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« La souffrance semble être, et elle est, quasi inséparable de l’existence terrestre de l’homme » (Jean-Paul II). Marie, en union avec Celui qui porte la souffrance du monde, annonce par toute sa vie « l’Évangile de la souffrance ».
« Il est réconfortant tout d’abord – et cela correspond à la vérité évangélique et historique – de noter qu’auprès du Christ à la toute première place à côté de lui et bien en évidence, se trouve toujours sa très sainte Mère, car par toute sa vie, elle rend un témoignage exemplaire à cet Évangile particulier de la souffrance. En elle, les souffrances innombrables et intenses s’accumulèrent avec une telle cohésion et un tel enchaînement que, tout en montrant sa foi inébranlable, elles contribuèrent à la rédemption de tous.
En réalité, dès son entretien secret avec l’ange, elle a pressenti que sa mission de mère la « destinait » à partager d’une manière absolument unique la mission même de son fils, et très vite elle a eu la confirmation, que ce soit par les événements qui ont accompagné la naissance de Jésus à Bethléem, par les paroles claires du vieillard Syméon lui annonçant qu’une épée acérée lui transpercerait le cœur, ou par les angoisses et les privations subies lors de la fuite précipitée en Égypte à cause de la cruelle décision d’Hérode.
Et après les vicissitudes de la vie cachée et publique de son Fils, qu’elle partagea sans aucun doute avec une sensibilité aigüe, ce fut encore sur le Calvaire que la souffrance de Marie, auprès de celle de Jésus atteignit un sommet difficilement imaginable du point de vue humain mais, certes, mystérieux et surnaturellement fécond au plan du salut universel. Sa montée au Calvaire, sa « présence » au pied de la croix avec le disciple bien-aimé ont été une participation tout à fait spéciale à la mort rédemptrice de son Fils, de même que les paroles qu’elle a pu recueillir de ses lèvres ont été comme une remise solennelle de cet Évangile particulier destiné à être annoncé à toute la communauté des croyants.
Témoin de la passion de son Fils par sa présence, y participant par sa compassion, Marie, la très Sainte a apporté une contribution singulière à l’Évangile de la souffrance, et elle a réalisé avant l’heure ce qu’affirmait saint Paul, (...) Oui, vraiment, à des titres tout à fait spéciaux, elle peut affirmer « qu’elle complète en sa chair – comme elle l’a déjà fait dans son cœur – ce qui manque aux épreuves du Christ ».
À la lumière de l’incomparable exemple du Christ qui se reflète avec une évidence singulière dans la vie de sa Mère, l’Évangile de la souffrance, à travers l’expérience et la parole des Apôtres, devient source inépuisable pour les générations toujours nouvelles qui se relaient au long de l’histoire de l’Église. »
Notre-Dame des Douleurs
C’est en Flandre au XVème siècle que se développa la dévotion aux sept grandes douleurs qui jalonnent la vie de Marie. Il s’agit de - l’annonce faite par le vieillard Syméon lors de la Présentation de Jésus au Temple : « Un glaive te transpercera l’âme... » (Lc2,35) - La fuite en Égypte pour échapper à la menace d’Hérode contre la vie de l’enfant ; la souffrance de Marie lors des trois jours où Jésus, à l’âge de douze ans, resta à Jérusalem ; les événements de la Passion : la montée au Calvaire, le crucifiement, la descente de croix, et la mise au tombeau. Le 15 septembre l’Église fait mémoire de Notre-Dame des Douleurs qui rappelle aux chrétiens que la souffrance de Marie, en union avec celle de son Fils, librement acceptée, fait d’elle la « Mère de tous les hommes » sauvés par le Christ.




