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Le chapelet
Comment le dire ?

(Jean Paul II Rosarium Virginis Maria - Parution F&L n° 217 de Mai 2003)

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Pour comprendre le Rosaire, il faut entrer dans la dynamique psychologique propre à l'amour, nous dit le pape, qui présente la « méthode » de la récitation du Rosaire. (Lettre apostolique, ch. III)

Quelle que soit la façon dont on introduit la prière : credo ou Dieu viens à mon aide, Seigneur à notre secours, ou autre, ce qui importe c’est qu’ainsi l’esprit se dispose à la prière.

L'énonciation du mystère
Énoncer le mystère et peut-être même pouvoir regarder en même temps une image qui le représente, c'est comme camper un décor sur lequel se concentre l'attention.

À L'écoute de la Parole de Dieu
Après l’énoncé du mystère sera proclamé la Parole biblique qui lui correspond.
Cette dernière doit être écoutée avec la certitude qu'elle est Parole de Dieu, prononcée pour aujourd'hui et « pour moi ».

Temps de silence
Notre Père
En chacun de ses mystères, Jésus nous conduit toujours au Père, auquel il s'adresse continuellement, parce qu'il repose en son "sein" (cf. Jn1,18). Il veut nous introduire dans l'intimité du Père pour que nous disions comme Lui : " Abba, Père " (Rm 8,15; Ga 4,6). C'est en rapport avec le Père qu'il fait de nous ses frères et qu'il nous fait frères les uns des autres en nous communiquant l'Esprit qui est tout à la fois son Esprit et l'Esprit du Père.
Les dix " Ave Maria "
C'est tout à la fois l'élément le plus consistant du Rosaire et celui qui en fait une prière mariale par excellence.
Le pape revient sur le caractère christologique de l’Ave Maria. La première partie, rappelle-t-il, est tirée des paroles adressées à Marie par l'Ange Gabriel à l’Annonciation et par sainte Élisabeth, lors de la Visitation.
Ces paroles expriment, pour ainsi dire, l'admiration du ciel et de la terre, et font, en un sens, affleurer l'émerveillement de Dieu contemplant son chef d'œuvre – l'incarnation du Fils dans le sein virginal de Marie –
Le centre de gravité de l'Ave Maria, qui est presque comme une charnière entre la première et la seconde partie, est le nom de Jésus. Répéter le nom de Jésus – l'unique nom par lequel il nous est donné d'espérer le salut (cf. Ac 4,12) –, étroitement lié à celui de sa Très Sainte Mère, et en la laissant presque elle-même nous le suggérer, constitue un chemin d'assimilation qui vise à nous faire entrer toujours plus profondément dans la vie du Christ.
C'est de la relation très spécifique avec le Christ, qui fait de Marie la Mère de Dieu, la Theotòkos, que découle ensuite la force de la supplication avec laquelle nous nous adressons à elle dans la seconde partie de la prière, confiant notre vie et l'heure de notre mort à sa maternelle intercession.

Le gloria
Le Gloria marque l’aboutissement de la contemplation qui nous conduit toujours avec le Christ au Père dans l’Esprit.
Par le Gloria notre esprit s’élève jusqu'au Paradis.
Il nous faire revivre, d'une certaine manière, l'expérience du Thabor, anticipation de la contemplation future...

Conclusion
La récitation se conclut par la prière aux intentions du Pape afin d'élargir le regard de celui qui prie aux vastes horizons des nécessités ecclésiales.
Au bout du chemin parcouru avec Marie comme mère, guide et maître, l’âme ressent le besoin d’adresser à la Vierge un chant de louange.
C'est le couronnement d'un chemin intérieur, qui a conduit le fidèle à un contact vivant avec le mystère du Christ et de sa Mère très sainte.

Le chapelet,
Le chapelet ne doit pas être considéré comme un simple instrument servant à compter.
Le chapelet converge vers le Crucifié, qui ouvre ainsi et conclut le chemin même de la prière.
Le chapelet évoque le chemin incessant de la contemplation et de la perfection chrétiennes.
Le chapelet (est) comme une «  chaîne » qui nous relie à Dieu... une douce chaîne d’amour.
Il nous rappelle le lien de communion et de fraternité qui nous unit tous dans le Christ.