Je me suis converti à dix-huit ans ; mes parents ne pratiquaient pas. Comme c’était la discorde à la maison, adolescent je passais beaucoup de temps dans la rue, avec ma moto, mes copains…
En fait, il y a deux personnes qui ont compté dans ma conversion : mon prof d’italien qui nous parlait de Dieu en classe, et ma petite amie. Elle m’a ouvert à l’amour ; avant elle, pour moi, une fille c’était plutôt un objet !
Un jour, ma mère a commencé à aller à la messe. Elle priait pour moi. Au bout d’un an, elle m’a dit : Emmène-moi à la messe en voiture, ça te fera conduire ! C’est comme ça que j’y suis allé. La messe s’est passée et je m’ennuyais un peu, mais au moment de la consécration, j’ai regardé cette hostie que le prêtre tenait dans ses mains, j’ai fermé les yeux et j’ai commencé à m’ouvrir à l’amour de Dieu. Ma mère m’a poussé du coude : Tu dors ? – Non, je prie.
C’est comme ça que j’ai commencé à aller à la messe tous les dimanches, même lorsque j’avais fait la fête jusqu’à cinq heures du matin ! Un jour, je me suis confessé ; je n’ai pas compris, parce que pendant que je disais mes péchés, le prêtre s’est mis à rire ! C’était pourtant très grave, ce que je lui disais ! Je me demandais pourquoi il riait ; aujourd’hui je comprends qu’il vivait la joie du Père dans la parabole du fils prodigue. Comme pénitence, il m’a demandé de passer un jour dans la joie ! Aujourd’hui encore, c’est ce que j’essaye de vivre tous les jours.
Je continuais à fréquenter ma copine, et un jour elle m’a dit : J’ai le sentiment que tu vas être prêtre. Un dimanche, nous sommes allés à la messe ensemble. En sortant, elle m’a déclaré : Je n’irai plus à la messe avec toi, parce que tu pries tellement, et je te sens très loin de moi… Nous avons fini par nous séparer.
Un copain m’a invité à une conférence sur la chasteté et la pureté. Un jeune témoignait d’avoir fait le choix de la chasteté pendant une période de trois ans. Moi, je n’avais jamais entendu ça avant ! Rien qu’en écoutant cette conférence, j’ai vraiment goûté la joie d’être chaste, alors que concrètement, dans ma vie, je ne le vivais pas ! C’est à partir de ce jour-là que j’ai commencé à chercher à vivre la chasteté tous les jours. Je l’ai vécue à travers un groupe de jeunes sous le patronage de «Pier-Giorgio Frassati», un jeune qui a vécu dans la pureté et la joie. Aujourd’hui, comme religieux, je porte son nom.
Le désir de me donner davantage au Seigneur grandissait dans mon coeur, et en partageant cela avec mon père spirituel, il m’a dit : Et si tu devenais prêtre ? Au début je pensais ne pas en être digne ; et puis le Seigneur a confirmé par des signes : affirmation d’autres personnes, versets bibliques, événements… et ma foi a grandi jusqu’à croire que le Seigneur pouvait me parler d’une manière si simple, par la voix d’un prêtre. J’ai fini par me laisser séduire par Dieu.
J’avais donc reçu l’appel à la vie consacrée par le témoignage de ce jeune, et enfin l’appel au sacerdoce au travers de mon père spirituel.
Un jour, j’ai rencontré une communauté nouvelle : des jeunes qui vivent dans la pauvreté et la prière ! C’était exactement ce que je voulais vivre ! J’y suis entré, et aujourd’hui je suis prêtre, pour ma plus grande joie !
A écouter :
Un prêtre au pays des mafieux, Père Pier-Giorgio, CD1035, Maria Mulitmedia 2007




