Dina Bélanger (1897-1929)
Rayonner le Cœur de Jésus sur les âmes
(Auteur: Emmanuelle Rouchette - Parution F&L n° 260 d'Avril 2007)
- Connais-tu ta sainte patronne ? demande un jour la maîtresse à Dina.
- Non, est-ce que j’en ai une ?
On cherche dans le calendrier : pas de Dina !
- Eh bien, je serai sainte, répond la petite fille, du haut de ses sept ans.
La voix de Jésus
Cette enfant unique, née le 30 avril 1897 à Québec, choyée par des parents profondément chrétiens, commence donc très jeune à lutter contre tout ce qui peut déplaire à Jésus, en particulier contre son tempérament violent et volontaire, et se mortifie. Un exemple : sa mère lui demande de faire la sieste ; elle obéit, seulement elle met un livre sous son oreiller. Sa première communion à dix ans est source d’une grande grâce : La faim de son Corps et de son Sang allait s’accroître à chacune de ses visites. L’année suivante, le 25 mars, elle entend pour la première fois la voix de Jésus ; plus tard, les colloques seront presque ininterrompus, même aux heures de la "nuit" de l’esprit. Le Seigneur conduit son enfant et lui donne la soif de l’aimer parfaitement, la soif du martyre, l’amour des humiliations. Le pensionnat est, pour cette nature sensible, l’occasion d’offrir des fleurs à Jésus, elle qui ne trouve pas drôle de vivre avec les autres ! Ayant toute faute vénielle en horreur, elle prend pour devise : Plutôt la mort que la souillure et fait vœu de virginité à quatorze ans. Elle lit très peu, au grand dam de son père spirituel, Jésus se faisant le Grand Livre où rayonnaient à mes yeux, en gros caractères, le secret du bonheur et la science de l’amour.
Une mission à remplir
Très douée, Dina est à New York de 1916 à 1918 pour parfaire ses études musicales au Conservatoire. Elle connaît alors une épreuve intérieure qui durera six ans : le démon multiplie ses assauts, mais Jésus la garde et lui fait "voir" qu’elle possède en elle deux guides : l’Étoile et l’Hostie, et dès ce moment, elle se met à aimer avec les Cœurs de Jésus et Marie. Il lui fait comprendre qu’elle a une mission à remplir : sans savoir de quoi il s’agissait, je compris que le salut d’un grand nombre d’âmes y était attaché. Alors, elle sent naître dans son âme deux désirs qui iront en augmentant : la réparation envers le Cœur divin outragé et le zèle du salut des âmes. En 1921, elle entre à Sillery (Québec) dans la Congrégation de Jésus-Marie fondée par sainte Claudine Thévenet à Lyon, au service de l’éducation ; elle reçoit le nom de Marie Sainte Cécile de Rome. Comme Ste Cécile, Dina sera vierge, apôtre et martyre. Jésus la brûle de ses flammes d’amour. Pour rendre gloire au Père et pour suppléer à toutes les misères et pauvretés, elle prend l’habitude d’utiliser les mérites et les moyens infinis que Jésus met à notre disposition. Toujours très discrète, souriante, totalement donnée à ses élèves et à l’enseignement musical lorsqu’elle n’est pas alitée, personne, à part sa supérieure, ne peut deviner la richesse de sa vie intérieure. Inspirée, la supérieure ordonnera à Dina d’écrire son Autobiographie, véritable cantique d’action de grâces, acte qui m’a le plus coûté, reconnaissant que c’est pour sa gloire et pour les âmes que le Seigneur me donne tant de grâces… « Tu feras du bien par tes écrits », lui avait dit Jésus.
« Laisser faire Jésus et Marie »
Dina a pris à la lettre ce conseil évangélique : « Si vous ne devenez comme des petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux ». Reconnaissant son néant, elle entre dans une dépendance totale et amoureuse du Christ jusqu’à la substitution de Notre-Seigneur en elle. Nous ne sommes plus deux : Jésus et moi ; nous ne sommes qu’un : Jésus seul. Dina laisse si bien Jésus vivre en elle qu’il l’appellera « ma petite Moi-même ».
Obéissante, humble, pleine de charité, elle veut faire chacune de ses actions avec toute la perfection possible. Elle veut consoler Jésus par l’amour, le sacrifice, l’attention continuelle à son bon plaisir par l’ascèse de « la fidélité dans les petites choses ». La "voix" lui demande de se laisser faire plutôt que de faire. Aimer et laisser faire Jésus et Marie sera sa devise, jusqu’à être anéantie.
Pour Dina, aimer veut dire aimer jusqu’au martyre ; laisser faire Jésus, c’est le laisser agir librement, c’est l’abandon parfait ; ainsi, elle amènera les âmes à Jésus, et sera sainte selon la volonté de Dieu. Elle atteindra les sommets de l’union à Dieu, dans la petitesse, l’abandon, la confiance et l’amour, à l’école de la Petite Thérèse que le Seigneur lui a donnée comme seconde patronne, et dans une fidélité jusqu’à l’héroïsme, toujours souriante comme Jésus le lui a demandé, malgré les angoisses, les nuits, les attaques du démon : elle doit lutter contre son air mélancolique. Le Christ attire « sa petite privilégiée » jusqu’à la Sainte Trinité qu’elle contemple de plus en plus profondément, jusqu’à être plongée dans les profondeurs intimes de son Essence.
Le Cœur Eucharistique
Peu après sa profession, Dina contracte la scarlatine dont les conséquences la conduiront à la mort ; elle comprend que sa mission est de rayonner, par la très Sainte Vierge, le Cœur de Jésus sur toutes les âmes, en s’immolant par amour, dans un don total d’elle-même. Cet amour, elle le puise dans une prière incessante et dans le Cœur Eucharistique de Jésus, présent dans l’Hostie. Il lui donne de si grandes lumières que nous n’avons pas, hélas… Si les âmes comprenaient quel Trésor elles possèdent dans la divine Eucharistie, il faudrait protéger les tabernacles de barrières inexpugnables, car, dans le délire d’une faim sainte et dévorante, elles iraient elles-mêmes se nourrir de la Manne des séraphins ; les églises, la nuit comme le jour, déborderaient d’adorateurs.
Jésus la presse : « Mon Cœur déborde de grâces pour les âmes. Amène-les à mon Cœur Eucharistique. » Il lui fait comprendre la responsabilité des âmes entre elles, particulièrement des âmes consacrées : « Si toutes les âmes consacrées ne me refusaient rien, toutes les autres âmes seraient sauvées ! » Brûlée du désir de donner Jésus aux âmes, Dina veut épuiser, rassasier l’Amour infini, par l’offrande continuelle de Jésus au Père, mission qu’elle continuera au Ciel : Au Ciel, je serai une petite mendiante d’amour : la voilà, ma mission ! et je la commence immédiatement.
Elle accepte de participer au calice de la Passion les jeudis et vendredis, et le 22 janvier 1926, reçoit les stigmates invisibles. Le 15 août 1928, elle prononce ses vœux perpétuels, il ne lui reste qu’un an à vivre.
Consumée par l’Amour plus que par la tuberculose, elle rejoint son Bien-Aimé le 4 septembre 1929, elle a trente-deux ans.
Pour en savoir plus :
Lire Courage d’aimer, Irène Léger ; Autobiographie, Dina Bélanger.
Centre Dina-Bélanger, 2049 chemin Saint-Louis, Sillery (Québec) Canada G1T 1P2 centredinabelanger(at)hotmail.com




