Ces derniers temps me reviennent les souvenirs de cet été. Les sessions, les camps avec les jeunes, des lieux pour rencontrer le Christ. Ces moments me paraissent parfois comme irréels. La grâce de Dieu abonde tellement, nous y vivons des moments de bonheur si intense, d'émotions si fortes et surtout de grande communion avec Jésus.
Tout semble possible
J'aime quand l'Esprit Saint se manifeste concrètement à nous, quand nous lui permettons de s'incarner dans notre vie, ces instants où notre foi est si grande que nous acceptons de le laisser agir. Nous n'avons pas peur de cet Amour, de ce Bonheur.
Dans ces moments-là tout nous paraît possible, on veut changer de vie et on peut faire ce choix " ici et maintenant ". Les enjeux sont tellement forts. Je pense aux apôtres qui se sont décidés à prendre la suite de Jésus, cela devait être comme ça : je ne les imagine pas sereins, mais habités par le doute et la peur.
Renoncements difficiles
Ce à quoi il faut renoncer est parfois difficile à digérer. Une fille m'a dit les larmes aux yeux : " je sens que je dois renoncer à voir mes amis, sans ça je n'arriverais pas à arrêter de fumer des joints ". D'autres veulent renoncer à la perversion qu'ils vivent dans leur sexualité ou pardonner à des proches les violences qu'ils ont subies... Il y a un désir de recommencer, de renaître sans nier le passé, mais de reconstruire une vie que l'on veut réussir.
Retour à la maison
Mais comment faire un fois rentré chez soi ? Comment persévérer dans notre foi à la maison, à la fac, à l'école ou au boulot ? C'est bizarre, aujourd'hui tout me pousse à renoncer à cette nouvelle vie que je venais de choisir. Comme si ma vie était plus facile avant, sans remise en question ni volonté de changement... Et pourtant, j'ai souvent ce goût amer dans la bouche, ce goût du retour sur moi, l'amertume de mes culpabilités : j'ai lâché Dieu, je n'ai pas continué… Dieu et son Fils Jésus me manquent.
Dieu m'aime de toute éternité
Ce goût amer ne change rien à l'amour de Dieu. Il m'aime depuis toujours, j'en ai acquis la certitude. Il ne m'aime pas plus aujourd'hui qu'hier. Dès les premiers instants de ma vie, il s'est penché sur moi. " Dès les entrailles de ma mère Il a prononcé mon nom. " (Is 49,1)
Alors pourquoi je ne persévère pas ? Le feu intérieur allumé cet été risque de s'éteindre si je ne le partage pas. Mais alors comment témoigner ? Aime !
Aime !
L'amour tout le monde y pense, tout le monde veut être aimé. Si tu allumes ta radio, tu pourras entendre ces chansons dont les paroles ne manquent pas de forces : " Apprendre à aimer, rien que pour le geste sans vouloir le reste "… " Aimer c'est ce qu'il y a de plus beau "… " Vivre pour celui qu'on aime, aimer et rien attendre en retour " ou encore, " Pour que l'amour qu'on saura se donner nous donne envie d'aimer ". Ces paroles raisonnent évidemment dans le cœur de tous.
Priorité à Dieu
Dieu a ce souci permanent d'Aimer, de t'aimer. "Dieu est amour" (1Jn 4,8)
Pour s'aimer soi-même et pour aimer son prochain, il y a une condition : c'est d'aimer Dieu par-dessus tout. Jésus dit à ses disciples " Préférez-moi à votre père et à votre mère " (cf. Mt 10,37), il ne dit pas ça pour que nous délaissions notre famille mais pour que nous les aimions encore plus. Le préférer c'est le meilleur moyen d'aimer.
À ton avis, pourquoi personne ne s'attaque à sœur Emmanuelle du Caire quand elle passe à la télé? Alors même qu'elle ne cesse de parler de Jésus, on lui rend hommage. Comment veux-tu critiquer quelqu'un qui ne cesse tout au long de sa vie de se donner à l'autre, au plus pauvre ?
" Si je n'ai pas l'amour je ne suis rien. "
Rien, ni personne ne peut rester insensible à l'amour. Nous pouvons rentrer dans ce regard que Dieu pose sur nous, sur nos frères et sœurs, sur nos proches. Bien sûr je ne regarderais jamais l'autre avec autant d'amour que je regarde Dieu, mais je peux toucher du doigt ce souci de Dieu. Le meilleur moyen d'évangéliser, c'est l'amour.
Aime… Alors tu rentreras dans le souci de Dieu, puisque le souci de Dieu, c'est l'amour. Nous pouvons avoir pour les autres le même souci que Dieu à pour nous. C'est ça qui changera nos vies.
Jésus a eu ce souci d'aimer, voilà les clés du royaume, la clé du bonheur.




