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Vous auriez dû la voir danser ! Je l’ai vue à la suite de la Veillée Pascale. L’assemblée dansait avec l’icône de la Résurrection. En la regardant, je la voyais remplie de l’Esprit Saint. C’était comme un bain de joie qui inondait, irradiait à travers elle. À chaque fois que je croise son sourire, je repense à cet instant.
Sylvie est une femme sortant de l’ordinaire. Non pas seulement parce qu’elle est très belle, volontaire et fervente mais parce qu’elle a ce petit “je-ne-sais-quoi” qui donne envie de découvrir le mystère de sa joie. Cette mère de famille, entourée de ses huit enfants, vous dira qu’elle est la plus pauvre des mamans et qu’elle trouve sa force auprès de Jésus. Dans le salon, à côté de la cheminée, trône le Bon Pasteur. Je me place devant Jésus et lui dit : Porte-moi, je n’en peux plus. En face se trouve l’oratoire. Sans le cœur à cœur de l’oraison, je ne tiens pas… Tous les jours, la petite troupe prend un temps de louange en famille le matin, un chapelet le soir. La prière fait partie de la vie tout comme la respiration ou le repas. Dans son regard transparaît une force inouïe. Je pensais au départ qu’il s’agissait d’une volonté humaine et d’une grandeur d’âme. En l’écoutant, je réalise qu’il s’agit de la force de l’Esprit Saint. Ce don, elle l’a reçu à travers toutes les épreuves traversées…
Elle vous dira que sa vie est faite de grandes grâces et de grandes souffrances. Souffrance et joie. Les deux ne s’opposent pas mais s’enchevêtrent. Une enfance difficile, des déménagements nombreux, un incendie, des problèmes de santé, le Seigneur la dépouille encore et encore, signe, comme dirait Thérèse de Jésus, de son amitié.
Ils ont également adopté une petite trisomique. Adopter Faustine, c’était de la folie pure. Des tas de gens sont merveilleux, patients, doux et Il m’a choisie moi, la plus pauvre des mamans… C’est la folie de Dieu, la folie de la Croix. C’est un grand mystère. Le Seigneur transforme tout en grâce. Par les enfants, j’apprends à changer, à me convertir, à m’ajuster.
Lorsqu’on lui dit combien elle a une grâce de joie, elle s’étonne et dit : Oh je ne sais pas si je garde le sourire. Je tombe mais je me relève vite. Oui, peut-être, c’est vrai, j’ai une grâce de joie. Je ne peux nier que le Seigneur est là, tous les jours avec moi.
Elle l’a ce “je-ne-sais-quoi”, ce tout petit supplément d’âme, cet indéfinissable charme, cette petite flamme, cette étincelle de vie et de joie, le don de la foi.



