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Les révélations privées : doit-on y croire ? (2)

(Auteur: Père Jean-Samuel - Parution F&L n° 269 de Février 2008)

Père Jean Samuel
Prêtre de la Cté des Béatitudes
responsable d'une maison

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Votre réponse sur les révélations privées dans le n° 266 m'a surpris. Vous ne distinguez pas le fait de rechercher les révélations privées de celui d'y croire… Faut-il tout rejeter ; ces révélations privées ne peuvent-elles renforcer ma foi ?  Jacques

Votre remarque est pertinente. Allons plus avant dans cette réflexion à partir d'un exemple : les apparitions et messages de Fatima. La Vierge Marie y est apparue 6 fois à trois enfants, de mai à octobre 1917.

François et Jacinthe Marto moururent en 1919 et 1920. Quant à Lucie Dos Santos, elle prononça ses vœux en 1928 et décéda en 2005. Fatima est aujourd'hui un centre de pèlerinage réputé, il est avec Lourdes l'un des principaux sanctuaires consacré au culte de la Vierge Marie.

Une première étape fut celle des apparitions de Marie aux enfants - les faits ; elle a duré 6 mois. Puis il a fallu le temps nécessaire à l'Église pour mener l'enquête, en vue de se prononcer officiellement. En général, l'Église préfère attendre la fin des évènements en cours avant d'entamer ce travail et de prononcer une parole officielle : reconnaissance ou non. Certaines enquêtes vont plus vite que d'autres. Ici, les deux jeunes bergers ont été béatifiés par Jean-Paul II le 13 mai 2000.

Un bémol apparaît si nous abordons le thème du " troisième secret " de Fatima, controversé. Il est de l'ordre d'une révélation privée, et à distinguer de la Révélation (Écriture et Tradition). Le caractère évènementiel de ce secret ne permet pas à l'Église de l'intégrer comme vérité de foi. Connaître par avance l'avenir n'est plus de l'ordre de la foi pure en Christ. Or, l'Église prend soin de rester dans son rôle, elle n'est pas là pour divulguer l'avenir à tous, mais pour nous aider à marcher vers Dieu, dans la sainteté.

Il n'est pas ici question d'interdire, mais de discerner les priorités qui sont les nôtres en tant que croyants. Soyons libres… Aimons l'Église, et laissons-lui le rôle qui lui revient.

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