Mary Ann, la voix enchantée
(Propos recueillis par Fr. Bernard de Clairvaux - Parution F&L n° 261 de Mai 2007)
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Mary Ann, danoise, est professeur de chant. Elle nous parle avec simplicité de sa foi... et de sa voix !
Feu et Lumière : Avez-vous toujours eu la vocation de chanter ?
À 5 ans, on remarquait déjà ma voix, mais mes deux sœurs se moquaient de moi : « Tu as une voix comme grand-mère ! » À cause du vibrato… Alors je ne voulais plus chanter ! (Elle sourit en ouvrant de grands yeux bleus.)
Si ce n’est le chant, que désiriez-vous faire plus tard ?
Au même âge, je faisais du piano. J’hésitais franchement entre pianiste ou missionnaire.
Mais alors, le chant ?
J’étais étudiante infirmière et désirais travailler à Médecins sans frontières, mais une sœur un jour m’a dit : « Vous avez une belle voix ; il faut chanter ! » C’est comme ça que j’ai commencé le Conservatoire dans le nord du Danemark.
Comment êtes-vous devenue professeur ?
À la fin des études – j’avais 27 ans –, on avait le choix entre devenir soliste ou pédagogue. J’ai choisi d’entrer dans une classe de pédagogie et de devenir professeur de chant ! Je crois que l’enseignement, c’est un don. J’ai enseigné toute ma vie…
Votre plus beau souvenir ?
(Sans hésiter) Chanter “La flûte enchantée” à la maison d’arrêt de la Santé, à Paris. J’y ai travaillé six ans.
En somme, avec le chant, on s’occupe aussi des autres ?
Oui, le chant concerne le corps, les émotions… Le corps : c’est notre instrument. Ça touche au diaphragme et à des choses profondes… Trouver en soi la justesse… Et avec la voix, on ne peut pas tricher ! Beaucoup me trouve “miraculeuse” (dit-elle avec le charme de son accent danois), mais ce n’est pas moi ! Ce sont les exercices ! Et je suis exigeante !
Dieu dans tout ça ?
J’ai toujours eu la foi. De famille luthérienne, on allait à l’église comme tout le monde. Aujourd’hui, je serais comme Kierkegaard avec une foi toute personnelle… Ici, je vais dans une église catholique ; dans une église protestante, je suis comme une étrangère ! Une amie m’a donné ce petit Enfant Jésus : on ne devrait pas trouver ce genre d’objet chez moi, mais je respecte ce que l’on m’a offert. On peut dire que je suis une fausse protestante… et une fausse catho ! En fait, ma prière, c’est le chant.
Et la Parole de Dieu ?
Je lis la Bible tous les jours (elle pose une Bible en danois sur son piano).
Vous avez un passage préféré ?
(Elle prend sa loupe) Attendez… Voilà ! Ce sont les Proverbes. L’exemple de Jésus aussi : je crois en Lui parce qu’il a souffert. Il sait ce que c’est que d’être abandonné… et la souffrance physique. Il est venu pour donner l’amour, la paix… mais il n’avait pas peur de déranger quand il fallait !
Biographie
Mary Ann
Née à Copenhague en 1944
Études d’infirmière puis Conservatoire de chant
Professeur diplômée d’État
1 fille et 3 petits-enfants
Déménage 14 fois : à Londres, à Lille… et en 1983 à Paris où elle vit depuis 20 ans dans le même appartement !





