/ RENCONTRER DIEU / Artistes / Dominique Hanquart : Art de vivre, art de peindre

Dominique Hanquart : Art de vivre, art de peindre

(Auteur: Fr. Bernard de Clairvaux - Parution F&L n° 249 d'Avril 2006)

1951 : née à Neuilly ; elle a cinq enfants dont 2 réalisatrices de cinéma
1971 : années d’études en Lettres à la Sorbonne
1976 : rencontre Jean-Loup, son mari, tailleur de pierre
1977 : bifurque dans la taille de pierre en Maine et Loire
1979 : obtention d’un C.A.P. chez les Compagnons, puis sculpture, restauration de statues…
1985 : profonde expérience spirituelle le jour de N.D. du Mont Carmel
2002 : premières toiles
Nombreuses expositions, symposium, rencontres…

abonnez-vous !

Dominique Hanquart nous transmet tout un climat, celui de son cœur, de sa prière, de sa fascination pour la matière, la lumière et la couleur… Un art souvent abstrait, mais l’artiste s’attarde aussi sur le mystère du visage…

Dominique se laisse travailler par la grâce et inscrit sur la toile ce qui la marque : Entre ce que je vois, ce que je reçois, ce que je transmets et ma vie intérieure, il y a une grande unité. Chez elle, art de vivre et art de peindre ne font qu’un.

Le visage des prophètes
J’ai un besoin absolu de vivre avec la beauté des choses. Nous retrouvons cette harmonie dans la ferme qu’elle a aménagée avec beaucoup de goût. Dominique aime la nature - Ça nourrit ma prière - le bricolage, la taille des haies, le travail de la terre… Le contact avec la matière lui est important : J’ai été formée comme tailleur de pierre chez les Compagnons. J’ai aussi pratiqué l’ornementation et la sculpture, utilisant la terre ou la pierre, puis la restauration de statues qui m’a amenée à la peinture. C’est le début de mon travail avec la couleur. Je ne peins sur toile finalement que depuis quelques années. Le visage de Moïse que nous voyons ici appartient à une série de visages de prophètes : Job, Isaïe, Élie, Jean-Baptiste… Ils sont traités, soit par la sculpture comme une sorte de rappel, avec ces masques, de l’héritage de l’Antiquité grecque, soit par la peinture. Le sujet imprègne l’artiste marquée par la spiritualité du désert, lieu privilégié de la rencontre avec Dieu. Moïse ici nous accroche par son regard : On y retrouve à la fois une très grande humanité et, spirituellement, le fait qu’il voit Dieu face à face. Ce visage peut être reçu comme une préfiguration de celui du Christ. Laissons-nous bercer par ce face à face, par cette béatitude de la rencontre… Ce visage nous touche aussi par son mélange de sérénité, de gravité, d’intensité, de luminosité… Il baigne dans un jeu de lumières marqué par la douceur des jaunes, des bruns et des orangés.

Les lumières de l’Orient
Je suis attirée par les lumières de l’Orient à la fois physiques et spirituelles… L’Orient est entré dans mon existence sans que je ne l’aie vraiment choisi, mais j’ai toujours eu ce désir du partage concret, «de l’intérieur», avec les autres cultures. Après avoir vécu plusieurs années en Israël, Dominique retourne en Terre Sainte environ deux mois par an comme «à la source». Un verset biblique lui parle très profondément ; il lui est venu au cœur à Jérusalem alors qu’elle traversait l’épreuve du cancer : « Dans Jérusalem, vous serez consolés » (Is 66, 11). La «Lumière de l’Orient» - signifiant le Christ dans la tradition chrétienne - est entre autres celle de l’espérance pour notre artiste qui n’a pas hésité, sur l’invitation d’un médecin, à exposer dans le hall d’une clinique : Beaucoup m’ont dit que mon travail leur redonnait espérance. Il ne faut pas perdre l’espérance, quelle que soit la situation… Sa foi, Dominique l’a vraiment trouvée en 1985, le jour de Notre-Dame du Mont Carmel : C’était ma rencontre avec Jésus et j’ai expérimenté la lumière de la Présence divine. Cela a transformé toute ma vie ! Dominique nous confie aussi, après toutes ces années, combien la vie avec Dieu n’a rien à voir avec une série d’obligations… C’est quelque chose de très simple, sous la lumière de Dieu justement.

Le trésor de la Révélation
Un mystère de Présence et de Révélation traverse toute son œuvre, comme dans le «Buisson Ardent» ci-contre : Il y a à la fois la légèreté de la Présence de Dieu, sa Parole représentée en transparence par la technique du marouflage (épaisseurs de colle, papier de soie) et le poids de la colonne de feu, représentée en rouge verticalement, qui est un appel d’Absolu. Le disque en filigrane, réalisé en feuilles d’or, est le trésor de la Révélation. Le tout, c’est en somme le feu de l’Esprit… Paysage intérieur et fait biblique se rejoignent dans le cœur de l’artiste. Par la technique du marouflage, son attrait pour la matière se reporte sur ses toiles dont la surface est rarement lisse.
La peinture, nous dit-elle, c’est un besoin. C’est pour moi une expression plus intense, plus profonde, mais beaucoup plus dépouillante que la sculpture ; ça me demande un effort de montrer ce que je peins car je touche là à quelque chose de très intime…

Contact : La Houdrière, 49150 BAUGÉ, Tel : 02.41.82.72.88.