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Dieu nous soumet-il à la tentation ?

(Auteur: Père Jean-Samuel - Parution F&L n° 267 de Décembre 2007)

Père Jean Samuel
Prêtre de la Cté des Béatitudes
responsable d'une maison

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Dans le Notre Père, nous prions : " Ne nous soumets pas à la tentation" ; cela signifie-t-il que Dieu peut vouloir nous tenter, c'est-à-dire nous mettre à l'épreuve de cette manière ? Pierre

La prière du Notre Père nous vient du Christ, dans l'Évangile. Jésus la donne en réponse à ses disciples qui lui demandent : " Apprends-nous à prier " (Lc 11, 1-4). Jésus laisse cette prière en héritage à chaque croyant, car Dieu est notre Père et nous sommes ses fils et ses filles.


Malheureusement, par les modifications liées au travail de traduction et de vulgarisation du texte initial (par exemple, le Nouveau Testament a été écrit en grec), la compréhension de plusieurs passages de la Bible nous est parfois rendue difficile.


Étudions l'expression " soumettre à la tentation " en revenant plus exactement au texte grec. Le mot tentation, dans l'Évangile, désigne la sollicitation au péché. Jésus lui-même a été tenté et nous le sommes tous ; mais notre chemin de sainteté est de travailler à ne pas être complices de ces tentations. Jésus, devant les tentations que lui présentaient Satan, n'a pas accepté "d'y rentrer", de s'y soumettre, d'en devenir le sujet. Mais il a employé sa volonté et sa liberté à refuser ces sollicitations, en affirmant sa décision de suivre le Père. Il ne faut pas entendre " soumettre " comme une épreuve que Dieu nous envoie, comme un test, mais plutôt comme une demande que notre volonté n'incline pas en faveur de la tentation. Il faudrait donc plutôt traduire par " Ne nous laisse pas entrer en tentation " ; comme on pourrait mettre son doigt dans l'engrenage (du péché) et s'y trouver piégé.


Le Catéchisme de l'Église Catholique explique cette demande du Notre Père (§2846 et suiv.), et nous redit clairement que Dieu n'est pas l'auteur du mal et ne peut donc pas nous provoquer ainsi. Au contraire, il veut fortifier, en nous et avec nous, notre liberté.

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