Au Brésil, une piscine pour renaître
(Auteur : Sr Marie de la Visitation - Parution F&L n° 266 de Novembre 2007)
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Il y a une piscine, un petit lac, un réservoir, un vivier de poissons. Nous longeons quelques bâtiments et sommes attendus par tout un groupe de jeunes. Les jeunes nous invitent à prendre place. Nous écoutons alors chacun nous raconter comment il est arrivé ici.
Je m’appelle Cendro. J’ai cherché ce projet “jeunes d’Israël” car je savais que je pouvais trouver ici un traitement et une thérapie adéquats. Je suis fortifié physiquement et spirituellement mais je sais que l’on ne guérit jamais complètement de la drogue. J’ai toujours eu la foi, même quand je prenais de la drogue, je priais en disant : « Seigneur, il n’y a que Toi qui peut m’aider. » Aujourd’hui, je me sens fort pour lutter parce qu’avant, je ne m’aimais pas…
Deux psychologues vivent là, entourés aussi de missionnaires, personnes engagées dans la communauté Shalom. Entre les séances de thérapie de groupe, thérapie personnelle, thérapie par le travail de la terre, le travail des mains, la piscine leur permet aussi de dépenser leur énergie. Il faut nager beaucoup pour être bien dans son corps et reprendre pied dans la vie !
Je m’appelle Voyzege, j’ai 26 ans. Je suis entré dans la drogue par curiosité. J’avais un travail mais j’essayais de remplir le vide qui était en moi à travers la drogue. Mes jours de congé, je m’enfonçais davantage et j’ai perdu le contrôle. En moi, il y avait une volonté de mieux connaître Dieu ; je savais que Dieu viendrait remplir ce vide que j’avais en moi.
La première personne à qui j’ai demandé de l’aide, c’est ma mère. Elle connaissait cette maison : « Il faut que tu ailles là-bas car ils traitent les gens avec la Parole de Dieu et pas avec les médicaments. » Je suis ici depuis trois mois, j’ai été baptisé dernièrement. Je ne savais pas qu’il y avait des gens qui donnent simplement par amour et cela m’a fait beaucoup grandir. Je veux devenir une personne qui connaît bien la Bible et qui, dans sa vie, peut aider les autres parce que rien n’est petit quand l’amour est grand.
Chaque matin, le Saint Sacrement est exposé dans la chapelle. L’adoration, obligatoire, fait partie du traitement. Au début, les jeunes restent dix ou quinze minutes puis le temps leur semble moins long et ils restent une demi-heure. La journée est aussi rythmée par la messe et un groupe de prière qui se réunit chaque jour ! Petit à petit, les jeunes lisent la Bible. Au Brésil, parler de Dieu au sein d’une thérapie est naturel.
Bonjour, je m’appelle Everaldo, j’ai 19 ans. Je suis entré dans le monde de la drogue par curiosité mais après, je me suis rendu compte que la drogue ne me menait pas à une vie bonne. Un jour, j’ai prié le Seigneur de m’aider et Dieu m’a exaucé. J’ai fini mon traitement et j’ai décidé de rester comme bénévole pour un an, afin d’aider les autres et d’étudier. Je remercie le Seigneur pour ma vie et pour les gens qui m’aident et qui sont très patients avec nous.
Thérèse, psychologue, travaille depuis quinze ans avec ces jeunes. Je réfléchissais sur leur mission dans ce monde. Es-tu né pour utiliser de la drogue ? Vas-tu dire à ton enfant : « Ma profession est d’être toxicomane » ? Alors je disais à chacun : « C’est trop peu par rapport à la richesse que tu as en toi. » J’ai beaucoup d’admiration pour chacun d’entre eux. Elle les regarde avec tendresse et un brin de fierté. Beaucoup de respect se dégage des regards qui se croisent.
Bonjour, je m’appelle Esteve Rafael. La drogue m’a fait abandonner mon travail et mes études. J’étais toujours déprimé, angoissé, alors j’ai décidé de changer de vie, j’ai demandé l’aide de ma famille, ils m’ont indiqué cette maison. Et ici, le Seigneur fait un changement énorme dans ma vie. Aujourd’hui, je suis plus heureux que dehors, je connais l’amour de Dieu et je sais où est mon bonheur.
Ils sont une quinzaine à prendre la parole. Certains osent regarder les autres dans les yeux, d’autres sont mal à l’aise. Tous cependant sont unis, soudés. Dieu est à l’œuvre, c’est certain ! Cela se voit ! Cette amitié est le fer de lance de leur victoire sur cet enfer de solitude qu’ils ont vécu dans la drogue. Ces jeunes ressemblent à des poteaux indicateurs qui nous montrent combien Dieu est à l’œuvre. Qui veut plonger dans cette piscine ?




