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Nous avions reçu deux billets d’avion pour Chypre en guise de cadeau pour notre voyage de noces. Une collègue de l’hôpital où nous travaillions à Beyrouth nous conseilla un excellent hôtel à Limassol, tout près de la mer et pas trop cher : l’hôtel Zigzag, rue Zigzag.
À peine débarqués de l’avion, tout enthousiastes, nous demandons au chauffeur de taxi de nous emmener au fameux hôtel. Il nous regarde bizarrement en marmonnant quelques mots en grec. C’est un bâtiment vétuste dans un coin de rue, avec une porte délabrée et grinçante. Surprise – et quelle surprise ! – il s’agit d’une maison close dans toute sa laideur, avec des grosses dames, grossièrement fardées !
Nous rebroussons chemin et nous errons dans les rues sous un soleil de plomb à la recherche d’un hôtel, mais peine perdue, les hôtels sont bondés en ce mois de juillet. Un agent municipal se propose de nous installer provisoirement dans un coin du jardin zoologique, avec comme voisinage une meute de chimpanzés – heureusement en cage. C’en est trop !
Enfin, un gentil couple nous indique l’adresse d’une auberge de jeunesse. Nous crions au miracle, mais là aussi, une autre surprise nous attend : nous devons dormir séparément chacun dans un dortoir – hommes ou femmes. Après deux jours, le responsable du centre nous conseille par compassion d’aller en auto-stop, non loin de là, sur une plage isolée, un coin idéal pour la lune de miel.
Un gros camion nous descend à cet endroit romantique. À peine installés, heureux et triomphants, nous sommes alertés par un bruit assourdissant de véhicules, suivi de voix d’hommes donnant des ordres en grec. Ce sont des militaires venus s’exercer au tir sur les dunes de sable ! Paniqués, nous quittons les lieux en vitesse, non sans oublier nos lunettes de soleil… Nous retournons bredouilles à nos bons dortoirs et à nos chers compagnons.
Le dernier jour, alors que nous devons nous rendre à l’aéroport, une nouvelle "tuile" nous tombe dessus : nous n’avons plus assez d’argent pour prendre un taxi. Nous voilà sur cette autoroute déserte, exaspérés par ce voyage de noces "foutu", nous "engueulant" l’un l’autre. Vraiment, ma femme me sort par tous les côtés, je suis à bout et ne la supporte plus. C’est alors qu’arrive une chose inouïe : je trouve un billet de 20 livres chypriotes sur l’autoroute !
Nous pouvons nous offrir un petit restaurant, prendre un taxi pour l’aéroport, et je sais, depuis lors, que le Seigneur s’occupera de mon mariage.



