Janvier 1976, nous dînons en famille. On frappe à la porte. Mon épouse va ouvrir et me dit : Attention, il y a deux hommes sur le balcon et ils ont l’air louche. Je me présente à la porte et les deux intrus foncent sur moi en me disant : « Tu nous donnes deux mille dollars tout de suite, sinon on dévalise toute la maison ! » Or, ce qu’ils ne savaient pas, ces deux pauvres costauds, c’est que je faisais de l’entraînement physique tous les matins : je les ai jetés dehors dans la neige comme des sacs de papier. Ils avaient bu. Voyant la façon dont je les avais empoignés, ils se sont enfuis.
La police est venue et on a découvert que c’était mon beau-frère, âgé de vingt-sept ans, qui avait envoyé ces deux bandits chez moi. Il m’en voulait d’avoir épousé sa sœur car je lui enlevais sa "mère" : sa vraie mère était décédée lorsqu’il avait treize ans.
Un mois plus tard, nous avons participé à des rencontres charismatiques où l’on me disait : Tu dois pardonner à ton beau-frère. J’en étais incapable. On m’a dit : Ce n’est pas toi qui vas pardonner, c’est Jésus. Toi, demande-lui seulement la grâce du pardon. Ce que je fis, dans la foi.
Deux semaines plus tard, on frappa à la porte : c’était mon beau-frère. Ma femme s’enfuit de peur en le voyant. Je lui rappelai l’interdit du juge : il n’avait pas le droit de mettre les pieds dans cette ville pendant trois ans. Mon beau-frère m’a dit : Il y a deux semaines, vers 19h30, tu m’as pardonné ma bêtise. J’ai ressenti dans mon cœur une libération de la haine et de la vengeance que j’avais envers toi. Je viens me réconcilier avec toi.
Il s’est jeté dans mes bras, m’a serré contre lui, il a beaucoup pleuré et je l’ai accueilli comme un frère. Il y eut une grande paix entre nous, qui dure depuis 1976. Il m’appelle régulièrement pour que je l’aide dans son cheminement.



