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Amélie ou le choix de la vie

(Auteur : Sr Cécile - Parution F&L n° 256 de Décembre 2006)

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Tu es lâche, tu n'arrives même pas à te tuer. Je voulais sauter par la fenêtre, mais quelque chose - aujourd'hui, je pense que c'était Dieu - m'en empêchait.

Je traînais depuis longtemps ce problème de ne pas me sentir aimable. Aux JMJ 2002, à Denver, j'avais pourtant fait la rencontre de l'amour de Dieu à travers un prêtre, que j'avais vu dans une église en train de confesser. J'étais en colère après lui : Mais est-ce que ça le regarde, ce que cette fille lui dit ? Je suis allée vers lui pour "l'engueuler". Finalement, je lui ai juste dit que je voulais seulement parler, sans me confesser… J'ai fini par lui raconter plein de choses. À la fin, il m'a dit : " Tu vois, là, tu viens de te confesser. Je vais te donner l'absolution. " Je me suis sentie regardée avec amour ; il représentait pour moi l'amour de Dieu. En rentrant des JMJ, je savais que Dieu existait. Ce prêtre est devenu mon père spirituel.

L'année suivante, je suis allée cinq mois en Angleterre. Ce fut horrible : j'était seule dans une chambre d'étudiant, je m'occupais d'enfants et j'étudiais par correspondance. Je n'avais personne à qui parler, mon père spirituel était loin, je me sentais abandonnée…

Un an après, en France, j'ai logé dans un foyer d'étudiants. J'avais des pensées de mort, je me suis mise à traîner, à sortir en boîte, à embrasser n'importe quel garçon… J'envoyais des mails à mon "père spi" qui habitait en Italie, mais il ne me répondait pas ; je me disais : Normal, Dieu ne peut pas m'aimer. C'est cette année-là que j'ai voulu me jeter par la fenêtre… Ma mère m'a invitée à aller voir une psychologue catho ; cela m'a aidée à prendre conscience de certaines choses.

Un jour, un frère des "Béats" que j'avais connu aux JMJ de Cologne m'invite à aller à " Embrase nos cœurs ". Le jeudi et le vendredi, impossible pour moi de prier : Dieu ne m'aime pas, ce n'est pas possible. Le samedi, tout le monde louait, riait, dansait ; moi, je restais le plus derrière possible. Le prêtre est venu vers moi et m'a dit : Dieu veut de grandes choses pour toi, ouvre-toi. Il m'a tendu la main. Je n'ai pas voulu la prendre. J'en voulais au Seigneur, car il ne m'aimait pas. La nuit de samedi à dimanche était une nuit de prière ; je suis allée dormir. Le dimanche matin à la messe, j'ai vu Camille, cette fille qui avait témoigné. Je la trouvais vraiment belle, elle avait un tel regard !… Je me suis dit : Je voudrais avoir ses yeux. Elle avait dit qu'elle recevait l'amour de Jésus en regardant la Croix ; j'ai pensé que ça allait peut-être marcher pour moi aussi, alors j'ai regardé la Croix et pendant toute la messe, j'ai dit : Seigneur, je te donne toute ma vie.

Soudain, j'avais l'impression que toutes les prières étaient pour moi. Il y a eu une parole : " Tu as du prix à mes yeux et je t'aime. " J'ai pleuré et je sentais que le Seigneur m'attendait depuis longtemps. Dieu me demandait pardon ! Moi aussi, je lui ai demandé pardon d'avoir refusé son invitation à travers la main tendue du prêtre…

Au retour du week-end, je me revois dans la rue avec mon sac à dos, à nouveau hyper-nostalgique : Ça y est, c'est fini. Je portais un polo "Pray station" et je me suis dit : Eh ! Ça ne colle pas avec la tête que tu fais ! Bonjour le témoignage ! Alors je me suis rappelé une phrase du livre Jade et les sacrés mystères de la vie : " Tu penses qu'il est difficile de sourire quand on est malheureux ; il est encore plus difficile d'être malheureux quand on sourit ! " J'ai commencé à sourire… et j'ai été dans une joie incroyable ! Le soir, en allant me coucher, je riais de joie dans mon lit ! Aujourd'hui, plusieurs mois après, je peux dire que cette joie ne m'a plus quittée. J'ai envie de témoigner tout le temps des merveilles que le Seigneur a faites pour moi !