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Les divorcés-remariés et les sacrements

(Auteur: Père Jean-Samuel - Parution F&L n° 270 de Mars 2008)

Père Jean Samuel
Prêtre de la Cté des Béatitudes
responsable d'une maison

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Je suis marié civilement depuis 20 ans avec une femme divorcée. Je suis devenu pratiquant il y a dix ans. Mes amis me disent que je ne peux pas communier ni me confesser, et que je dois vivre en frère et sœur avec ma femme pour en avoir le droit. Est-ce vrai ? Pierre

Commençons par rappeler la distinction de deux codes : le Code civil – propre à la société civile – et le Code de droit canonique – celui de l’Église catholique romaine.

En ce qui concerne le mariage, le Code civil prévoit qu’il puisse – le cas échéant, si des difficultés sérieuses se présentent – trouver une issue dans une procédure de divorce.

Par contre, de son côté, le Code de droit canonique, qui s’ancre dans une démarche de foi se confrontant aux réalités terrestres et cherchant à concilier les deux, insiste sur la valeur sacramentelle du mariage et ignore volontairement jusqu’à la possibilité d’un divorce. C’est toute la différence entre un acte civil, répudiable, et un sacrement qui – une fois vécu – ne peut être effacé, ni annulé.

Or, il se trouve que, pour certaines raisons particulières, certains de nos contemporains, ayant vécu la souffrance d’un divorce civil, souhaitent vivre avec un nouveau conjoint et "valider" cette nouvelle étape à l’église, en recourant au sacrement de mariage une seconde fois. Mais, selon le caractère propre du sacrement, on ne peut recevoir une seconde fois ce qui par nature ne s’annule pas, est fait pour n’être reçu qu’une seule fois et vaut pour tout le reste de la vie.

Cette discipline de l’Église est fondée sur l’Écriture Sainte. Les divorcés remariés ne peuvent donc plus accéder à la communion eucharistique « car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d’amour entre le Christ et l’Église, telle qu’elle s’exprime et est rendue présente dans l’Eucharistie ». Ni à la confession, à moins qu’ils soient « sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage ». Je vous conseille de relire Familiaris Consortio (§84, section entièrement consacrée à la question des divorcés remariés).

L’Église ne cherche pas à exclure les personnes concernées, invitées à vivre leur foi et à garder un lien ecclésial, mais veut préserver la réalité du sacrement, reçu du Christ par l’Écriture, et qu’il n’appartient pas à l’Église ni à quiconque d’adapter.

 

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