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« Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l'Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » (Rm 8, 13).
Alexandre le Grand, celui dont les exploits brillent d’un nouvel éclat cette année, grâce au cinéma, posa une fois cette question aux Sages d’Israël : « Qui est un héros ? » Ils lui répondirent : « Celui qui vainc son mauvais penchant », « car qui est maître de soi vaut mieux qu’un conquérant » (Pr 16, 32).
Le « mauvais penchant », (yetser harah), semble être le pendant rabbinique de la « vie selon la chair » ou les « actions du corps » chez saint Paul. L’homme est appelé à dominer, fouler aux pieds, écarter, sacrifier, voire faire mourir ce penchant « naturel », puisque présent en lui depuis la naissance. « Qu’est-ce que l’homme doit faire pour qu’il vive ? », demanda encore Alexandre, et la réponse des Sages fut : « Qu’il se fasse mourir lui-même ».
Comment vaincre le mauvais instinct ? En premier lieu par l’autre, le bon penchant (yetser tov), qui « part en guerre » quand la personne devient responsable de son comportement lors de sa Bar Mitsvah, à treize ans. Il est comme un homme pauvre et sage qui sauva la ville par sa sagesse, lorsqu’un grand roi vint contre elle, l’assiégea et bâtit contre elle de grands ouvrages (cf. Qo 9, 14-15). Et la sagesse de l’homme, c’est, bien sûr, la Torah, dont il cite des paroles aptes à contrecarrer les tentations ou bien à stimuler la repentance. La Torah est une arme fiable, comparable au feu qui fait fondre le fer, ou bien à l’eau qui polit la pierre – lentement mais sûrement.
Dans le monde à venir, Dieu lui-même fera mourir et enlèvera le mauvais penchant, comme il est dit : « J’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » (Ez 36, 26) ; comme un rocher au milieu d’une route qui fait trébucher des gens. Le roi dit : « Cassez et détachez-en autant que vous pouvez, jusqu’à ce que l’heure arrive où je l’ôterai complètement ».



