1942 : née à Issenheim (Alsace), mère est artiste-peintre
1962 : Beaux-Arts à Paris
8/12/1970 : retour à la foi
Séjour à Jérusalem ; Licence de théologie à Fribourg
1975 : Nord (France) avec des théologiens animés par l'évangélisation
1980 : naissance de l’IFAC (2)
Actuellement ermite près de la Trappe du Mont des Cats
2008 : illustre le calendrier du 49e Congrès Eucharistique International, Canada (3)
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L’artiste nous accueille dans son ermitage avec son chien, berger hongrois aux longs poils “rasta” ! Elle s’est laissé façonner par l’Esprit : un caractère entier devenu docile aux événements tout en portant cette sorte d’autorité reçue d’un Autre… La grande nouvelle, c’est que cet Autre – qui est Amour – s’est rendu visible, n’a pas fait semblant de nous aimer, allant jusqu’au bout du partage de notre humanité.
L’unique modèle
Le rappel ci-dessus est important. Françoise, vierge consacrée, n’aurait jamais peint ce qu’elle peint aujourd’hui si elle n’avait rencontré la réalité de l’Incarnation du Christ, d’un Dieu à Visage humain qui nous livre son Esprit pour que nous puissions approfondir et proclamer ses mystères… Le parcours de l’artiste en témoigne (1). Elle vécut enfant avec Matisse, Chagall, Picasso, et rencontra Cocteau, Sartre, Malraux… Elle travailla dans un atelier d’artistes où l’on affichait pour devise la question : « Qu’est-ce qu’on fait dans l’immédiat ? » L’artiste suit l’évolution de l’art et de ses errances ; un art devenu son propre objet, au risque de sombrer dans un vertige ou d’aboutir à des constructions toutes cérébrales… Pour Françoise, l’art en est venu à des signes souvent vides de sens, plutôt que de dire l’invisible avec les lois de la représentation visible. L’unique modèle pour l’ermite – au sens fort où le signe devient efficace ! – est devenu le Christ. Françoise, pétrie d’exégèse et de patristique, vécut à Jérusalem et étudia à Fribourg où le cardinal Journet l’encourage dans sa nouvelle expression figurative : Pourquoi effacez-vous toujours ? Vous attentez à l’Esprit ! Marthe Robin lui avait déjà dit : L’art, c’est l’Esprit Saint, et on ne le laisse plus s’exprimer.
Une prédication visuelle
Françoise va alors se lancer dans l’aventure de l’IFAC qui forme des adultes à l’aide d’outils audiovisuels (2). Elle réalise ce qu’elle appelle des “fresques théologiques” qui expriment le mystère chrétien depuis ses racines dans l'Ancien Testament jusqu'à sa célébration dans l'Église. Nous en avons ci-contre un bel exemple avec cette “Ascension-Pentecôte”. Il est impossible de donner ici tout l’enseignement se rapportant à la richesse de cette fresque. Ascension et Pentecôte : deux volets d’un même mystère. Les apôtres voient Jésus “enlevé” au ciel comme le nouvel Élie leur promettant l’Esprit. Ils recevront, comme Élisée, une double part de l’Esprit qui leur permettra de poursuivre le ministère de Jésus. Dans une “dynamique ascendante”, la moitié gauche montre des regards levés vers Jésus et vers les anges. Dans la moitié droite, la perspective s’inverse, du ciel vers la terre. La Pentecôte juive est la fête du don de la Torah, Loi écrite sur deux tables (en haut) ramenées du mont Sinaï par Moïse. La “nouvelle Torah” est donnée ici, également dans le feu, mais il s’agit cette fois du feu de l’Esprit du Christ. Ce n’est plus seulement une Parole gravée dans la pierre, venue du Père (symbolisé en haut du tableau par une main), mais c’est le don d’une Parole faite chair et de l’Esprit qui vivifie chacun des cœurs. Dans les rues de Jérusalem, la foule se presse autour des apôtres et manifeste l’universalité du don de l’Esprit. Pierre prêche, l’Esprit agit. C’est déjà le cortège de l’Église en marche – Marie en tête – que l’on peut observer. La Vierge Marie, de bleu vêtue, est d’ailleurs présente dans les deux scènes. Notons combien l’artiste possède l’art du détail, fascinée par les visages, les regards, qu’elle cherche sur l’invitation de Marthe Robin à rendre habités par la vie de la grâce. Ces visages, tendus, interrogatifs dans la première moitié, deviennent dans l’autre, radieux, “ivres de l’Esprit”… Notons aussi l’énorme travail des couleurs et de la lumière. L’art de Françoise Burtz est devenue affaire collective, pour qui évangélise avec le concours d’autres disciplines. La peintre prend volontiers pour testament la parole du Christ : « Allez enseigner ! » (Mc 16,15)…
(1) Voir son texte admirable dans
www.iifac-france.org/fbinvisible.php et son site :
www.francoiseburtziconesetvitraux.com
(2) Institut Foi, Art et Catéchèse (à l’Université Catholique de Lille en convention avec la Faculté de Théologie) : créé par l’exégète père Jacques Bernard pour une formation multidisciplinaire à l’évangélisation et à la catéchèse : peinture, musique, poésie, enseignements, partages, prière… Contacts : 60 bd Vauban, BP 109, 59016 LILLE Cedex / 03 20 13 41 57 / iifac@icl-lille.fr
(3) Benoît XVI confia : « Ce congrès commence par la beauté, je vous en remercie. »
Pour en savoir plus : Association des amis de F. Burtz, H. Amouroux, 20 rue d'Orognen, 64190 DOGNEN / 05.59.66.07.28. /
amourouxbh(at)wanadoo.fr





