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Suivre ma conscience, c’est d’abord la former, car j’en suis avant tout responsable.
Suivre sa conscience exige une mise en lumière de sa vie à la Lumière de Dieu, c’est pourquoi l’examen de conscience est un acte spirituel durant lequel la conscience se tourne vers Dieu, afin d’assimiler le quotidien dans un cheminement vers Dieu et de devenir intelligent de sa vie sous le rayonnement divin. Puisons dans la spiritualité de saint Ignace de Loyola quelques lignes directrices : cet exercice a été appelé le quart d’heure le plus important d’Ignace. Le Livre des Exercices (Ignace de Loyola, Exercices spirituels, DDB 1986) distingue l’examen général (Ex. 24) de l’examen particulier (Ex. 43).
L’examen général comporte cinq points :
1. Remercier Dieu pour le don de la vie : « Rendre grâce à Dieu notre Seigneur pour les bienfaits reçus ». Il s’agit de commencer son examen en se centrant sur la source de la vie.
2. Demander à Dieu la grâce d’examiner la journée ou la demi-journée à sa lumière : « Demander la grâce de connaître ses péchés et de les rejeter ». Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il vive. Il montre notre péché par l’action de sa grâce. Ce n’est pas une accusation, mais une libération.
3. Examiner la journée, les divers événements, les personnes rencontrées, une rencontre précise. Observer et identifier les mouvements de l’âme, reconnaître la part de responsabilité personnelle de ses actes : « Demander compte à mon âme […] d’abord des pensées, des paroles, puis des actes ».
4. À la lumière de la vérité manifestée par Dieu, me présenter devant Lui, Le remercier ou Lui demander pardon et réconciliation : « Demander pardon des fautes à Dieu notre Seigneur ».
5. Demander force et fermeté pour la suite de la journée ou les jours à venir en vue de se corriger : « Former le ferme propos de s’amender avec sa grâce ».
Le troisième point est le plus important. Il ne s’agit pas d’abord de répertorier notre manière d’agir ou nos péchés, mais plutôt de reconnaître les motions spirituelles, c'est-à-dire les mouvements de l’âme, et les manifestations extérieures qui en sont les conséquences.
Quelques questions simples permettent une évaluation rapide :
Qu’est-ce qui m’a frappé aujourd’hui ?
Comment ai-je réagi, et pour quels motifs ?
Qu’est-ce qui ne me laisse pas en paix dans cette journée ?
L’examen particulier peut-être inséré dans ce troisième point. Il invite à une vigilance spirituelle pour éviter de se faire mal, et de faire du mal.
Le but de l’examen particulier est de progresser dans la conduite de sa vie. L’intelligence, lumière dans la conscience, laisse maintenant la place à l’action, mis en œuvre par la volonté. L’examen particulier insère à la vie quotidienne une logique de transformation. Il exerce une attention particulière durant un temps déterminé – une semaine ou peut-être un mois – sur une limite de notre comportement, une manière habituelle de réagir ou de rester indifférent. Il s’agit de grandir tant dans une qualité que dans la correction d’un défaut, jamais pour renforcer un sentiment de culpabilité.
L’examen de conscience est une école d’amour, la porte d’entrée du combat spirituel et de la vie dans l’Esprit.
Pour aller plus loin :
La Parole, don de vie, Père Tanguy-Marie – éd. EDB 2006




