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Un jour, ma mère m’a dit : Ne demande pas à Dieu qu’il fasse ce que tu veux ; remets plutôt ta vie entre ses mains, pour que ce soit lui qui te conduise. J’ai retenu ces paroles et j’adressais parfois cette prière à Dieu, sans beaucoup de ferveur. Mais Dieu est tellement bon qu’il m’a écoutée !
Il y a deux ans, je me suis complètement éloignée de la foi. Me confesser ? Ça ne servait à rien. Prier ? Quelle corvée ! M’intéresser à ma religion ? Je préférais lire un bon livre de finances ou de management. Le Carême ? Ça commençait quand ?… Chaque jour je m’éloignais davantage de Dieu.
Pendant un an, j’ai pensé qu’il n’était qu’une invention humaine, qu’après la mort il n’y avait rien. Je me disais toujours catholique mais pour moi les enseignements de l’Église étaient dépassés et machistes. Je croyais plutôt au féminisme. Pourtant, la nuit, je me réveillais, angoissée. C’était comme si Dieu me parlait à travers ma conscience. J’avais peur de la mort, pas physique, mais de celle de mon âme : qu’allait-il lui arriver ? Quelque part, je sentais que cela “préoccupait” beaucoup Dieu. Mais dès le matin, le monde faisait taire cette voix.
Je ne saurais pas dire à quelle date les choses ont changé. Je sais seulement que Dieu m’a prise sur ses épaules et a comblé le ravin qui me séparait de lui. Je ne sais comment, et je crois que seul un regard de foi peut l’expliquer, je me suis retrouvée, pendant la semaine sainte, à participer à une mission sur la paroisse de Notre-Dame de Guadalupe.
Le dimanche de Pâques, j’avais en main une feuille sur laquelle était écrite une consécration à la Vierge ; ceux qui la faisaient “officiellement” entraient dans le mouvement des Aguilas Guadalupanas (“Aigles de Guadalupe”). J’ai commencé à la lire mais je ne suis pas allée jusqu’au bout. Je trouvais ces promesses exagérées. Je me suis arrêtée au troisième paragraphe, celui dans lequel on promet de me consacrer à la Vierge pour servir notre famille et notre pays. Là encore, Jésus et Marie m’ont entendue et comblée au-delà de mes espérances.
Cinq mois se sont passés. Je sentais grandir dans mon cœur une immense soif de Dieu, et un amour fou pour l’Église : je remerciais Jésus de l’avoir fondée et de me donner des prêtres et des consacrés pour prendre soin de mon âme. En même temps je découvrais combien les valeurs que je m’étais forgées était pleines d’orgueil et d’égoïsme, et cette découverte sur moi-même me faisait souffrir ; pourtant, j’expérimentais la plus grande paix que j’aie jamais connue. J’ai désiré être un instrument de Dieu pour les autres, et j’ai compris qu’il m’invitait à terminer la consécration commencée un an auparavant.
J’ai donc rejoint les Aguilas Guadalupanas. Je n’en revenais pas de voir des jeunes qui, au lieu de regarder la télé ou de s’amuser avec leurs amis, venaient là par amour pour Dieu et pour l’Église ! J’étais encore assez rebelle, et la façon dont ils se donnaient a été vraiment un moteur pour moi ! Pendant nos missions, je voyais des gens arrêter de fréquenter des sectes et se tourner vers Jésus.
J’ai compris que l’image de Notre-Dame de Guadalupe n’est pas une simple peinture, c’est vraiment ma Mère du Ciel qui a voulu rester au milieu de nous, les Mexicains.Mon âme continue à se transformer, et si parfois je marche à reculons, je reste sûre d’être dans les mains de Dieu. Je ne connais pas le chemin, mais je sais qu’il finira dans le face-à-face avec Lui !




