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J’avais tellement besoin, tellement besoin qu’on vienne ! Cette femme, opérée du cerveau et à qui je rendais visite à l’hôpital, était sujette depuis longtemps à des angoisses qui l’avaient conduite en psychiatrie. Un moment, la pratique du yoga l’avait beaucoup aidée et elle avait pu vivre dans la paix, jusqu’au jour où on lui découvrit une tumeur cérébrale. L’angoisse reparut, plus violente que jamais ! Que dire ? J’essaie de la rassurer du mieux que je peux, je lui laisse un chapelet et, comme c’est l’heure de la messe, je l’assure que nous prierons pour elle ; ce que nous faisons, bien sûr.
L’aumônière qui va la voir me dira plus tard que cette malade est aujourd’hui dans une paix totale, ayant reçu cette grâce au moment, dit-elle, où nous avons prié pour elle. Quand je l'avais quittée, cette chambre d’hôpital lui faisait peur : tous les objets, l’environnement, semblaient être ennemis. Alors qu’elle était au plus mal, elle était allée chercher le chapelet, rangé dans son placard, et l’avait mis sous son oreiller. Miraculeusement, la chambre a changé, dit-elle. Elle est devenue familière, tout y était amical, différent, j’étais bien. Cela a duré : elle n’a plus jamais été angoissée. Ce fut le début de son chemin de foi, de son retour à la prière et aux sacrements. Elle continue de souffrir dans son corps, mais son moral est bon, et elle affronte les épreuves dans la sérénité et avec le sourire. Aujourd’hui, malgré ses nombreuses rechutes, elle est toujours aussi paisible et rayonnante pour ceux qui vont la voir, bien que l’infirmière considère qu’elle est en fin de vie.



