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L’arc-en-ciel

(Auteur : Karen - Parution F&L n° 226 de Mars 2004)

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Karen est originaire de Manille, aux Philippines. Elle nous témoigne combien Dieu est un Ami proche, à travers tous les événements de sa vie. Dans les moments les plus doux comme dans les temps plus difficiles.

J’ai grandi dans une famille pauvre mais heureuse. Nous mangions tous ensemble, assis seulement sur le sol, lequel nous servait aussi bien de table que de lit. Nous partagions histoires et rires. Ma vie était vibrante et pleine de couleurs. Chaque couleur représentait une part de ma vie - une couleur plus ou moins gaie – où le nom de Jésus était présent.

Ma mère m’a enseigné dès mon jeune âge que Dieu était Amour et qu’il m’aimait. J’ai gardé cet enseignement dans mon cœur et dans mon intelligence. Comme les années passaient, les couleurs dans ma vie devenaient plus vives, étincelantes, se transformant en un arc-en-ciel. Je pensais que celui-ci était la manière de Dieu de me montrer son Amour. J’avais tort car des temps survinrent où Il se cacha derrière des nuages sombres annonçant l’arrivée d’un orage.

J’avais 5 ans lorsque mon père mourut. Notre famille unie commença à se désintégrer. Le revenu de ma mère comme lingère était insuffisant. Elle décida de partir comme domestique à l’étranger pour gagner suffisamment d’argent et nous permettre de poursuivre nos études. Cette situation devint vite insupportable. Je me sentais privée de l’amour de mes parents. Ma mère nous confia à notre grand-mère. Sa présence me remplit d’espérance. Je retrouvais cet arc-en-ciel harmonieux, symbole de la vie pour moi. Cela ne dura que peu de temps. Les médecins lui diagnostiquèrent un cancer et, à notre grand désarroi, elle mourut très rapidement. Ma mère rentra au pays pour son enterrement. Je pensais qu’elle allait rester à nos côtés. J’avais tort. Selon elle, elle devait nous quitter et continuer à travailler pour payer nos études.

Même si cela ne la ravit pas, elle n’eut pas le choix et nous confia à nos grands-parents paternels. Je découvris un monde de disputes et de railleries où l’on ne vivait que pour l’argent. Nous devions suivre à la lettre tous les ordres donnés, au risque d’être battus. Nous vivions sous le régime de la peur. Un jour, mon oncle me battit. Après cet incident, je commençais à me demander pourquoi Dieu m’enlevait toutes les personnes qui m’aimaient.
Les années passaient et notre cohabitation avec notre grand-père devenait insupportable. Nous avions perdu tout contact avec notre mère qui ne nous envoyait même plus d’aide financière. Chaque jour, nous recevions insultes et coups jusqu’au moment où ils nous renvoyèrent. Mes trois frères et sœurs et moi-même n’avions plus d’adresse où nous rendre. Je fis confiance à Dieu pour nous guider parce que je savais qu’Il m’aimait. C’est là que j’ai compris que le Seigneur prenait réellement soin de nous.  Nous avons rencontré les membres d’une O.N.G. qui nous accueillirent avec joie.

Quelque temps plus tard, notre grand-père nous retrouva. Mes deux frères cadets repartirent avec lui, ma sœur aînée allant vivre avec mon oncle maternel. Je restais vivre dans cette maison d’accueil. Je vivais en paix tout en supportant mal le fait d’être séparée de mes frères et sœurs. Petit à petit, les couleurs de l’arc-en-ciel de ma vie redevenaient vives.

Aujourd’hui, je continue de rassembler et d’unifier tous ces moments de ma vie pour qu’elle redevienne pleine de couleurs. Je sais que toutes ces difficultés pendant mon enfance ont fortifié ma foi en Dieu et ma persévérance. Ma famille n’est toujours pas unie. Ma mère travaille toujours à Hong Kong comme domestique et elle se cache. Voilà  neuf ans que nous ne l’avons pas revue. Je garde pourtant ma famille comme une bénédiction de Dieu. Le Seigneur est venu me toucher avec son amour aussi bien durant les périodes sombres que les périodes calmes de ma vie. Je souhaite annoncer à tout le monde l’Amour de Dieu : celui d’un père et d’un ami.