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D’un bond, le rejoindre…

(Auteur : Propos recueillis par frère Jean-Baptiste - Parution F&L n° 275 de Septembre 2008)

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Née au sein d’une famille catholique pratiquante, je fus le « poison charmant » de mes parents jusqu’à l’âge de 5 ans. Je vécus alors la difficile épreuve de perdre un petit frère. Sans en avoir connaissance et, inconsciemment, cela m’affecta profondément ; la joie et les sourires qui m’habitaient s’atténuaient au fil des ans.

À 15 ans, je ne trouvais plus grand intérêt à la vie que je portais comme un fardeau : mes résultats scolaires devenaient déplorables, mes amitiés perturbées et j’étais en révolte contre mes parents. J’étais envahie par la peur, le doute, l’égoïsme et honteuse de ce que j’étais.

En 1986, lors d’un camp à la communauté des Béatitudes de Nay, Dieu vint me visiter, de façon particulière, pendant l’Eucharistie. Il fit couler sur moi l’onction de son amour, et la joie reçue ne laissa guère mes parents indifférents lors de mon retour. Mais en paroisse, je retombai bien vite : peurs, jalousies, dégoût de la vie revenaient aussitôt à la charge. Pourtant, la flamme, si petite, demeurait présente… J’aspirais à le rencontrer. Dieu existait, je le savais, mais cela restait au niveau cérébral. Alors je lui demandai de venir faire fondre mon cœur.

En 1999, je connus une seconde épreuve ; alors que nous étions mariés depuis 2 ans avec le grand désir de voir notre foyer avec beaucoup d’enfants… le premier, tant désiré, n’arrivait pas. J’étais au bout de mes forces. La très Sainte Vierge me prit par la main : j’étais abandonnée, elle me conduisit.

La nuit du 31 décembre 1999, à Nouan-le-Fuzelier, une sensation étrange m’appela à me lever et à venir à l’église devant le Saint Sacrement (exposé toute la nuit). Les deux premières fois, je refusais, prétextant qu’il était l’heure de dormir ! Mais plus les minutes passaient, plus l’excitation montait en mon cœur. Puis cette parole : « Viens, je t’attends », résonna en moi. Je me dis alors : « Et si c’était Mon Bien-Aimé »… D’un bond, je m’empressai alors de le rejoindre à l’église. Je n’avais encore rien vu et j’étais bien loin de m’imaginer ce qui m’attendait. Là, dans le silence de la nuit (deux heures du matin), en pleine Sologne, Dieu est venu me dire : « Tu es mon enfant bien-aimée, dès avant le sein de ta mère, je te connaissais, par l’onction, je t’ai consacrée. » Je me suis jetée dans ses bras. Mon cœur brûlait à la douceur de ses baisers. Mes peurs, la honte, tout en moi tombait, laissant place à un jaillissement de vie. J’étais libre. Je Lui donnais toute ma vie, mon âme, mon corps et tout ce qui m’appartenait. À cet instant, rien ne pouvait plus être comme avant.

Aujourd’hui, la joie et la paix de Sa Présence m’habitent. Mon seul désir : surtout ne pas me taire mais partager ce trésor afin que d’autres, là où ils en sont, soient touchés par l’Amour de Dieu. Consciente de ma faiblesse, je Lui demande chaque jour de me donner la grâce de Le servir. Et notre Père, plein de bontés, me donne, à travers la lecture de la Parole, une participation généreuse aux sacrements de réconciliation et à l’Eucharistie, de voir sa Gloire à l’œuvre dans ce monde si douloureusement en quête de fraternité et de paix.

En paroisse, j’aide les jeunes qui se préparent à recevoir le sacrement de la confirmation. Engagée pour la vie, j’anime des soirées-débats pour des jeunes filles de 15 ans et forme avec mon époux des couples aux méthodes de régulation naturelle des naissances. Dans le cadre de mon activité professionnelle, j’écoute, guide, réconforte ceux et celles que Dieu met sur mon chemin. En famille, j’essaie d’être accueillante et prie avec mon époux aux intentions qui nous sont confiées.

Mon truc… chaque matin, je dis : « OUI, SEIGNEUR, ta Volonté tout au long de ce jour », merci pour la Vie et nous renouvelons notre sacrement de mariage. Merci, Jésus.