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Le bonheur de la conversion

(Auteur: Père Johannes - Parution F&L n° 231 de Septembre 2004)

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« Je vous le dis : C´est ainsi qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion » (Luc 15,7).


Quelle parole scandaleuse du Maître ! On imagine bien l’indignation des pharisiens et des scribes dans l’auditoire (cf. Lc 15,2). Pourtant, nous pouvons trouver dans le Talmud l’avis de Rabbi Abbahou (IIIe siècle) : « Dans un lieu où se tiennent des convertis, les justes parfaits ne peuvent pas se tenir, comme il est écrit : Paix, paix à qui est loin et à qui est proche – d’abord à qui est loin et seulement après à qui est proche ».
Concernant cette parole, un maître hassidique, R. Levi Jitzchaq de Berditchev, fut interrogé par ses disciples : « Est-ce que celui qui s’est préservé irréprochable depuis sa jeunesse le cèderait donc au pénitent qui bien des fois a péché contre le Ciel, et n’atteindrait pas le degré de celui-ci ? » Le Tsaddiq repondit : « Celui qui (en s´approchant de Dieu) reçoit de jour en jour des nouvelles lumières qu’il ne connaissait pas la veille, doit, s’il veut servir en vérité, s’écarter du service imparfait du jour précédent, en faire pénitence et recommencer. Par contre, l’irréprochable qui s’imagine avoir saisi le service parfait et s’entête dans ce qu’il a n’accueille pas la lumière et reste derrière le converti perpétuel ».
Le même R. Levi Jitzchaq approcha un jour dans la rue un haut dignitaire aussi méchant que puissant, le saisit au bord de son vêtement et lui dit : « Monseigneur, je vous envie. Si vous revenez à Dieu, chacune de vos taches deviendra un rayon de lumière, et vous serez entièrement illuminé. Je suis jaloux de votre rayonnement ! ».