Dans la favela, j'ai touché Dieu
(Auteur : Propos recueillis par Valentina Ubbriaco - Parution F&L n° 235 de Janvier 2005)
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Depuis longtemps je désirais employer mes vacances à un projet humanitaire. Cette année, j’ai demandé à partir avec l’association Pan y Paraiso, rattaché à la communauté Jésus Ressuscité. Elle s’occupe des enfants des favelas de Medellin aux plans médical, spirituel et alimentaire.
Avant de partir, j’étais prise par beaucoup de doutes et de peurs : Serai-je capable ? Est-ce de l’orgueil de ma part de vouloir partir, ou bien mon désir de mission est-il authentique ? Ma seule certitude était une petite voix intérieure de l’Esprit. J’ai donc mis tous mes doutes de côté, et j’ai décidé de partir pour un mois.
Juste avant mon départ, les frères et sœurs de la Communauté ont prié pour moi ; j’ai reçu la parole « Ne crains pas, j’ai préparé ton chemin ». Alors… je donne tout au Seigneur ! Je partais avec le désir de faire aussi un voyage ‘‘en moi’’.
Dès que je suis arrivée, je me suis sentie accueillie et aimée. Mais ensuite… très vite Dieu m’a mise à l’épreuve. Je n’ai pas pu travailler avec les enfants. J’ai dû me mettre de côté, m’occuper de toute la bureaucratie de l’association… J’ai pleuré, je me sentais impuissante face à la volonté des autres qui décidaient pour moi sans me consulter, j’ai dû renier mes désirs ; je voulais me donner, et Dieu m’a tout demandé ! J’ai dû vivre la vie quotidienne « normale » des gens qui m’accueillaient… J’ai même pu passer des vacances à Cartaghena au bord de la mer… Mais je ne voulais pas du tout cela !
J’ai quand même pu voir les enfants pendant un samedi et deux dimanches. Tout de suite, en arrivant dans la favela, j’étais entourée d’enfants : cent yeux et cent bras tendus vers moi ! À travers eux, j’ai pu toucher la tendresse de Dieu le Père pour chacun de nous. Les messes étaient un éclat de joie et d’enfants de toutes les races et les âges : ils se serraient, heureux d’être là. Ma raison n’arrivait pas à comprendre comment des enfants maltraités, abusés, affamés pouvaient aimer et sourire aussi librement et fortement !
Ma raison n’arrivait pas à comprendre comment des enfants maltraités, abusés, affamés pouvaient aimer et sourire aussi librement et fortement !
En étant proche de certains d’entre eux, j’ai pu ressentir dans mon cœur leurs peurs, leurs souffrances. Je les serrais alors très fort dans mes bras avec la certitude que c’était Dieu qui les aimait et les bénissait par moi… J’ai donné ce que j’ai pu, ce que je suis, mon rien … Tout moi-même.
C’était vraiment touchant de les voir partager entre eux les bonbons et les gâteaux pour que tout le monde puisse en manger. Ils était tellement contents… Ils nous remerciaient pour tout !… J’ai eu honte de moi-même : alors que j’ai tout ce qu’il me faut et même plus que le nécessaire, je n’arrive quand même pas à sourire, à être heureuse !
J’ai aussi pu vivre aussi à la paroisse du bidonville de merveilleux moments de prière. Une fois encore, c’était étonnant de voir des personnes sans travail, ni logement, ni nourriture, avec un vécu de violence, etc. réunis pour louer, sans se plaindre ni demander ceci ou cela… Rien que la joie de la rencontre avec Dieu !
Cela m’a profondément touchée et guérie… C’était une expérience de Dieu très forte. Il se fait présent dans les pauvres. Ce voyage a été pour moi un bain d’amour.
Quand je suis rentrée chez moi, en Italie, Dieu m’attendait … le voyage pour Lui n’était pas fini… J’ai constaté que pendant ce mois, Il a calmé et soumis mes rebellions, ma peur de Le laisser faire, ma peur qu’Il m’enlève ma liberté. Le fait de me sentir impuissante face à mon emploi du temps et d’être obligée de me soumettre aux autres m’a changée ! Il m’a aussi comblée de Son Amour à travers les enfants, les plus pauvres et les plus faibles.
C’est maintenant que mon voyage commence vraiment : le voyage de ma conversion à Dieu, de mon cœur qui s’ouvre à lui, aux autres et à leur amour pour moi !!!




