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Bonheur à la suédoise

(Auteur: Fr. Bernard de Clairvaux - Parution F&L n° 265 d'Octobre 2007)

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Atle s’installe tranquillement dans l’un des fauteuils du salon de la famille qui l’héberge. Atle – son prénom vient de la mythologie scandinave – étudie depuis septembre dernier à l’école suédoise de Paris. Il sourit… Son visage respire la simplicité. D’après ses hôtes, ce jeune homme de 17 ans est « toujours content » ! Il semble ne s’embarrasser de rien et ne laisse pas transparaître ses sentiments…

Pourquoi, Suédois, faire ses études à Paris ? C’est bon pour parler une autre langue, dit-il de sa voix grave dans un français déjà correct, mais coloré tout de même d’un fort accent, ce qui ne va pas sans charme avec ses cheveux blonds et ses yeux verts. C’est bon aussi au niveau culturel et pour rencontrer des gens. J’aime ici les vieux immeubles, Notre-Dame, le Sacré-Cœur… et j’adore les musées !

Atle sourit encore en se frottant les mains : Je suis frileux, et j’aime bien m’installer près de la cheminée. Il approche alors la main du feu et prend un bâton de bois creux dans lequel il souffle sur les braises pour ranimer la flamme. Il rit et ses yeux verts se mettent à rire également quand il avoue aimer, ici, les entrecôtes et les pommes de terre.

Plus sérieux, il avoue : I didn’t speak with God (Je ne parlais pas avec Dieu) en alternant ainsi l’anglais et le français. D’origine luthérienne, Atle ne croyait plus à grand-chose en arrivant en France, mais aux funérailles de mon parrain, j’ai vraiment réalisé la présence de Jésus. À Paris, avec un groupe de jeunes, il découvre la Bible et partage avec un pasteur ; il visite les églises orthodoxes et catholiques, les mosquées, les synagogues… Chez moi, beaucoup ne vont pas à la messe, mais ici je me suis posé des questions quand j’ai vu des gens y aller tous les dimanches, et même en semaine ! Je ne pensais pas qu’on pouvait… Il ne s’emporte pas et dit tout cela dans un calme absolu, tout en croisant les mains.

En quelques mois, Atle a fait du chemin car il se rend désormais à la messe luthérienne le dimanche et le mardi : J’ai décidé de me faire baptiser à Pâques dans l’Église luthérienne. Ce jeune homme, mûr pour son âge, sourit encore quand on lui demande ce qu’il désire faire plus tard : Me marier car pour moi, la famille, c’est important. Il ajoute, déterminé : Je veux devenir professeur de golf (pour lequel il excelle) ou pilote d’avion… Façons de se rapprocher du ciel !