/ RENCONTRER DIEU / Portrait / Fioretti d’un ami de la Paix

Fioretti d’un ami de la Paix

(Auteur : Fr Bernard de Clairvaux - Parution F&L n° 275 de Septembre 2008)

abonnez-vous !

La douceur du regard d’Andréas tranche avec son pull rouge rayé noir. Nous sommes chez les Franciscains de Cholet, au cours d’un camp… Très avenant, ce jeune homme de vingt-deux ans est ouvert à chacun. Dans l’une des pièces du monastère, il nous explique d’une voix plutôt basse et posée qu’il va au moins une fois par mois chez les Franciscains car il fait partie d’une Fraternité de jeunes. Il sourit quand on lui demande s’il a toujours été comme ça ! En se calant un peu plus sur sa chaise, il nous dit qu’on l’a laissé libre par rapport à la foi. Son père, non pratiquant, était plutôt un cartésien. Puis il joint ses mains avant de confier : À quinze ans, je prenais déjà du cannabis six fois par jour… Il se met alors à s’exprimer avec les mains pour dire que le témoignage de deux jeunes, un soir à Saint-Jean Espérance (1), l’a complètement bouleversé. Il raconte comme si c’était hier, le regard clair : J’ai compris en les entendant que ce n’était pas un Jésus de “petites histoires” qu’ils vivaient, mais bien une expérience de Dieu, mort et ressuscité pour nous… car il nous aime ! On sent dans son regard combien cette constatation a du poids et qu’elle est entrée profondément dans son cœur. Il ajoute en hochant la tête : Ça m’a donné une bonne claque de conscience ! Depuis ce jour, sa vie est transformée, mais il explique avec simplicité, en haussant un peu les épaules, qu’il lui est arrivé de rechuter et qu’il n’arrivait pas à le dire à frère Daniel (2) qui l’accompagne spirituellement : J’avais honte de moi, de ce mensonge de faire comme si tout allait bien. Il relève le buste et se “rassoit” de nouveau plus confortablement sur sa chaise, avec un sourire de satisfaction, quand il se souvient qu’un samedi, il a réussi à tout dire dans une confession, en pleurant… Aujourd’hui, le visage d’Andréas respire une sérénité propre à ceux qui mettent toute leur confiance en Dieu et qui savent qu’on peut se casser la figure, mais qu’on peut se relever. Toute son attitude témoigne de quelqu’un qui se sait désormais aimé inconditionnellement : de quoi aimer la vie ! Il a passé son BAFA pour pouvoir évangéliser dans des camps chrétiens et il compte, après sa licence en Langues Étrangères, aller vers le commercial. Depuis quatre ans, il va chez les Franciscains : la messe, les enseignements, la louange et les partages le ressourcent. Il s’y donne aussi beaucoup : On reçoit tellement plus que ce qu’on donne. Un véritable cadeau pour moi ! lance-t-il avec un sourire avant d’ajouter : Et mon père fait partie aujourd’hui d’une Fraternité pour adultes !

(1) Œuvre de la communauté St-Jean pour l’accueil de jeunes sortant de la drogue.
(2) Prieur des Franciscains de Cholet.