Père Johannes
rentré à la Communauté des Béatitudes en 1992, ordonné prêtre en 2001, études à l´Institut Pontifical Ratisbonne (licence canonique en théologie avec spécialisation en études juives).
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« Lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu alors de ce qu'ils n'ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes» (Lc 14, 13-14).
« Que ta maison soit largement ouverte, que les pauvres soient tes compagnons», enseignait déjà José ben Yochanan (vers 140 av. JC.). Une " maison largement ouverte" était celle de Job, qui avait quatre portes ouvertes vers les quatre points cardinaux, si bien que lorsque deux pauvres se rencontraient sur la route, l’un disait « Je vais chez Job », et l’autre « Je viens de chez Job ».
Un bon nombre d’exemples édifiants d’hospitalité envers les pauvres nous est transmis par les Sages. Le maître hassidique R. Zeëv de Zbara possédait en plus la rare faculté de faire que ses invités indigents se sentent à l’aise. Il avait aussi introduit dans sa maison l’usage de garder les portes toujours ouvertes, afin que quiconque le voulait pouvait entrer et s’asseoir à sa table à n’importe quelle heure.
Lors d’un troisième repas de Shabbat, festin particulièrement solennel et convivial, pendant que le maître était plongé dans une méditation profonde et que les disciples autour de lui continuaient leurs conversations spirituelles à voix basse, un visiteur, connu pour ses mœurs frustres, entra et s’assit à coté d’eux. Puis, sortant de sa poche un immense radis et un couteau, il en coupa un tas de petits morceaux qui exhalaient une forte odeur, et commença à les manger bruyamment. Ses voisins ne pouvaient plus retenir leur indignation : « Glouton, n’as-tu pas honte d’insulter la table du rabbin ? », chuchotaient-ils, couvrant le pauvre de confusion. Tout d’un coup, la voix de R. Zeëv se fit entendre : « J’ai vraiment envie d’un bon radis ! Est-ce que quelqu’un pourrait m’en procurer un peu ? » Ému par la joie de pouvoir le rendre à son hôte, le mangeur de radis en offrit une poignée au rabbin.




