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Se mettre à l’école de la Vierge Marie, c’est accepter de se mettre à la suite du Christ. Jour après jour, apprendre à entrer dans la confiance, dans l’abandon. Une école qui fait vivre nos propres mystères joyeux, lumineux et douloureux en attendant les glorieux. Comme Ute et Jacques, nombreux sont les pèlerins dont la vie a été bouleversée par Medjugorje.
Dès 1984, nous étions liés à Medjugorje. Le père Slavko avait donné nos coordonnées à un couple qui voulait diffuser les messages de la Vierge. Sans que nous le cherchions, les circonstances nous ont amenés travailler pour la diffusion des messages. Pendant plus de douze ans, nous avons édité une petite revue mensuelle : Nouvelles de Medjugorje, qui atteignait jusqu’à vingt-cinq mille lecteurs. Durant toutes ces années, en essayant de vivre les messages (si simples et si exigeants à incarner dans le quotidien), deux messages m’ont particulièrement touchée : « Comme j’ai porté mon Fils Jésus, je désire vous porter… » «Je suis venue dans ce monde pour vous apprendre la joie de la Croix. ». La joie, la souffrance, l’abandon…
Au franc près
Maintes fois, j’ai dû constater, à mes dépens, qu’à chaque fois que je voulais avancer dans la vie
spirituelle – et dans la vie tout court – par mes propres forces, les résultats étaient plutôt maigres ; en revanche, en essayant de me laisser porter, de faire confiance, de m’abandonner, j’ai connu la joie d’aimer, de prier, de jeûner… Et, dans cette mission qui prenait tout notre temps et nos forces vitales, nous avons vu combien la confiance et l’abandon en la Providence peuvent être payants jusqu’à susciter maintes merveilles. Ainsi au début de la guerre, quand le père Léonard Orec ( ndlr : franciscain, ancien curé de la paroisse) me demanda pour quelle somme nous pouvions nous engager pour contribuer à l’achat de farine qu’il faisait venir en bateau d’Italie pour la région de Sarajevo, j’ai commis une grossière erreur : au lieu de marquer 12.000$, j’ai ajouté un zéro qui changeait la somme en 120.000$ ! (mon Jacques en avait l’estomac noué). Alors j’ai fait un appel à no un appel à nos lecteurs en leur partageant mon erreur avec simplicité et confiance. Lorsque la facture arriva, la somme était au franc près sur le compte de “Belgique- Medjugorje”. Ancrés dans la foi et la prière, confiants en la bonté de nos lecteurs, nous avons pu, notamment : construire un atelier de prothèses à Split, une maison dans le “Village de la Mère”, financer vingt mille Bibles pour la Bosnie, parrainer une centaine d’orphelins de guerre et offrir un semi-remorque (acquis lui aussi de façon quasi-miraculeuse) qui faisait des allers-retours entre la Belgique et la Bosnie-Herzégovine, à la paroisse
de Medjugorje afin que ce véhicule soit utilisé nonstop. À chaque fois, le Ciel était là pour nous aider à venir en aide quand il le fallait, avec la somme adéquate.
Un vrai cadeau
Un jeudi soir, je reçois un coup de téléphone du curé de Medjugorje me disant : Ute, allume ton fax, nous avons un cadeau pour toi ! La télécopie mentionnait simplement cinq noms d’une famille de Sarajevo. Lorsque j’ai compris qu’il fallait accueillir cette famille, j’ai commencé par me fâcher : On vous donne ça et vous réclamez toujours davantage. Je suis fatiguée… Le père, quant à lui, essayant de stopper mon flot de paroles, répondit doucement : Ute, prie et fais prier. Le lendemain, vendredi, avait lieu notre journée de jeûne et de prière. À la fin de la journée, tout était réglé. Telle personne se chargeait d’un logement, un autre d’un virement bancaire mensuel sur trois ans, un troisième se proposait de récolter des meubles à équiper le petit bungalow situé, comme par hasard, dans notre rue… sans oublier la rapidité avec laquelle l’État belge leur accorda le statut de réfugiés et, pour finir, la nationalité belge ! Nous sommes partis chercher cette famille sur place et elle est devenue pour nous un vrai cadeau !
Une Présence aimante
Ces vendredis “jeûne et prière” à la maison portaient souvent des fruits étonnants. Ce vendredi-là arriva un homme que nous ne connaissions pas. Il n’avait pas du tout l’intention de rester, il avait simplement conduit sa soeur. Comme l’eucharistie venait de commencer, il n’osait plus nous quitter et resta pour la messe. Ce jour-là, plusieurs d’entre nous étaient inspirés à prier pour le pardon au sein des couples et des familles si éprouvées. Vu la dimension que prenait cette prière, le prêtre offrit la messe à cette intention. Le lendemain, cet homme me téléphona pour dire qu’il venait de se réconcilier avec son épouse. Le divorce allait être prononcé incessamment. Or, durant l’eucharistie, son coeur s’est retourné et au lieu de continuer de se dire : Elle mérite que je f… le camp, son coeur lui inspirait le repentir d’avoir contribué largement à leur désunion et il est allé tout droit se mettre à genoux devant sa femme pour lui demander pardon de l’avoir traitée ainsi. Ce genre de “miracle” défilait souvent devant nos yeux émerveillés. Il nous révélait une Présence infiniment aimante qui se révèle dans une intense vie de prière. Nous n’avons pas eu de vision ou d’apparition de la Vierge mais en nous laissant porter par la Mère de Dieu, nous l’avons vue concrètement à l’oeuvre à travers tant de merveilles : conversions, réconciliations, guérisons, baptême de toute une famille…
Le don de la croix
Nous nous sommes donnés corps et âme mais nous ne nous attendions pas à ce que la récompense soit l’épreuve ! Nous avons dû apprendre à porter en silence le mépris, la persécution, le poids de l’injustice et éprouver ce que cela pouvait signifier “être crucifié”, lié sur la croix sans pouvoir se défendre. Jamais je n’aurais cru que l’on puisse souffrir ainsi, spirituellement, moralement et physiquement à la suite de Jésus. Les mois passaient ainsi dans la souffrance… Mais petit à petit, le pardon s’installait dans mon (notre) coeur et, avec lui, une joie étonnante d’avoir été jugés dignes d’accompagner notre Seigneur jusqu’à la Croix ! Bien sûr, c’est portés par la Vierge que nous avons pu aller jusque-là : de nous-même, c’était inconcevable et impossible à vivre. La Vierge nous avait promis de nous porter comme elle porte son Fils Jésus. Elle l’a fait et continue jour après jour à nous apprendre à vivre l’évangile bien pauvrement. Ses cadeaux ne sont pas exclusivement la souffrance ! Marie nous envoie de nouveaux amis de plus en plus chers qui nous disent (sans se douter ce que cela signifie pour nous, ne connaissant pas notre cheminement avec la sainte Vierge) : Je prête ma villa aux serviteurs de Marie. Quelle joie d’avoir une telle Mère qui prend soin de nous jusque dans les moindres détails. Merci Marie de vouloir ainsi nous apprendre à accueillir la vie de ton Fils chez nous.




