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Je viens de l’ouest des États-Unis et de la culture des cow-boys ; représentée non seulement par les chapeaux et les bottes, mais aussi par un esprit individualiste qui veut aller jusqu’au bout de ses rêves.
Ma ville natale, Boulder, se trouve au pied des Montagnes Rocheuses proches de Denver. C’est la capitale de l’escalade, où l’on va de plus en plus haut par ses propres forces. C’est aussi la capitale du New-Age. On croise en ville des sorciers, des religieux de toutes sortes venant d’un peu partout, car cette terre est haute en énergies, étant un ancien territoire indien.
Je viens d’une famille catholique où les valeurs sont très fortes et où la fidélité tient une place importante. Je crois, je sais que le Christ est la Vérité, et qu’il est mon Sauveur et qu’il me donne la Vie éternelle. Quand je pense à ma vie, je me dis que ce que je désire est de vivre la charité et la manifester à ceux qui m’entourent.
Alors, poussé par ces désirs profonds, j’ai commencé des études de philosophie et j’ai cherché à connaître l’Église de plus près. J’ai découvert les écrits de Maritain, Mounier, Levinas, Edith Stein et de notre Saint Père. À travers leurs témoignages personnels, j’ai découvert leur bonheur de croire. Ce bonheur me semblait si grand, si profond et intense, que tout le bonheur que me proposent les disciples du Nouvel Âge ou le bonheur des cow-boys semblait s’évaporer.
Comme le cow-boy qui cherche à conquérir les frontières lointaines, mon âme cherchait le bonheur en dehors de moi-même. J’étais attiré par tout ce qui était différent, nouveau. Je réalisais à travers toutes ces lectures combien, pour le vrai bonheur, il ne suffisait pas simplement de découvrir une nouvelle frontière mais de vivre avec l’autre.
C’était bien cela qui, dès le début, m’attirait : vivre de charité. Là, je comprenais davantage que Dieu est communion de personnes et que j’anticipe ce bonheur du Ciel quand je vis de cet amour avec mes proches ; quand non seulement je le pense, mais l’exprime d’une façon ou d’une autre.
J’ai alors cherché dans l’Église à voir cette communion et cette charité. J’étais présent à beaucoup de choses que proposait mon diocèse. Puis, mon chemin m’a conduit en France, à Paris pour les JMJ. À l’église du Sacré-Coeur de Montmartre, rempli d’émotion, j’ai donné mon coeur au Corps de Jésus qui est l’Église. C’était une évidence, si je voulais vivre un bonheur intense et durable, j’avais besoin du Christ et Il me proposait d’être un des membres de son Corps.
L’année suivante, à Denver, sont arrivées des personnes d’un autre pays et un peu bizarres ! Elles vivaient dans une intimité joyeuse et sincère que je n’avais encore jamais vue. Elles appartenaient à la Communauté des Béatitudes. C’était leur première fondation aux États-Unis. Le Seigneur m’ouvrait de nouvelles frontières au moment où j’avais accepté d’abandonner ma mentalité de cow-boy !
J’ai fait le pas et quelle paix ! Je ne dirai pas que cette forme de vie est plus facile que la vie des cow-boys, pas du tout. À la Communauté, j’ai mille occasions de vivre cette charité à chaque instant : couper le bois, mettre la table, réparer les toilettes… Je continue mon discernement en vue du sacerdoce pour être, non pas seulement membre du Corps, mais pour donner le Corps même du Christ et donner les sacrements. Dieu a de l’humour puisque la Communauté m’a proposé de poursuivre mon discernement communautaire en Italie, lieu de mes ancêtres !…




