Je garde un souvenir émerveillé d’une nuit de Noël. J’avais sept ou huit ans. Nous avions préparé des biscuits pour Noël et on sentait la fête approcher. Je ne sais plus d’où l’idée a jailli, mais nous avons décidé de faire des biscuits un peu plus grands et de les emballer joliment avec un beau nœud. Le 24 décembre, nous étions à Bruxelles pour la messe de Noël. En sortant de la messe, nous étions à l’affût de ceux qui étaient dehors, de ceux qui travaillaient. Nous sommes passés devant le Palais royal. Il y avait deux gardes en plein service. Papa a arrêté la voiture et moi, je me suis approchée du premier garde, lui ai tendu le biscuit et lui ai dit : Joyeux Noël ! Il l’a accepté et on s’est souri. Il faisait froid et moi, j’étais dans une joie indicible. Tous, dans la voiture, nous étions hyper heureux de faire plaisir… On riait et on se racontait nos petites histoires en boucle tout en cherchant dans tous les sens ceux à qui nous pourrions encore donner nos biscuits. La joie du don s’est comme ancrée dans mon cœur ce jour-là. Je garde ce Noël comme un des plus beaux de ma vie.



