Alix des Francs : Élancées de matière
(Auteur: Fr. Bernard de Clairvaux - Parution F&L n° 248 de Mars 2006)
Native de Mordelles (Ille-et-Vilaine)
Lettres classiques et Beaux-Arts à Rennes
CAPES dessin et Arts Plastiques ; enseignement et création
Formation gravure (Paris) et sculpture
(Issy-les-Moulineaux)
Nombreux salons (dont à Paris : le Salon d’Automne, La Biennale européenne ; à Levallois : le Salon Itinéraires ; à Issy-les-Moulineaux : le Salon Sud 92)
Nombreuses galeries (Paris, Bretagne…) (2)
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Déjà petite fille, Alix est captivée par ces bouchons d’étain qu’elle fait fondre devant la cheminée ! Dans ce pays d’argile, se souvient Alix, je faisais également des crèches et je revois ma marraine peindre au bord de l’eau.
Histoire à rebondissements
Après des années de peinture, confie-t-elle, j’arrivais comme à un “plafond”, mais les événements ont bien fait les choses ! Alix se dirige un jour vers un cours de modèle vivant : il n’y a plus de place. On me propose d’aller voir à l’étage du côté de la gravure… C’est alors la révélation ! Là, j’invente à ma guise !
Dans les années soixante-dix, elle découvre les Foyers de Charité puis le Renouveau charismatique. Au fur et à mesure des “idoles renversées”, son cœur découvrira une liberté et une fécondité nouvelles.
Un artiste remarque ses terres cuites dans une galerie de Paris et lui fait connaître l’Atelier Béchet. Elle fera chez ce sculpteur un essai… de cinq ans ! C’est ici que la sculpture m’a été donnée…
En 1984, Alix quitte l’Atelier Béchet pour découvrir rapidement sa “note” propre, passant de personnages aux formes rondes, “lovées”… à des femmes effilées, “redressées”, échos d’une parole qu’Alix reçut dans la prière : «Redresse-toi et lève les bras.» Depuis 1985, Alix possède son propre atelier et “Notre Dame de l’atelier” nous y accueille, bénie comme le reste du lieu par un prêtre de la Communauté St Leu - St Gilles, communauté qu’Alix connut en 1978.
Fascinée par la matière
Nous découvrons ici un Christ (1) en cerisier de forme élancée, avec les bras coupés. La sobriété de l’ensemble ne fait qu’accentuer le mystère… La tête virile, au cou trapu, et légèrement inclinée, dégage la force de la sérénité. Alix laisse la plupart du temps un bois très lisse, mais ici les coups de gouge sont volontairement gardés, donnant un relief rehaussé par des traits de pastel bleutés : Le pastel, c’était jubilatoire !
Il faut dire que la couleur intervient ici pour Alix comme une nouvelle étape. Elle avait abandonné la peinture pendant dix-huit ans pour la sculpture. C’est un voyage en 1995 en Tunisie qui lui fit reprendre la couleur qu’elle ose allier depuis peu à la sculpture. Chez cette artiste fascinée par la matière, on retrouve des personnages en bronze, mais Alix travaille avec toutes sortes de matériaux, légers ou lourds.
Elle a un amour pour le bois qu’elle admire déjà dans la nature. La nature a toujours été pour moi source de contemplation… Le thème du “passage” ou du “départ” (comme avec la porte ou la barque) revient souvent chez Alix pour qui il faut toujours aller de l’avant. Nous retrouvons également chez elle des personnages bibliques, comme le roi Salomon ou la Reine de Saba.
Bible et Orient mythique
J’ai un attrait, nous dit-elle, pour un certain Orient mythique. La Jérusalem céleste ci-dessus en est un bon écho. C’est la « ville carrée » (Ez 48, 20) prophétisée par Ezéchiel ou « la Jérusalem nouvelle » de l’Apocalypse « qui descend du Ciel de chez Dieu » (Ap 21, 2) : deux images du Royaume à venir dont le Christ nous ouvre l’accès.
Alix a réalisé quatre fois trois portes, selon la Parole qui précise qu’auprès de ces douze portes sont inscrits « les noms des douze tribus d’Israël » (Ap 21, 12). Chaque porte évoque “en creux” la forme d’un corps dont on trouve “le plein” en vis-à-vis, telles ces pierres vivantes de l’édifice spirituel que nous formons, montant les marches « de hauteur en hauteur… » (Ps 84, 8).
Les découpes aux sommets des murailles rappellent ces « arbres de Vie donnant du fruit douze fois par an et dont le feuillage sert à la guérison des nations » (Ap 22, 2). L’une des caractéristiques des œuvres d’Alix, c’est qu’elles s’élancent vers le haut, tels ces oiseaux ou ces femmes au long cou attirées vers le ciel, vers cet “ailleurs” qui manifeste, pour nous tous, cet appel à la plénitude…
1- Découvert avec «La Jérusalem Céleste» en juin 2005, lors d’une exposition à l’Abbaye Blanche (50140 Mortain) organisée par Didier Benesteau : at.st-bernard.expo@wanadoo.fr
2- Présentation permanente d’œuvres au magasin d’Art Sacré Chéret, 9 rue Madame, 75006 Paris ; un tabernacle aux Missions Étrangères de Paris, et œuvres à la paroisse St J.B. de la Salle (Paris XVème).
Contact : Alix des Francs - 24 rue Ernest Renan, 75015 Paris : 01.47.34.39.51.





