La masturbation, petit plaisir ou vrai enfermement ?
(Témoignage recueilli par Fabienne Lacoste - Parution F&L n° 257 de Janvier 2007)
« Tu n’es pas normale. » Cette phrase résonnait en moi. Mon petit ami m’avait lancé ça lors d’une discussion. Nous parlions sexualité et en sommes venus à parler de la masturbation. Je lui ai dit que je n’avais jamais fait “ça” et c’est à ce moment-là que la phrase est sortie comme un coup de massue : « Tu n’es pas normale. » Je ne peux pas dire qu’elle me suivait partout et que je n’arrivais pas à m’en détacher. Non, c’était plus grave : j’y croyais. J’avais une telle confiance en mon ami que son jugement devait être la vérité. Il avait plus d’expérience que moi, était plus âgé, et m’avait affirmé avec certitude que toutes ses sœurs le faisaient. D’autant plus que la masturbation était acceptée chez les garçons, il m’affirmait que c’était pareil pour les filles. Je me disais que je devais être différente.
Accepter d’être différente me convenait, mais pas d’être anormale. Je voulais appartenir à cette “masse” de gens de mon âge - j’en avais vingt. J’avais besoin de reconnaissance, d’amour vrai et j’avais une grande estime de moi. Être anormale, je ne pouvais pas l’accepter… Un soir, je me suis donc lâchée et je me suis donnée du plaisir… J’étais plutôt déçue, c’est vrai. Il n’y avait aucun jeu amoureux, le plaisir pour le plaisir était comme dénué de joie et donc de plaisir. Atteindre une certaine jouissance sans face à face ne me disait rien. Évidemment, je n’en parlai à personne, j’avais honte.
Mon petit ami m’a plaquée et je me suis retrouvée seule. Mon corps s’était habitué à recevoir tendresse et affection… Pour oublier, j’ai réessayé de me donner du plaisir… J’ai été alors prise dans une espèce de tourbillon que je ne dominais absolument pas : j’étais devenue esclave. J’en avais encore plus honte et n’arrivais pas à imaginer une seule personne avec qui j’aurais pu en parler. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à prier et à me tourner vers Dieu.
Un jour, je lui ai dit : Écoute, je ne sais pas ce qui est bien et ce qui est mal, je n’y vois plus clair, toi dis-le moi ! La réponse ne s’est pas faite attendre. J’étais juste "en train" de me donner du plaisir, quand le téléphone s’est mis à sonner… Je n’en revenais pas… Le Seigneur me parlait avec un signe très clair… Si ma surprise était grande qu’il me réponde ainsi, j’étais encore plus impressionnée par le fait qu’il n’attende pas. Cela me donnait l’impression que le sujet revêtait de l’importance pour lui. Cette masturbation n’était donc pas quelque chose d’anodin…
J’ai accepté alors de m’appuyer sur lui. Lorsque je n’en pouvais plus et que mes désirs étaient trop grands, trop forts et puissants, quand je me sentais submergée, je l’appelais, je me tournais vers lui. Je pressentais que ce combat me dépassait complètement. Il m’est arrivé de me fâcher et de crier : « Non, non, non », et puis je pleurais sur mon oreiller en suppliant le Seigneur… J’allais de plus en plus à la messe et mon rythme de prière augmentait. Je pense que c’est là que les choses ont vraiment changé car à ce moment-là, je remplissais mon être intérieur par d’autres images, d’autres pensées, d’autres paroles.
Cette période a été très douloureuse. D’autant plus que je n’osais pas en parler en confession. Je ne savais même pas que je pouvais le faire et que le Seigneur m’y attendait pour m’ôter tout ce poids de mort. Quand j’ai enfin osé y aller, le prêtre qui m’a écouté et absout m’a appris à m’accueillir telle que j’étais et à accepter que Jésus porte tout ce poids. Le fait de savoir que je pouvais me plonger dans cette eau purifiante de la confession m’a délivrée réellement. Mon attention n’était plus focalisée sur mon péché, mais sur l’amour de Jésus. Et un jour, j’ai réalisé que ce péché n’existait plus…





3 Commentaires
Chouette pour toi, moi j'arrive pas à en sortir Masturbation, pornographie, mauvaises pensées, manque d'homme, de chaleur, d'amour alors j'occupe mon corps autrement
Aidez-moi
j'ai toujours eu une sainte horreur des hommes car je me disais qu'ils étaient la cause de toutes les misères des femmes,alors je me donnais du plaisir toute seule en me masturbant.
je me trouvais humilier après chaque séance de masturbation et je voulais m'arrêter mais je n'arrivais pas, jusqu'au jour ou je confiai ce mal à Jésus.Aujourd'hui je vais beaucoup mieux, je guéri lentement mais sûrement avec Jésus et Marie sa mère au contrôle.
je suis fière de savoir que tu as quitté ce cercle vicieux de la masturbation.
je suis moi aussi passé par là mais ma force à été la confession et la ferme volonté de sortir de là.
Dieu nous aime tel que sommes et Il est prêt à nous soutenir quand nous comptons sur lui, alors prend bien soin de toi et à bientôt!