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Accroc de l’ado

(Propos recueillis par Sr Marie de la Visitation - Parution F&L n° 291 de Février 2010)

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Pascal se cache derrière ses lunettes de soleil pourtant, dès qu’il les enlève, une étincelle se dégage de ses yeux malgré la distance qu’il tente de garder. Farouche, Pascal l’est assurément. On l’imagine facilement avec une fleur entre les dents… mais ce serait mal le connaître que de le classer ainsi ! Pendant son travail, il lance une blague et analyse de son regard perçant les événements. Pascal en a vu bien plus qu’on ne peut l’imaginer. Si aujourd’hui il aime à se retrousser les manches et à garder sa petite croix de saint François autour du cou, il n’a pas toujours côtoyé ces chrétiens-là. La drogue douce a traîné dans ses neurones pendant des années. Il prônait davantage l’esprit du diable se disant que Jésus c’était pas bon. Un jeune lui a ouvert l’esprit… et, une question a émergé : Á 26 ans je me suis dit : Je suis qui ? Je fais quoi ? Le Seigneur dans sa patience infinie l’attendait. Pascal, lui, gardait précieusement une image d’un Christ couronné d’épines dans son portefeuille où il était inscrit : « J’ai quelque chose à te dire : Je t’aime ». Ce jeune rencontré dans la rue l’a invité à une réunion de prière avec d’autres jeunes. J’ai cheminé, reçu le baptême de l’Esprit, je parlais au Seigneur et lui me répondait. J’avais abouti chez des frères protestants et j’ai signé un chèque en blanc pour le Seigneur. Puis voilà qu’un soir, je me suis retrouvé chez des cathos à un festival pour la Jeunesse. Y’avait l’adoration, je ne savais pas comment ça marchait. Je suis allé voir une fille pour lui demander et elle m’a dit : « Oh c’est maman qui s’occupe d’un groupe d’Adoration ». J’en avais besoin 4-5h le jeudi soir et de fil en aiguille on a ouvert une chapelle d’adoration perpétuelle. Pascal était bel et bien devenu “accroc” de l’adoration, et il en parle avec une telle simplicité qu’elle vous surprend et adoucit le cœur.
Ce n’est pas un hasard si j’ai rencontré Pascal lors du Congrès Eucharistique International au Québec. L’adoration lui a donné des ailes, le sourire aux lèvres, qu’il continue de pincer comme un petit tic du passé. Jésus Hostie a ouvert son cœur et aujourd’hui, il brûle non pas de convertir des masses mais de rencontrer une personne et de lui parler à cœur ouvert. Ce bon cuisinier, québécois et fier de l’être cache en vérité derrière ses lunettes de 007 un regard brûlé par la présence de Celui qui l’a relevé, ressuscité et qui lui révèle des mystères demeurés cachés aux sages et aux intelligents, réservés aux plus petits.