne comprenais rien de ce qui se passait. Une femme irlandaise chantait et je me suis mise à pleurer… Notre guide nous a dit au même instant : La Vierge apparaît en ce moment. Une porte s’est ouverte dans mon cœur, je me disais : C’est la vérité. Là, j’ai reçu la foi.
Pascale fait tourner son petit dizainier sur son doigt et poursuit son histoire avec tact, discrétion et humilité. Dans son travail, Jésus n’a pas vraiment bonne presse, cependant, elle a un tel désir de vérité qu’elle témoigne de ce que le Seigneur a opéré en elle. La tentation était grande de me cacher, de ne rien dire, mais Jésus est vivant et il faut supporter quelques moqueries... Et puis, après un certain temps, certains reviennent vers moi et me demandent de prier pour eux.
Élevée dans une famille catholique, aller à la messe le dimanche était pour elle davantage un folklore qu’un acte de piété. Rentrée de Bosnie, son entourage a trouvé qu’elle en faisait vraiment trop. Et puis, jour après jour, ils ont vu que la paix et la joie étaient bel et bien enracinées en elle et qu’elle n’était pas là pour leur faire une leçon de morale, oh que non !
Derrière ses lunettes, ses yeux profonds cachent bien des souffrances. Les petites rides qui naissent autour de ses yeux semblent affermir encore sa solidité intérieure. « Le juste poussera comme un palmier, comme un cèdre du Liban, il grandira » (Ps 92,13). Cette phrase résonne dans mon cœur en entendant cette jeune femme si frêle et fragile parler de sa foi avec une humilité et une solidité assez surprenantes. Surtout, ne le lui dites pas ! Mais si vous la rencontrez, priez pour les siens qui traversent des guerres et des difficultés en tout genre. La foi ne déplace-t-elle pas les montagnes ?