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La danse des pinceaux

(Auteur: Fr. Bernard de Clairvaux - Parution F&L n° 273 de Juin 2008)

1950 : née à Paris ; mère française, père vietnamien ; l’aînée de 5 enfants
1974 : maîtrise d’Histoire de l’Art ; entre aux Beaux-Arts
1979 : diplôme d’infirmière
1989 : mariée à Jean-Marc Geslin ; 4 enfants
1991 : débute l’iconographie
2002 : travaille à la « Rose des Vent » (2)
Expose en 2005 sur l’Asie à Amiens (se remet à l’aquarelle), en 2008 à Roye

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L’itinéraire de Marie-Madeleine est varié, marqué par une curiosité et une sensibilité tous azimuts : peinture, danse, chant… L’artiste multiplie les expériences avec un regard résolument positif sur le cadeau de la vie.

L’eau et le feu…
Marie-Madeleine travaille dans son grenier ou dehors : J’aime peindre dans la nature, passer une heure ou deux et exprimer la joie du moment. Elle peint depuis toujours : Ma grand-mère, chez qui j’habitais, m’encourageait en me faisant reproduire des œuvres connues. Nous habitions Paris et elle m’emmenait souvent au Louvre… La nature, les saisons sont ses sujets favoris, mais aussi tout ce qui touche au corps. Nous pouvons contempler ci-contre une aquarelle intitulée « Jaillissement » tirée d’une série consacrée à la danse (1). Nous sommes frappés par la force et la simplicité de cette œuvre, par son dynamisme, ses couleurs : J’ai beaucoup travaillé le geste, le mouvement et j’ai toujours porté en moi l’expression corporelle. Aux Beaux-Arts déjà, Marie-Madeleine travaillait sur des modèles vivants, sur la saisie du mouvement de danseurs… La série actuelle, sur la danse, est née en janvier 2007. On ne crée pas “ex nihilo” ; j’aime contempler des livres d’art, explique l’artiste. Un jour, je fus frappée par un tableau de Matisse sur la danse, ses couleurs pures, denses, contrastées… Ce fut le déclic : Marie-Madeleine se mit à peindre durant une semaine sur la danse, un tableau par jour ! Je voulais des corps libres, sans vêtements, qui traduisent vraiment l’âme ; des corps habités par le feu intérieur… L’artiste parle de cette flamme éveillée par notre baptême avec sa grâce sacerdotale, prophétique et royale… Cette aquarelle nous met en présence d’une femme et d’un homme. C’est l’image d’une unité (qui part du bas du tableau), mais aussi d’une ouverture : L’homme et la femme s’ouvrent vers l’Autre et vers les autres… Marie-Madeleine, chrétienne, ne cache pas l’allusion au jaillissement de la vie qu’est la Résurrection. Elle évoque aussi le mot hébreu Shalom qui veut dire « Paix ». La paix n’est pas statique, une simple absence de conflits, mais un perpétuel équilibre entre le feu (Shin) et l’eau (Maïm). Ces derniers sont mis “en balance” dans le mot Shalom, de part et d’autre de la lettre L (Lamed) qui forme comme le couteau de cette balance. L’eau et le feu sont signifiés par la présence du bleu et du jaune. Cette aquarelle nous montre combien la paix est le fruit d’un désir vigoureux !

Communion…
Dans les années 1970-75, alors étudiante en Histoire de l’art, Marie-Madeleine apprenait déjà la danse indienne. Elle connaît bien également les danses d’Israël. Marie-Madeleine ne garde pas tous ces trésors pour elle, mais organise par exemple des stages de danses d’Israël. Elle anime aussi des journées de dessin et d’aquarelle auprès d’enfants, d’adultes ou de personnes âgées. Elle accompagne des personnes au sein d’une “activité danse” à la « Rose des Vents » (2) avec l’intervention du chorégraphe Pascal Giordano : C'est une immense source de joie pour les personnes que j'accompagne et pour moi. L’aquarelle ci-dessus est une invitation : « Dansons ensemble » ! C’est une ronde qui traduit une harmonie, un “vivre ensemble”, une communion par la danse : Il y a un lien entre les personnes… par le geste mais aussi la dimension de la musique, du chant… Cette aquarelle est comme une préfiguration du Royaume. Le vert représente la terre, mais il est de petites proportions par rapport au bleu du ciel : La terre passera… Mais elle est belle ! Il ne faut pas la négliger. Les danseurs, légers, ne sont pas en contact avec le sol car l’âme trouve sa plénitude, comme déjà au ciel. La peinture de Marie-Madeleine est célébration, et l’artiste projette dans ses prochaines œuvres d’approfondir le travail de la couleur et la dimension du chant…

(1) Parmi 30 tableaux exposés en janv./fév. 2008 au centre socioculturel et musée local de Roye.
(2) La « Rose des Vents » accueille des personnes ayant un handicap mental (12 Gde Rue, Verpillères, 80700 Roye) ; voir l’article sur les « Créacœurs », F&L n° 263, Juill-Août 2007.
Pour joindre l’artiste : Marie-Madeleine Lan Geslin-Nguyên, 2 rue Pasteur, 80700 ROYE.