Le Rosaire est contemplation du Christ, Prince de la paix et " notre paix " (Ep 2,14).
Celui qui assimile le mystère du Christ – et le Rosaire vise précisément à cela – apprend le secret de la paix et en fait un projet de vie.
La succession des Ave Maria exerce une action pacificatrice disposant à recevoir la paix véritable, don spécial du ressuscité. Ainsi, le priant fait l’expérience de la paix au fond de son être et la répand autour de lui.
Le Rosaire est aussi une prière de paix en raison des fruits de charité qu'il produit. S'il est bien récité comme une vraie prière méditative, le Rosaire, en favorisant la rencontre avec le Christ dans ses mystères, ne peut pas ne pas indiquer aussi le visage du Christ dans les frères, en particulier dans les plus souffrants.
Comment pourrait-on fixer, dans les mystères joyeux, le mystère de l'Enfant né à Bethléem sans éprouver le désir d'accueillir, de défendre et de promouvoir la vie, en se chargeant de la souffrance des enfants de toutes les parties du monde ?
Comment, dans les mystères lumineux, pourrait-on suivre les pas du Christ qui révèle le Père sans s'engager à témoigner de ses " béatitudes " dans la vie de chaque jour ?
Et comment contempler le Christ chargé de la Croix et crucifié sans ressentir le besoin de se faire le " Cyrénéen " de tout frère brisé par la souffrance ou écrasé par le désespoir ?
Enfin, comment pourrait-on fixer les yeux sur la gloire du Christ ressuscité et sur Marie couronnée Reine sans éprouver le désir de rendre ce monde plus beau, plus juste et plus proche du dessein de Dieu ?
Loin d'être une fuite des problèmes du monde, le Rosaire nous pousse à les regarder avec un œil responsable et généreux et il nous obtient la force de les affronter avec la certitude de l'aide de Dieu et avec la ferme intention de témoigner en toutes circonstances de " l'amour, lui qui fait l'unité dans la perfection " (Col 3,14).




